DOOMSDAY WAR T.1

列強戦線 – Japon – 2023
Genre : Science-Fiction, Action
Dessinateur : Natsuko Uruma
Scénariste : Natsuko Uruma
Nombre de pages : 160 pages
Éditeur : Doki Doki
Date de sortie : 2 juillet 2025
LE PITCH
An 2206 de notre ère. La Terre est en proie aux pires catastrophes climatiques : la température du globe et le niveau des eaux ont drastiquement monté, le monde suffoque et une grande partie des animaux est éteinte. Selon Gaïa, l’intelligence artificielle aux prédictions incontestées, il ne reste plus que cent ans avant que la surpopulation n’entraîne la fin de l’humanité… Les 16 nations survivantes concluent alors un accord désespéré. Chacune d’entre elles sera représentée par un champion dans un grand tournoi. Et malheur aux pays vaincus… Ils disparaîtront de la surface terrestre, prolongeant ainsi un peu plus l’espérance de survie de la race humaine !
L’Apocalypse aux poings
L’avenir des nations ne pourrait-il vraiment se régler que par la violence ? Même à l’orée de la disparition totale, l’humanité ne trouve rien de mieux que choisir les survivants en lançant un tournois de champions surpuissants. Une dystopie qui mise tout sur le spectaculaire.
Dans un avenir pas si lointain que cela, la terre est au bord de l’effondrement : plus de ressources, presque plus d’espèces vivantes, plus d’eau ou d’oxygène… Les poignées de survivant résistent dans des abris souterrains et se trimbalent constamment avec des masques (certes discrets) pour respirer. Cela ne les empêche pas de jouer aux parfaits petits diplomates et à qui pisse le plus loin avec une IA omnisciente en guise d’arbitre. Oui mais voilà, il semblerait qu’il reste à ces nations éparses plus que 100 petites années à vivre. Et quoi de mieux pour gagner un peu de temps qu’enclencher un grand tournoi où les champions de chacun pourraient s’opposer les uns aux autres afin de décider quels pays devront se sacrifier pour améliorer, temporairement, les conditions de vie des autres ? Charmant, mais en tout cas un pitch initial qui ne manque ni de pertinence, ni de mordant, en particulier lorsque toutes les déclarations alarmistes font directement échos à notre situation contemporaine. De la même façon, la manière de dépeindre la caste dirigeante, mesquines, calculatrice, condescendante mais surtout totalement dépassée par les événements vise particulièrement juste.
Génération sacrifiée
Voilà en tout cas un point de départ qui aurait pu donner une nouvelle variation bien tragique autour du concept du fameux Battle Royale, mais que le jeune auteur Natsuko Uruma préfère largement faire dériver vers le plus shonen d’action laissant se succéder les duels explosifs et de plus en plus délirant. C’est que ce dernier a imaginé toute une nouvelle génération de jeunes gens ayant connu un bond inédit dans l’évolution et développant des pouvoirs mortels et un peu WTF?. Des les premiers échanges de coups entre le champion du Royaume-Uni et celui du Japon (forcément), l’un fait apparaitre des sortes de tentacules de chairs sur lesquels viennent se greffer des yeux entre deux brouillards empoisonnés, tandis que le second, un poil plus modeste pour l’instant, transforme son sang en lame acérée. Natsuko Uruma déploie un style fin et pointu, multiplie efficacement les poses théâtrales et héroïques et découpe le tout avec une certaine nervosité, mais il tombe aussi assez vite dans tous les clichés du genre, faisant ployer le récit sur les monologues dramatiques et lourdement premier degré et les twists basiques où les combattants à terre, et d’autant plus le héros, sont toujours prêt à se relever au dernier moment. Le match s’étire déjà bien trop ici, se dilatant artificiellement à coup de fausses révélations et de flashbacks permettant de développer, quelque-peu le passif et la psychologie de nos deux belligérants.
Un premier tome qui impose effectivement un dessinateur assez doué, maitrisant déjà très bien son trait et sa dynamique, mais qui à force de vouloir tout miser sur le combat et ses artifices plus fantastiques que martiaux, perd très vite de vue ce que ce récit de SF noir et complexe aurait pu devenir. Dommage.





