GARDIENS DE FER T.1

France – 2026
Genre : Science-Fiction, Aventure
Dessinateur : Christophe Alliel
Scénariste : Christophe Alliel
Nombre de pages : 64 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 2 janvier 2026
LE PITCH
La Terre est dévastée depuis que les hommes ont perdu la guerre contre les machines extraterrestres. Trente ans après l’invasion de la planète bleue par les Phantoms, les géants de métal, l’Humanité vit sous leur joug. Réduits en esclavage, les survivants travaillent à extraire l’énergie vitale, le « Mantra », pour alimenter les vaisseaux-mondes ennemis. Au milieu des décombres, Soni, un jeune récupérateur débrouillard, rêve de liberté. Avec son fidèle chien Dumpling, il écume les décharges à la recherche de pièces détachées.
Le petit prince des mécaniques
Après le succès de Les Mondes électriques, Christophe Alliel revient chez Glénat pour une nouvelle série jeunesse qui plonge plus nettement du côté de l’énergie shonen. L’histoire d’un petit garçon, de son chien et d’un grand robot dans un monde post-apocalyptique entre grands dangers et grands sentiments.
Depuis ses premières grandes publications (Spynet, Les Chiens de Pripyat…) il est évident que Christophe Alliel est tombé dans la marmite du manga quand il était petit. Une approche narrative, un rythme et un trait qui ne trompent pas… mais qui n’avaient sans doute pas encore été aussi assumés que dans le présent Gardiens de fer. Le dessinateur y épure volontairement son trait, simplifie les lignes, rajoute de la rondeur et creuse les aplats de couleurs. Le résultat est toujours soigné, toujours aussi précis, mais laisse échapper une plus grande énergie et une candeur apparente qui sied parfaitement au projet. Il y a des chances que l’auteur, ou sans doute l’éditeur, voit dans une publication comme celle-ci une belle façon de draguer les jeunes lecteurs de manga vers une BD plus locale mais qui aurait parfaitement digérer ses influences. Alliel a été gavé de Dragon Ball et consorts, mais pioche aussi allègrement ici du coté de la saga Transformers (et un poil de Kirby) pour nous présenter une planète terre sous le joug d’un empire de machines conquérantes, transformant les humains en pauvres esclaves sur une planète réduite à une carrière à ciel ouvert.
L’art du recyclage
C’est dans ce contexte qu’à grandi Soni, accompagné de son fidèle chien Dumpling, gamin de la décharge qui survit en revendant les pièces détachées retrouvées. Un jeune héros vif et débrouillard, plein d’esprit et de bonté qui bricole dans son coin un robot perso qu’il va doper par un étrange générateur trouvé dans les restes d’une ancienne machine de guerre. Du classique soit, mais autant l’univers du récit, que les nombreuses trépidations qui jalonnent déjà l’aventure sont parfaitement amenés et soutenus, obligeant notre brave héros à faire preuve rapidement de ses capacités de pilotes face aux dangers de pillards qui ont blessé son chien, ou face à un lutteur mécanique professionnel dans une arène pas tout à fait légale. On découvre d’ailleurs que les Phantoms, très sûrs d’eux, organisent tous les ans un grand tournoi dans lequel les humains sont autorisé à défier leurs tortionnaires avec comme grand prix la libération promise de la planète. Voilà l’enjeu principal où se dirige manifestement Gardiens de fer, petite trilogie annoncée qui se révèle déjà très agréable à l’œil, très agréable à lire et qui offre un bon moyen de faire le pont entre papa et fiston pour une aventure qui parle à tout le monde. Presque dommage que l’album soit sorti juste après Noël du coup…



