FIRE POWER T.1

Fire Power : Prelude – Etats-Unis – 2020
Genre : Action, Fantastique
Scénariste : Robert Kirkman
Illustrateur : Chris Samnee
Nombre de pages : 160
Éditeur : Delcourt
Date de Sortie : 21 octobre 2020
LE PITCH
Le voyage d’Owen Johnson en Chine, pour en savoir plus sur ses parents biologiques, le mène finalement à un mystérieux temple Shaolin. Les élèves y étudient afin de redécouvrir l’art perdu de lancer des boules de feu. Ce pouvoir sera bientôt nécessaire pour sauver le monde. Owen Johnson sera-t-il la première personne en mille ans à maîtriser le pouvoir du feu ?
Hadôken !
On n’arrête plus le Robert Kirkman post Walking Dead. L’auteur multiplie les nouveaux titres et surtout les genres. Après le science-fiction poétique d’Oblivion Song et le massacre bis de Die!Die!Die !, voici Fire Power, un comic kung-fu ultra cool et tout en souplesses.
Il est évident qu’après avoir définitivement fait son trou dans l’industrie des comics avec le succès planétaire de The Walking Dead dont les dérivés, romans et séries, sont loin d’être terminés, Robert Kirkman a atteint un nouveau niveau d’indépendance qui lui permet toutes les extravagances. Le précédent Die!Die!Die ! était sorti aux États-Unis sans même se prendre la peine de l’inscrire au sacro-saint planning des comic shops, Fire Power s’offre la publication de son prélude de plus d’une centaine de pages directement en album, tandis que la suite, la série ongoing est depuis repassée par le circuit normal. Kirkman, l’éditeur innove, tente de nouvelles pratiques, alors que Kirkman, l’auteur, se fait manifestement plaisir. Ici en s’offrant une variation volontairement classique de la quête martiale d’un jeune héros qui fait directement écho à celle de la mythique série Kung-fu, aux belles heures de la saga Shaolin de la Shaw Brother, aux souvenirs de Karaté Kid, voir même en s’abordant comme une relecture non officielle d’un certain Iron Fist. Les allusions abondent mais le scénariste ne veut jamais jouer au plus malin usant plutôt de son talent pour accompagner avec sobriété et décontraction la progression d’Owen Johnson au sein de ce mystérieux temple, aux contours mystiques, et dont, bien entendu, il découvrira l’ultime techniques ancestrale, façon Street Fighter, dans un ultime sursaut pour le défendre d’une secte adverse.
Petit scarabée deviendra grand
Prévisible soit, jusque dans la légère romance qui s’installe avec une autre disciple, jusque dans les pinaillages avec des camarades jaloux, jusque dans les révélations sur les parents du héros, mais l’ensemble est parfaitement orchestré, rythmé et habilement calibré, tout en offrant une belle âme à ses personnages, plus vibrants que le tout-venant. Un « page turner » comme disent nos cousins américains, qui semble surtout avoir été entièrement imaginé pour permettre à Chris Samnee (Daredevil avec Mark Waid, The Mighty World of Marvel…) de s’imposer comme le véritable metteur en scène de Fire Power. Si l’histoire est aussi « simple » et les dialogues souvent réduits, c’est pour laisser l’espace à l’illustrateur de développer de longues et sublimes pages silencieuses, cultiver les ambiances zens et les décors grandioses, avant de s’emballer dans des scènes de combats vives, fluides et électrisantes. Une belle maîtrise du découpage et de la narration, une évidente compréhension des chorégraphies qui donnent à Fire Power la force d’une véritable BD d’art martiaux.
Et tout cela n’est finalement qu’une introduction au récit principal comme le rappelle le flashforward des dernières pages, se déroulant tout de même 15 ans après, et retrouvant un Owen Johnson ayant retrouvé une vie en apparence normale dans un banlieue américaine quelconque… A priori Kirkman et Samnee en ont encore sous le coude.




