COBRA KAI : L’HISTOIRE DE JOHNNY

Cobra Kai: The Karate Kid Saga Continues – Johnny’s Story #1-4 – États-Unis – 2019
Genre : Drame, Action
Scénariste : Denton J. Tipton
Illustrateur : Kagan McLeod
Pages : 96
Editeur : Vestron
Date de Sortie : 25 mars 2021
LE PITCH
Voici l’histoire de Johnny Lawrence, futur sensei du dojo Cobra Kai, alors qu’il n’était qu’un lycéen adepte de karaté. Découvrez comment est née sa rivalité avec Daniel Larusso, disciple de M. Miyagi…
Les moments de vérité
Peut-être mieux que Karaté Kid, il y a Cobra Kai, le carton plein de la chaine Netflix. Maison admirablement dévouée au meilleurs licences ciné et série, Vestron a jeté son dévolu sur un sympathique complément Cobra Kai : L’Histoire de Johnny, comic qui rejoue le film de 84 à sa sauce.
Peut-être encore plus révélateur du potentiel de la nostalgie 80’s que Stranger Things, la série tv Cobra Kai a démontré que l’on pouvait replonger dans les succès de cette décennie pop par excellence, s’en réapproprier une licence déjà bien exploitée et pourtant lui trouver un nouveau souffle voire même une maturité totalement inédite. De Karaté Kid, et ses suites, à Cobra Kai il y a effectivement plus de 30 ans de différence, et les récits de la gagne, ont certainement du plomb dans l’aile. D’où le passage de point de vue du gentil Daniel Larusso à celui de l’ex-bad guy / nouveau looser (mais pas que) Johnny Lawrence. Classé systématiquement parmi les programmes les plus regardés du fournisseur Netflix, il n’en fallait certainement pas plus pour qu’un éditeur comme IDW, spécialiste des publications sous licences, ne jette son dévolu dessus et en propose un dérivé, un compagnon. Dans le même état d’esprit que la série bien entendu, Cobrai Kai le comics laisse la part belle à Johnny, senseï du nouveau Cobra Kai qui prend le temps après un entraînement de raconter sa propre jeunesse de karatéka des plus prometteurs. Entre deux bières et deux références vaines à la culture de son époque (« mais pourquoi il a parlé du vieux dans Creed ? »), il rejoue ainsi sa découverte du dojo, ses premiers rendez-vous avec Ali, ses premiers championnats… sa petite vie dorée avent l’arrivée de Larusso !
« Frappe le premier »
Scénariste croisé sur pléthore de titres sous licences (de Doctor Who à Star Trek en passant par les X-Files), Denton J. Tipton s’amuse ainsi surtout à nous rejouer les évènements du premier film Karaté Kid mais en s’attardant cette fois ci sur le point de vue du « méchant ». Sans trop d’efforts, il trouve le ton juste, gommant le manichéisme d’origine, montrant un adolescent paumé, jaloux, poussé dans la violence par une vie familiale peu reluisante, et un mentor, Kreese, déjà particulièrement cruel. Si l’on revit les scènes clefs du film de John G. Avildsen, ce ne sont pas que les grands moments de combats qui sont en question, mais aussi les passages les plus teen-comedy avec forcément un accent tout particulier apporté à la vie sentimentale de Johnny. S’il n’apporte pas grand-chose de nouveau à l’univers Cobra Kai (surtout que ces pistes seront largement creusées dans les saisons 2 et 3 de la série), Tipton capture efficacement son esprit, son mélange justement entre la chronique amère et le divertissement ado. Autre poulain récurrent, mais plus rare, de l’écurie IDW l’illustrateur Kagan McLeod s’est surtout fait remarquer jusque-là pour l’indépendant et dépotant Infinite Kung-Fu déjà bien marqué, comme son titre, l’identique par la culture des arts-martiaux. Son style semi-réaliste, à la lisière du cartoony, mais toujours colorisé avec un rendu acrylique et peinture à l’eau, livre des portraits parfaitement reconnaissables tout en accompagnant doucement à la fois la nostalgie des flashbacks et l’énergie des combats.
Un pur produit dérivé en effet, uniquement à l’attention des grands fans de Cobra Kai (et ils sont nombreux), mais qui séduit par le soin tout particulier dont il fait preuve.