AVATAR : AUX FRONTIÈRES DE PANDORA
Avatar : Frontiers of Pandora – So’lek’s Journaey #1-6 – Etats-Unis – 20224
Genre : Science-Fiction
Dessinateur : Gabriel Guzman
Scénariste : Ray Fawkes
Nombre de pages : 144 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 12 novembre 2025
LE PITCH
So’lek est un guerrier Na’vi – l’un des seuls survivants de son clan – qui entreprend un voyage à travers Pandora. Si la bataille des Montagnes Hallelujah est terminée, le traumatisme de la guerre demeure. So’lek est seul, accablé par le chagrin et le désespoir. Seuls Eywa et les liens qu’il tisse avec ceux qu’il rencontre au cours de sa quête peuvent lui permettre de guérir les blessures de son passé.
Jusqu’au bout du monde
Nouveau volume de la collection des comics dérivés de la saga Avatar de James Cameron, Aux frontières de Pandora s’étire cette fois-ci du coté du jeu produit par Ubisoft et s’intéresse à la quête existentielle de So’lek. Un peu de sang neuf dans un monde tout bleu.
Aux lendemains de la bataille finale du premier film, So’lek se réveille sur un champ de guerre peuplé de morts, de ruines et de cendres. Derniers survivant de sa tribu, il doit désormais tenter de retrouver une place sur sa planète-mère et s’efforcer de renouer avec la vie malgré les flashs du carnage qui ne cessent de le réveiller toutes les nuits. Pas de grandes révélations à l’horizon où de prolongements vraiment informatif des films dans ce nouvel album mais, et c’est sans là qu’il fait la différence, une quête introspective bien plus universelle et donc touchante. Scénariste sur Batman Eternal ou Constantine, Ray Fawkes invite ainsi son personnage au voyage, le poussant toujours plus profondément dans les frontières méconnues de Pandora, remettant constamment dans la balance son rapport au monde, aux autres, à sa propre nature mais aussi son besoin plus ou moins apaisé de vengeance contre ces humains envahisseurs. Dans un premier temps, le récit qui s’écoule sur plusieurs années, se construit au gré des rencontres avec des membres d’autres tribus encore inédites dans le monde étendu d’Avatar (ceux qui ne peuvent être vu, une femme shamane/médecin…), ou de ses connections plus ou moins profondes avec les créatures qui peuples ces jungles, avant de le replacer à nouveau en présence de militaires humains se préparant à une seconde vague de conquête (celle du deuxième film).
Traversée en solitaire
Là ses apprentissages vont faire de lui autant un nouvel être, sans doute plus sûr de lui mais aussi plus apaisé, ainsi qu’un guerrier accompli permettant un climax nettement plus musclé et explosif que le reste de la série. Si l’auteur abuse quelque peu de la voix off, So’lek n’en est pas moins un personnage intéressant qui se démarque des autres figures Na’vi croisés jusque là dans la franchise Avatar, justement par ce développement et cette lente et progressive évolution, réussissant justement à s’affranchir un peu du rythme et du cadre imposé par James Cameron. D’où cette sensation régulière de mettre enfin les pieds dans des zones inédites de la planète, où peuples, faunes et flores, apportent à chaque fois de nouvelles spécificités et de nouveaux émerveillements. Autre amélioration notable, la prestation du dessinateur Gabriel Guzman (Star Wars Dar Times, Predators, Mass Effect…) qui par son style particulièrement fouillé, réaliste et dynamique, retranscrit à merveille l’univers des films et du jeu vidéo. Les personnages sont particulières expressifs et puissants, le découpage autant que les détails insufflent une vraie sensation de vie et de mouvement, mais les paysages surtout, grandioses, luxuriants et variés donnent véritable corps à ce grand voyage intérieur.
Aux frontières de Pandora reste un comic à licence qui en soit n’apporte effectivement rien d’incontournable à l’univers d’Avatar. Il en propose cependant un regard légèrement inédit, plus proche du sol et de la réalité des Na’vi avec une aventure humaine plus sensible qu’épique, toute en émotions.
