BLOOD CRAWLING PRINCESS T.1

血を這う亡国の王女 – Japon – 2023
Genre : Action, Thriller
Dessinateur : Yuki Azuma
Scénariste : Yuki Azuma
Nombre de pages : 196
Éditeur : Kurokawa
Date de sortie : 12 juin 2025
LE PITCH
La princesse Evita menait une vie modeste mais heureuse dans son petit royaume jusqu’au jour où le pays voisin attaque sans préavis. Elle assiste, impuissante, au sac de ses terres et au massacre de sa famille. Seule survivante, Evita est vendue à une maison close, où elle devient la prostituée Priscilla. Alors qu’elle semble condamnée à une vie de torture aux mains du troisième fils du souverain, les cloches de la révolte sonnent enfin.
« Fraîche fleur que baigne la rosée… »
Petite attention du service de presse en charge d’accompagner la sortie de ce nouveau titre chez Kurokawa, le paquet contenant le premier volume était accompagné par un casse-noix en métal. Certes c’est toujours pratique d’en avoir un chez soi mais quel est le rapport avec… oh ! outch ! houlà ! Euh… ! OK.
Certes on observe bien sur le dessin qui orne la couverture de ce premier tome de Blood Crawling Princess une jeune femme aux yeux féroces, froids, vindicatifs et directement dirigés vers le futur lecteur, mais la délicatesse des traits, la beauté de la demoiselle et plus généralement le soin apporté sur les détails de la chevelure, de la robe ou de la couronne qui orne son front, ne prépareny pas vraiment à la violence et la fureur qui habitent les pages intérieures. On y découvre ainsi une douce et belle enfant, la princesse Evita, qui ne va échapper au massacre total de son royaume et de sa famille, que de justesse, mais elle sera rapidement rattrapée par l’horreur de ce monde médiévale puisque revendue comme futur prostituée à la cité bordel où finissent toutes les femmes des nations conquises. Quelques années plus tard, martyrisée, possédée et humiliée par ses clients, en particulier un prince bedonnant s’imaginant déjà roi, elle semble être devenu l’ombre d’elle-même. Plus belle que jamais soit, prisée par les clients les plus fortunées, mais comme lobotomisée acceptant tout avec une naïveté aveugle et une candeur dérangeante… Jusqu’à ce que son véritable visage, mêlant fureur, folie et détermination ne refasse surface à l’issue d’une scène d’émasculation (oh bin le voilà le casse-noix !) particulièrement corsée. La série est définitivement lancée, tout comme son vaste plan pour reprendre le contrôle de la cité, de sa vie et ourdir une terrible vengeance contre ceux qui ont brisé sa vie.
Les droits du sang
Jeune mangaka dont on découvre pour la première fois en France le travail, Yuki Azuma n’y va pas par quatre chemins et accumule sans vergogne les scènes de viols, de meurtres et de boucheries, toujours pour mieux tenir la tête du lecteur au raz du caniveau. La bonne hauteur pour décrire une humanité, ici essentiellement masculine il faut bien le dire, célébrant la violence, la guerre, l’avidité, le mépris et la haine de son prochain. Outre une certaine vision de l’histoire humaine, effectivement habitée par toutes les croisades les plus sordides, Blood Crawling Princess insiste aussi très fortement sur l’opposition entre la gent masculine et les personnes de l’autre sexe, forcément vues comme de purs outils sexuels décérébrées et inférieurs. La rébellion menée par Evita et toutes ses pauvres collègues a forcément un petit quelque chose d’assez jubilatoire, mais il est clair que rien n’est encore réglé et que les trahisons risquent de faire tourner tout cela à la catastrophe.
Une révolution féministe qui va au bout de sa logique : Yuki Azuma nous entraine avec efficacité dans cette aventure crue et barbare, travaillant constamment une certaine ambiguïté morale (la violence engendre la violence…) jusque dans ses dessins qui mêlent effectivement une certaine délicatesse dans le trait, une belle quête de détails dans les décors et les costumes, mais peu bifurquer en une case vers des visages se déformant en masques sadiques et en planches particulièrement graphiques façon Grand Guignol. Âmes sensibles…




