BURN THE WITCH T.1

バーン・ザ・ウィッチ – Japon – 2018/2020
Genre : Fantastique
Scénariste : Tite Kubo
Illustrateur : Tite Kubo
Nombre de pages : 260
Editeur : Glénat
Date de Sortie : 17 février 2021
LE PITCH
Historiquement, 72 % de tous les décès à Londres sont liés aux dragons, des êtres fantastiques invisibles pour la majorité des gens. Bien qu’ils soient inconnus de la plupart des gens, certains ont tenu tête à ces dragons. Seuls les habitants de la partie cachée de Londres peuvent voir les dragons. Noel Niihashi et Ninny Spangcole, sont des agentes de protection pour Wing Bind (WB), une organisation pour la conservation et la gestion des dragons. Leur mission est de protéger et de gérer les dragons de Londres au nom de la population.
Eau de chaux
Quatre ans après avoir achevé le succès planétaire Bleach, Tite Kubo revient avec une série sœur, s’éloignant des sabres nippons pour s’engouffrer dans les rues plus européennes d’un Londres alternatif. La chasse aux dragons est ouverte.
Même si les liens qui relient les deux titres sont pour l’instant plus de l’ordre du clin d’œil et de la structure parallèle, Bleach et Burn the Witch sont bien intégrés, pour leur auteur, dans le même monde. Le concept du second tenait d’ailleurs effectivement au départ plus de l’exercice de style qu’autre chose, puisqu’il fut pensé comme un one shot pour accompagner la commémoration du 50e anniversaire du magazine Jump en 2018. Un premier chapitre dérivant donc la relation des shinigami avec les hollows, en une vision largement plus british, limite Harry Potter où les sorcières protègent la populace de dragons protéiformes pas toujours facilement contrôlables. Dotés de caractères bien marqués, énergiques et stylées, Noel Niihashi et Ninny Spangcole font déjà leur effet en petites mains de la Wing Bind, obligées de faire feu de tout bois pour protéger l’allumé Balgo, simple humain obsédé par la culotte de Noel, d’une créature en embuscade. Efficace et rythmée la soixantaine de page s’avère on ne peut plus accrocheuse à la fois grâce aux retrouvailles avec le trait épuré et dynamique de l’auteur et un récit simple et direct ne tentant justement rien d’autre que de délivrer un divertissement décontracté.
Le sourire du dragon
Sauf qu’au vu du succès de cette publication et la mise en production d’un long métrage animé par le studio Colorido, Kubo ne pouvait en rester là et va ainsi lancer la publication de la série proprement dite à partir d’août 2020 pour préparer la sortie de la version cinéma. Une première saison réunie avec le prologue dans ce premier tome désormais traduit en France par Glénat, qui pour le coup doit s’efforcer de creuser beaucoup plus avant les pistes à peine esquissées jusque-là, quitte justement à reprendre, peut-être plus que de raison, des astuces de narration éprouvées sur Bleach. Le style visuel fonctionne toujours à merveilles, le tempo rondement mené des évènements, les poursuites fantastiques dans les rues destructibles de verso-Londres en jettent toujours autant, mais entre le chef loin d’être aussi risible qu’on le croit, le concurrent des Inks au dragon noir classieux qui ne fait que cacher un complot beaucoup plus vaste et l’arrivée télescopées d’une nouvelle acolyte féminine… Le lecteur de Bleach, et de shonen en général, se sent en terrain trop connu, cajolé entre grosses bastons magiques et humour raz-des-pâquerettes.
C’est donc beau, extrêmement plaisant, mais ça manque encore d’un petit truc en plus pour faire oublier le poids considérable de la série phénomène précédente. On sait que ce n’est jamais facile pour les mangaka de s’extraire d’un carton de ce type, et Tite Kubo bataille encore.