FREE AGENTS T.1

Free Agents 1-7 – Etats-Unis – 2024 / 2025
Genre : Super-héros, Science-Fiction
Dessinateur : Stephen Mooney
Scénariste : Fabien Nicieza, Kurt Busiek
Nombre de pages : 128 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 9 juillet 2025
LE PITCH
Une équipe de vétérans qui a survécu à une guerre interdimensionnelle est enfin de retour sur Terre, libérée de toute obligation. L’heure de la retraite a sonné. Mais cette apparente tranquillité va soudainement être perturbée lorsque de terribles vestiges de la guerre ressurgissent…
Generation X
Challenger éternel, Image Comics possède dans son catalogue son lot de super-héros plus ou moins mythiques, plus ou moins récents, et la tentation à toujours été grande de les inscrire dans un seul et même univers. Pari pas toujours réussi mais qui avec le présent Free Agents trouve un socle plutôt intéressant.
Il ne faut pas se tromper, cette nouvelle série n’est pas un énième crossover voué à raccrocher les wagons, mais véritablement une nouvelle saga tournée vers des personnages totalement inédits, mais dont la dimension interdimensionnelle, les accents SF et l’échelle de la menace qu’ils doivent contrecarrer, pousse forcément vers quelques connexions à venir avec d’autres titres de l’éditeur. D’ailleurs dès ce premier volume outre une référence rapide à l’équipe des Cyberforce on croise le temps de deux chapitres particulièrement énervés le chemin de Superstar (déjà une création Kurt Busiek) et le chouchou Radiant. On sent un frémissement, la promesse sans doute d’un retour à une certaine idée des comics des années 80/90 peut-être plus simples et naïfs, démonstratifs, mais définitivement funs. Accompagné donc du solide Kurt Busiek (Astro City, Marvels, Arrowsmith…), Fabien Nicieza créateur du fameux Deadpool renoue clairement avec l’esprit de ses runs sur X-Force et X-Men en déployant une nouvelle équipe de surhommes aux pouvoirs mysticoSF et cybermutants tout juste apparus sur la Terre. Des méthodes quelques-peu bourrines provoquent forcément une certaine méfiance de la part des médias et des collègues en costumes, et cela ne rend pas forcément leur intégration, même sous apparence humaine à la fac locale, des plus aisées.
Nouveaux combattants
Les scénaristes jouent ainsi sur une difficile cohabitation entre la grande mission de ces huit personnages ultra typés et leur vie dites « normale », mais aussi sur la sensation pour le lecteur de prendre le récit en cours. Dès les premières pages, on découvre ainsi que la bande, rapidement surnommée Free Agents, est constitué de militaires entrainés pour défendre les univers des invasions destructrices des armées d’Eskandir. Une mission qu’ils pensaient avoir mené à bien, certes au prix de la disparition de leur leader, ce qui leur promettait une certaine paix méritée sur notre Terre. Il n’en est rien bien entendu et entre la quête d’artefacts venus d’autres dimensions, les affrontements contre de mystérieux opposants, des super-héros locaux et le retour inopiné d’un Barrage plus parano et vindicatif que jamais, il y a fort à faire. Un démarrage sur les chapeaux de roue, comme une compression parfois bien trop resserrée des titres mutants d’autrefois, entre soap et bastons bordéliques, qui peine dans un premier temps à trouver son rythme… Jusqu’à ce que les véritables fêlures de ces vétérans ne fassent véritablement surface. L’omniprésence de la Guerre, les blessures qu’elle provoque, les trauma qu’elle laisse derrière elle, la peur et la folie qu’elle annonce, sont au cœur des meilleurs moments de cet album qui bouillonne d’idées et de pistes au risque, il est vrai, de s’y perdre un peu. Dans ce déluge de départs de trames, de personnages et de superpositions de dialogues, vocaux ou par quelques pouvoirs mentaux, les planches pseudo-réalistes, sèches et un peu brouillonnes (la colorisation numérique n’aide pas vraiment ici) de Stephen Mooney (Grayson, The Dead Hand…) manquent d’évidence et de fluidité là où justement les quelques illustrations de chapitres signées Kevin Maguire capturent immédiatement chaque nouveau héros.
Un peu lourd au démarrage, Free Agents donne parfois l’impression de découvrir un vieux comics des années 90 dont on aurait raté les premiers fascicules. De quoi se sentir un peu perdu, mais certaines idées et l’ambition du projet s’imposent peu à peu avec force. A vérifier si la suite de la série poursuit bien dans cette voie prometteuse.




