DEAR CALL T.1

ディア コール – Japon – 2019
Genre : Fantastique
Scénariste : Kiri Gunchi
Illustrateur : Kiri Gunchi
Editeur : Glénat
Pages : 192
Date de Sortie : 21 avril 2021
LE PITCH
Sur une île si petite qu’elle ne figure sur aucune carte, le jeune Sanso vivait en paix en compagnie de Moon, un tigre blanc, et de Goot, une créature qui ressemble à un chien noir. Mais un jour, des voyageurs arrivés du continent leur annoncent une vérité surprenante qui va les séparer à tout jamais. Pour retrouver ses deux amis, Sanso va devoir intégrer l’Invocadémie et se former à l’art d’invoquer des créatures fantastiques…
Someone is calling you
Présenté par l’éditeur comme un croisement entre Hunter X Hunter, Pokémon, Harry Potter et Final Fantasy (oui rien que ça), Dear Call a la lourde tâche de se faire remarquer dans le flot de Shonen qui inonde encore et toujours les linéaires de nos libraires. Le créateur de Le Dilemme de Toki, peut-il à nouveau trouver le petit truc qui fera la différence.
Tout jeune artiste, Kiri Gunchi avait réussi avec sa première série à proposer un petit souffle nouveau sur l’habituel mélange de SF légère et de comédie romantique. Une variation simple grâce à la présence de son personnage principal, Toki, pouvant changer de sexe en fonction des désirs projetés par ses partenaires. Perfectible, mais attachant par sa petite réflexion sur les hésitations de l’adolescence et la non-binarité (même si en derniers recours, Toki va bel et bien devoir choisir). Désormais un peu plus reconnu, Gunchi s’attaque à une bête beaucoup plus difficile à dompter : le shonen. Ces fameux mangas pour « jeunes garçons » mais dont on rapproche désormais plus volontiers le terme des BD japonais rejouant la fameuse grande quête initiatique à grand renforts de combats formateurs, d’amitiés solides, si possible de fantastique débridé et, encore mieux, d’artifices permettant une potentielle commercialisation du concept.
Pas de dilemme pour Sanso
Et sans vergogne l’auteur s’y engouffre totalement en imaginant les aventures d’un jeune homme, apparu bébé dans une poche plastique rejetée par les flots (mystères, mystères…), capable de communiquer avec des créatures mystiques, et qui bien entendu va devoir prendre en main son destin. Ici les combats se font à coups d’invocations légendaires, dont on apprend le contrôle à la bien nommé l’Invocadémie. Élevé sur une île déserte et, comme le veut la tradition, Sanso va s’y découvrir de nouveaux pouvoirs et de nouveaux camarades. Un gros mélange de plein de lectures largement connues, une bonne dose de bestiaire classieux qui se prêteraient parfaitement à un futur jeu de cartes (en cas de succès), Dear Call ne surprendra, en tout cas pour l’instant, personne, en particulier les amateurs de Kingdom Hearts qui auront l’impression de reconnaître ces vilains Black Anima, tout autant qu’un petit quelque chose de Shiro Amano dans les contours des héros et leurs attitudes. Déjà vu certainement, mais néanmoins assez efficace il faut l’avouer puisque Kiri Gunchi développe assez agréablement son univers et surtout porte le lecteur par l’énergie de son découpage et l’enchaînement constant d’action et de petites révélations.
Un manga dynamique, voir fougueux, comme une œuvre de jeunesse qui doit encore se départir de ses pesantes références.