LA GRANDE HISTOIRE DE PICSOU T.1

Etats-Unis – 1987/1988
Genre : Comédie, Aventure
Dessinateur : Don Rosa
Scénariste : Don Rosa
Nombre de pages : 208
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 3 décembre 2025
LE PITCH
Picsou présente une grande exposition au musée de Donaldville qui rassemble moult objets précieux et triomphes qu’il a découverts au fil des années. Ses neveux se font un plaisir de venir le visiter afin d’admirer toutes les merveilles qui prouvent une fois encore que Picsou est bien le canard le plus riche du monde. Cependant, un visiteur ne se laisse pas impressionner. Gripsou profite en effet de cette exposition pour défier une fois encore Picsou afin de lui démontrer qu’il n’est plus l’homme le plus riche du monde…
Le Pic(sou) fétiche
Le canard le plus riche du monde est encore à l’honneur chez Glénat en cette fin 2025. Après un premier tome de l’anthologie L’âge d’or de Picsou, ce dernier revient pour une réédition complète (mais y a un mais) de ses aventures imaginées et dessinées par le talentueux Don Rosa. Léger changement de format (couverture dure, format plus allongé, pagination réduite) et une réorganisation des épisodes devraient permettre aux nouveaux lecteurs de plonger dans les plus grands moments de la saga de ce tonton pas comme les autres.
Lors de la première intégrale entamée en 2012, Glénat avait choisi de regrouper toutes ces aventures par thèmes mais aussi en suivant plus ou moins une chronologie qui serait propre à son personnage. Ici, la collection ne débute plus par le mythique « La Jeunesse de Picsou », véritable réinvention et développement aventureux des origines du personnages, mais bien par les premières pages signées historiquement par l’artiste. Un ancien ingénieur qui rongea longtemps son frein, n’imaginant même pas pouvoir vivre un jour de sa passion : le dessin de canards. C’est que depuis tout petit Don Rosa est un fan invétéré de l’œuvre de Carl Barks, créateur de Picsou et référence absolue pour des générations entières de lecteurs Disney. Lorsque la licence passe entre les mains du petit éditeur Gladstone, il saute sur l’occasion avec Le Fils du soleil, première aventure à la Indiana Jones, entre chasse au trésor Inca et concurrence acharnée entre Picsou et Gripsou, qui montre déjà une ambition impressionnante avec ses 26 pages aux péripéties fantaisistes et constamment renouvelées, au rythme effréné et aux planches bourrées de détails, de mouvements et d’action. Même si Rosa, comme il l’avoue lui-même, copie directement certains dessins ou poses de Barks et multiplie les références à ces épisodes passée, il impose déjà une patte qui ne fera que se concrétiser les années suivantes.
Grandes et petites aventures
Un sacré coup d’éclat, suivi ici par des récits sans doute un peu plus classiques. Si L’Argent coule à flot et sa bataille rangée autour du coffre du multimilliardaire menacé par la nouvelle arme « antifriction » des terribles Rapetous, retrouve toute l’imagination et la frénésie créative du bonhomme, les commandes plus modestes, et gaguesque autour de ce brave Donald (confronté à son cousin Gontran dans une énième course à la réussite, tentant de retrouver les pièces de sa chère voiture ou manquant de peu de prendre ses neveux en pleine école buissonnière) avec des récits réduits à quelques pages seulement, se révèlent sans doute moins marquantes. Même si l’ensemble est très agréable et ne manque pas de quelques idées bien farfelues, on sent Rosa bien moins à l’aise que sur Dernier traîneau pour Dawson, sa première incursion dans le passé de Picsou. La quête d’un vieux traineau oublié dans la glace par notre héros qui, par le retour de certains personnages (comme la fameuse Blondie) et le retour à une structure de comic d’aventure plus qu’humoristique, fait parfaitement le lien entre l’incontournable Retour au Klondike de Carl Barks et la saga de La Jeunesse de Picsou qui viendra quelques années plus tard. Un bel héritage que Don Rosa développe avec beaucoup d’amour et d’esprit.
De nombreux trésors à (re)découvrir qui témoigne d’un entrain assez unique dans l’histoire des comics Disney et de cette révolution éditoriale que sera l’ensemble de la production de l’insatiable Don Rosa. On y retrouve en outre les très sympathiques et informatifs textes de présentation rédigées justement il y a une bonne dizaine d’années par ce dernier pour la précédente intégrale, ainsi que quelques bonus d’archive. A voir maintenant si les tomes à venir suivront la directe de Disney de censurer deux épisodes jugés bêtement « politiquement compliquées » ou si Glénat réussira à faire acte de résistance…



