BERSERK PRESTIGE T.2

ベルセルク – Japon – 1990
Genre : Action, Fantastique
Dessinateur : Kentaro Miura
Scénariste : Kentaro Miura
Nombre de pages : 464 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 18 juin 2025
LE PITCH
Ayant poussé son premier cri sous la dépouille de sa mère et recueilli par sa mère adoptive qui mourra quelques années plus tard, Guts est élevé à la dure par Gambino, le chef d’une troupe de mercenaires. Par-delà la maltraitance quotidienne, il devient un puissant guerrier.
La voie du héros
Deux semaines seulement après la sortie du premier volume, l’intégrale prestige de Berserk se dote déjà d’un second volume. Place aux choses sérieuses avec le story-arc le plus célèbre de ce manga culte : « l’Age d’or ». Une fresque médiévale tragique et éblouissante.
On le sait, Kentaro Miura a construit les premiers chapitres de sa saga comme un terreau d’expérimentation, une machine à fantasme mélangeant toutes ses aspirations de jeune auteur et de dessinateur déjà particulièrement appliqué. De la grande aventure de Dark Fantasy ultra violente et rapidement délirante dont on trouve les derniers élans dans la première partie de cette seconde édition prestige. La conclusion du « guerrier noir » et son affrontement sidérant contre un noble seigneur obsédé par la chasse aux satanistes et transformé lui-même en limace géante, s’achève de manière plus spectaculaire encore avec l’arrivée des fameux God Hands, sortes de dieux du chaos et de la souffrance fortement inspirés par les cénobites de Clive Barker jusque dans la manière de dépeindre leur enfer. C’est là aussi qu’on croise pour la première fois Griffith, celui à l’origine de la malédiction subie par Guts… et qu’on va découvrir ancien compagnon d’armes dans la troupe de mercenaires Les Faucons. C’est parti pour un flashback de plus de dix volumes, qui va justement retracer dans un premier temps la jeunesse absolument déchirante et sordide de notre héros, puis sa rencontre avec Les Faucons, son intégration en leur sein et la relation trouble et ambiguë qui va se créer avec le charismatique Griffith.
L’âge de raison
Là clairement Kentaro Miura prend impérialement en main son récit, se débarrasse pour un temps de tous les éléments fantastiques, pour revenir aux sources de son univers, vision médiévale et baroque d’un monde en flamme, saccagé par la guerre et l’injustice et où le seul moyen de survivre est de prendre les armes. Une sorte de geste initiatique mais où tous les apprentissages se feraient dans la douleur, la trahison, l’avilissement et le sang. Si les affrontements en duel et les grandes batailles sont nombreuses, l’auteur impose admirablement ses personnages, Guts et Griffith en premier lieu, monstre de présence et de rage pour l’un, figure mystérieuse et séductrice pour l’autre, autant par leurs habilités martiales presque surhumaines qu’une approche psychologique aussi économe que pointue. Le chemin de croix de Guts prend littéralement aux tripes (entre sa naissance, la disparition de sa mère adoptive, les mauvais traitement donné par son père, l’horrible viol dont il est victime…) tandis que les planches moins sombres mais toujours aussi brutales témoignent d’un nouveau palier dans la maitrise graphique de l’artiste, offrant des contours nettement plus stables et fins à ses protagonistes, mais développant aussi son art du détails et de l’épique dans des séries de planches pleines pages, doubles ou découpées avec nervosités, estomaquantes.
Une grande œuvre était en train de naitre, et le présent volume édité par Glénat avec couverture classieuse, contenu double et surtout pages grand format avec tous les inserts en couleurs qu’il faut, la met parfaitement en valeur.




