LA GUILDE MARCHANDE DE PANDEMONA T.1

ルキオラと魔境の商館員 – Japon – 2024
Genre : Aventure, Fantastique
Dessinateur et scénariste : Kachou Hashimoto
Nombre de pages : 192
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 18 février 2026
LE PITCH
Pandémonia, les terres où s’affrontent monstres et humains, où seule règne la loi du plus fort. Au cœur de ces affrontements se trouve la vaillante Lucciola Lunatria. Lorsque son chemin croise celui de Bilkis Draco, membre de la guilde des marchands, elle découvre un monde très particulier : celui du commerce avec les monstres. Désireuse d’amener la paix en Pandémonia, elle décide alors de rejoindre la guilde. Réussira-t-elle à lier ses aspirations avec celles de cette organisation ?
C’est le commerce qui sauvera le monde !
Une nouvelle héroïne se lance dans une grande aventure, bien décidé à mettre fin à la menace des nombreux monstres qui pullulent sur les terres de Pandemonia. Mais l’épée n’est pas toujours la meilleure solution comme va rapidement le découvrir Lucciola dans cet étonnant manga Fantasy.
Un genre qu’apprécie fortement l’autrice Kachou Hashimoto qui s’était déjà fait remarquée il y a quelque-temps pour sa mini-série Arbos Anima qui explorait cet univers de magie par le biais d’un passionné de botanique. Il y a un peu de cela dans La Guilde Marchande de Pandemonia puisque dès sa première grande mission, éliminer une manticore géante qui ravage les plantations environnantes, la jeune combattante pleine de bonne volonté réalise que ses anciennes croyances sont loin d’être fondées. Ou en tout cas, que tout n’est pas blanc ni noir. Oui, il y a des monstres. Oui, il y a des conflits anciens et des rancunes bien ancrées. Mais ici, on ne part pas en croisade : on négocie. On discute tarifs, ressources improbables et besoins spécifiques d’espèces que l’on a toujours décrites comme des menaces à éradiquer. Une démonstration effectuée par l’un des marchants de la Guilde de Pandémonia et qui va totalement bouleverser la demoiselle qui décide de devenir à son tour une marchande… Ce qui ne va pas être une mince affaire : elle est particulièrement nulle en math !
Un contrat après l’autre
La série ne se prend pour l’instant jamais vraiment au sérieux, et les premières missions de la marchande en herbe multiplient les gags et les créatures inattendues (un crapaud géant détenteur d’une source curatrice, des harpies réclamant que les fientes de leur ile soient entièrement nettoyées…), tandis que la charmante Lucciola motive ses troupes avec une candeur irrésistible. Mais même si les situations saugrenues abondent, ce premier volume travaille déjà une vision du monde et de ses oppositions agréablement nuancée. On y questionne mise en rien les notions de bien et de mal, de préjugé, d’endoctrinement et de la difficulté de s’échapper d’un rôle imposé. Par contre, l’illustration des mécaniques du commerce et de la diplomatie financière restent encore assez naïve, tout comme, il faut bien le dire, la philosophie profonde qui motive le tout. Pas de parallèle ici avec l’expropriation des peuples colonisé par les européens à partir de la renaissance, des arnaques civilisationnels et de l’explosion des injustices de caste alors que les références à ces époques là et ces techniques (échange d’alcool et de tissus contre de belles pierres précieuses) abondent. La Guilde Marchande de Pandemonia s’identifie comme un manga très grand public, esquivant pour le moment les sujets plus compliqués, préférant l’humour et l’aventure à une réflexion plus poussée et complexe.
Une lecture qui reste tout à fait rafraichissante, dotée de personnages bien sympathiques et très agréablement illustrés par une artiste très douée dans ses décors (simples mais évocateurs) et son bestiaire, plus attendrissant que véritablement menaçant, échappé d’une partie très décontractée de Donjons & Dragons.




