LA DÉESSE DES NEIGES

France – 2026
Genre : Fantastique
Dessinateur : Lola Koening
Scénariste : Lola Koening
Nombre de pages : 72 pages
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Date de sortie : 4 février 2026
LE PITCH
Pour se sauver d’un mal étrange, Ida part à la rencontre des Vallons. Accompagnée par Fox, un vieux trappeur bourru, et par Aïko, enfant au cœur pur, elle découvrira l’origine de l’hiver éternel…
Tant que durera l’hiver
Les Humanoïdes Associés propose ici le premier album d’une jeune auteur et artiste, Lola Konening. Scénariste et dessinatrice donc, qui revisite un conte bien célèbre pour lui donner une portée plus moderne et universelle.
Dans le monde de Ida, cela fait quarante ans que l’hivers dure et recouvre d’un blanc immaculé tous les paysages et toutes les cultures. Cela fait quarante ans que les hommes ont froids et tentent de survivre. Finalement Ida n’a jamais connu que ça, mais une blessure reçue dans sa jeunesse semble se réveiller et laisse pénétrer le froid dans son corps, la promettant à une mort imminente. Plutôt que de se laisser au fatalisme, elle choisit de partir vers le nord à la recherche du peuple des Vallons afin de découvrir l’origine de son mal. Forcément très influencé dans les grandes lignes par les célèbres contes de Hans Christian Andersen, La Reine des neiges, le récit de Lola Koenig le transforme en aventure, en récit initiatique, dans lequel au cours de sa traversée l’héroïne va rencontrer quelques alliés, affronter des dangers qu’elle n’imaginait même pas (créatures fantastiques, esprits de la forêt, loups…) et bien entendu s’approcher de la cause de tous ses malheurs. Le récit reste plutôt classique et même le caractère irritable de la jeune femme et un léger égoïsme qui la pousse à trahir parfois ceux qu’il l’aide, ne l’empêche jamais des s’attirer toutes les sympathies.
La morale de l’histoire
C’est là l’un des messages de La Déesse des neiges qui met constamment en avant l’entraide, le rapprochement avec l’autre et la compassion comme moteur vers une résolution heureuse. L’autre réflexion que porte la BD est bien entendu le lien de l’homme avec son environnement, même quand celui-ci ne l’arrange pas. Sans se perdre dans les grandes leçons laborieuses, la scénariste veut rappeler au lecteur la dépendance de notre espèce avec les forces de la nature et le respect qu’il doit lui montrer. C’est justement le regard doux et compréhensif de Ida qui permettra de guérir toutes les blessures (au propre comme au figuré) et de faire la paix avec une déesse des neiges apaisées. Il s’agit là d’une fable volontairement naïve, plutôt délicate, et essentiellement à destination des jeunes lecteurs. L’ensemble est assez touchant, quoi que tout de même encore un peu fragile que ce soit dans les illustrations au trait tout en simplicité, tout en rondeurs, mais qui se montre parfois un peu inégal dans ses détails et ses expressions, ou dans le façonnement même du récit. Certains évènements comme l’affrontement contre un vitrail qui prend vie ou l’apparition d’étranges créatures dans une forêts, semblent sortir de nulle part et même la rencontre finale avec la fameuse déesse semble arriver trop vite et être régler trop facilement. On peut trouver comme un souci de distance qui ne donne jamais toute la mesure de l’effort et des dangers qui devraient frapper Ida dans son parcours, et le fameux peuple des Vallons semble finalement être de simples voisins cachés de l’autre côté d’une colline.
Une aventure en note mineur en sommes, plutôt plaisante et dotée d’une jolie personnalité, et qui devrait tout de même faire voyager les plus jeunes lecteurs.



