DONJON PARADE T.11 & 12

Éternel repos, Chaos crescendo – France – 2025
Genre : Comédie, Fantastique
Dessinateur : Thibaut Soulcié, Mathieu Burniat
Scénariste : Joann Sfar, Lewis Trondheim
Nombre de pages : 2×32
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 11 juin 2025
LE PITCH
Cavalérus de Cavallère, cousin éloigné du Gardien et gourou d’une secte nombreuse, a décidé de mourir au Donjon, berceau de sa famille. Mais ce n’est pas du goût d’Herbert qui aimerait bien ne pas avoir à gérer une horde de fanatiques désirant se recueillir sur la tombe de leur mentor…
Malédiction ! Le plan détaillé du Donjon, avec les accès, passages secrets, descriptifs des trésors et autres informations confidentielles, a disparu. Et comble de l’horreur, le responsable n’est autre qu’Herbert qui l’a perdu après avoir écrit sa liste de courses au verso… La mission est claire : retrouver le précieux objet avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains.
« Ôh mon donjoooon ! »
Il n’aura fallu attendre que deux petits mois avant de recevoir notre troisième rasade 2025 de Donjon Parade. Toujours aussi motivés et inspirés Joann Sfar et Lewis Trondheim délivrent deux nouvelles aventures rocambolesques d’Herbert et son camarade Marvin, avec en artistes invités Thibaut Soulcié (Dans la tête d’un dessinateur de presse) et Mathieu Burniat (Furieuse, Sous terre).
Il ne se passe pas une journée dans le Donjon sans que cela tourne à la catastrophe… ou pas loin. Même une simple opération porte ouverte avec visité guidée sur les lieux du trépas de quelques grandes héros s’étant heurté aux monstres affamés des lieux, peut menacer tout l’équilibre précaire des lieux. Ça et la machine à bouillon qui est toujours en panne. Voici donc, débarquant dans les couloirs un cousin éloigné du Gardien, gourou de son métier, qui imagine perdre la vie sur place et transformer la demeure en mausolée. De quoi mettre tous les employés du Donjon au chômage, remplacés par une armée de dévots illuminés. Comment s’en sortir ? Forcément Herbert n’a presque que des mauvaises idées et finit par devoir cacher un cadavre dans un chaudron et s’efforcer d’éviter une nouvelle guerre de religion. On reconnait ici de nombreux ingrédients bien connus des albums Donjon, et si Éternel Repos n’est pas forcément le plus surprenant de la large collection, il préserve sa tonalité de farce bourrée d’humour noir et d’improbabilités avec une bonne dose de mauvais foi (dans tous les sens du terme) de la part de nos anti-héros préférés. Naturellement avec l’enchainement assez frénétique des gags et des changements de direction (en même ce gourou ne sait jamais s’il veut vraiment mourir ou non), le dessinateur Thibaut Soulcié met clairement en avant l’humour de situation et les bons gags, délaissant un peu les cotés plus épiques.
« C’est le plus beau des donjons ».
Excellente alternance donc avec le suivant Chaos crescendo où, par suite d’un malencontreux égarement de la seule carte complète du Donjon, Herbert et Melvin sont priés (et prestement) de remettre la main dessus. Une quête, pas trop longue tout de même, qui va les emmener dans une étrange cité où tout le monde fabrique et vend des livres (« C’est pour ça que ça n’intéresse personne »)… et accessoirement des copies de la fameuse carte. C’est la faute de moines copistes et culturistes (et bim) et forcément ce n’est pas gagné pour le duo qui s’imagine même raser les lieux pour éradiquer toutes preuves de leur incompétence. Donjon Parade prend l’air en dehors des murs de la vieille bâtisse et ça lui fait beaucoup de bien : les idées cons et hilarantes tombent comme la pluie en mars et surtout la situation semble dégénérer de page en page jusqu’à un final aussi méchant que totalement immoral. Sfar et Trondheim nous font bien plaisir et trouvent un nouvel allié de choix en la personne de Mathieu Burniat dont le style au trait naïf mais à l’ensemble bien fouillé et vivant, apporte un vrai plus à ce grand moment de parodie fantastique.
Deux albums sinon rien. Une alternance en huis-clos et en extérieur qui rappelle presque celles des BD d’Astérix (un coup au village, un coup on voyage) et renouvelle efficacement la lecture. Les scénaristes sont toujours au poil, les dessinateurs prennent un plaisir manifeste à entrer dans la danse… Pourquoi irions-nous nous plaindre ?





