DANGER GIRL & G.I. JOE : LE COBRA SIFFLERA TROIS FOIS

Danger Girl / G.I. Joe #1-6 – Etats-Unis – 2012 / 2013
Genre : Action, Espionnage
Scénariste : Andy Hartnell
Illustrateur : John Royle
Nombre de pages : 128
Editeur : Graph Zeppelin
Date de Sortie : 20 octobre 2020
LE PITCH
Deux organisations tellement secrètes qu’elles s’ignorent l’une l’autre, Danger Girl et G.I. Joe sont aux prises avec une des plus grandes menaces de la planète. C’est en pistant le même gibier que ces deux équipes hors norme se rencontreront pour mener à bien leur mission avec élégance, humour et sensualité!
Dans l’œil du serpent
Drôles de dames et sacrées têtes brûlées, les Danger Girl ont suffisamment d’arguments pour attirer dans les aventures trépidantes quelques héros d’autres licences qui passaient par là. Parmi la poignée de crossovers, leur mission conjointe avec les G.I. Joe est peut-être celle qui fait le mieux résonner ses énormes détonations.
Depuis la création de la série par Andy Hartnell et l’illustrateur J. Scott Campbell, les Danger Girl auront passé leur temps à foncer tête baissée, et parfois en tenues légères, dans des missions rocambolesques construites comme un grand huit au budget démesuré. D’anciens nazi libidineux, de terribles organisations criminelles, des agents secrets aux airs bondiens… Le fait que la série croise finalement la licence Hasbro G.I. Joe n’est finalement loin d’être illogique puisque la troupe de bidasses, ex-action figures des années 80, passe sa vie à empêcher les terribles plans du Cobra, organisation criminelle et secrète aux racines fascistes. Un pont d’autant plus aisé que si en 2012 Campbell ne dessine déjà plus Danger Girl depuis un bon moment, il est bien occupé à illustrer la série G.I. Joe de IDW. Pas encore la version plus contemporaine et sérieuse qui va être relancée par Fred Van Lente dès l’année suivante, mais bien l’organisation militaire, rétro et décomplexée où gentils et vilains se trimbalent encore dans leurs costumes entres Rambo III et les American Ninja.
L’Alliance des Real American Heroes
Autant dire qu’entre les deux licences, pas franchement d’un sérieux et d’une prétention immuable, les six chapitres de cette mini-série renommée Le Cobra sifflera trois fois par un éditeur français plein d’esprit, le scénariste Andry Hartnell, spécialiste de l’action trépidante et des gunfights explosifs, n’est pas là pour se lancer dans une grande réflexion géopolitique. Les vilains de Cobra sont aussi méchants et caricaturaux que dans le vieux dessin animé de DIC, et nos belles donzelles, Abbey Chase en tête, font rapidement ami-ami avec les mâchoires carrées et les muscles saillants des potos de Duke et Snake Eyes. Menace d’explosions nucléaires sur les grandes capitales du monde, annihilation possible des G.I. Joe, Sydney Savage qui manque de se casser un ongle… L’album ne fait pas dans la dentelle et s’accroche à sa mission de sauvetage / infiltration, pour mieux délivrer une longue succession de castagnes, cascades et de scènes d’action qui font ressembler les Fast & Furious à des épisodes de Tatort. Même si comme à chaque fois Campbell se contente de livrer une ou deux couvertures variantes, son remplaçant John Royle est un choix judicieux puisqu’en plus d’avoir œuvré à la fois sur Danger Girl Mayday ou G.I. Joe A Real American Hero, il possède ce style surdimensionné et cartoony que nécessite une telle débauche d’aventures testostéronées et sexy. Fun ni plus ni moins.




