ASTRO ROYALE T.1

願いのアストロ – Japon – 2024
Genre : Action, Fantastique
Dessinateur : Ken Wakui
Scénariste : Ken Wakui
Nombre de pages : 200 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 22 octobre 2025
LE PITCH
Kongo Yotsurugi, chef du clan Yotsurugi, un groupe de yakuzas d’Asakusa, est décédé. Hibaru, son unique enfant biologique, se retrouve dans un conflit pour la succession du clan avec ses frères et sœurs adoptifs. C’est alors qu’à la suite d’une pluie de météorites, les gens voient s’éveiller en eux un mystérieux pouvoir appelé “astro”…
Super yakuza !
Évènement éditorial de la section manga de Glénat pour cette fin d’année, la publication du premier tome de Astro Royale se démultiplie même en deux éditions collector à l’effigie des deux héros principaux. Pourquoi autant d’honneur ? Tout simplement car il s’agit de la nouvelle création de Ken Wakui, créateur de Tokyo Revengers !
Une longue saga en 31 tomes qui a marqué la naissance d’une nouvelle signature du shonen tout autant qu’un regard neuf sur le genre toujours aussi populaire du furyo. Une description accrocheuse des petits mondes de la délinquance et des yakuzas qui avait comme particularité d’ajouter à la recette des combats fratricides et des codes d’honneurs un soupçon de SF avec un héros pouvant voyager dans le temps. Lancé presque dans la foulée directe de celui-ci au sein des pages de l’incontournable Weekly Shōnen Jump, Astro Royale pousse cette logique encore plus loin en rendant les éléments fantastiques plus centraux et spectaculaires encore. On retrouve ainsi dans les premières pages le monde que l’auteur sait parfaitement illustrer avec une large fratrie confrontée à la disparition du paternel et à la question pleine de tension du successeur déclaré. Seul fils légitime de la bande, Hibaru qui avait été adoubé par son père, annonce que le futur chef sera Terasu, bien plus posé et diplomate que lui. De quoi provoquer l’ire de certains, l’incompréhension tout au mieux, mais les débats ne peuvent avoir vraiment lieu puisque rapidement après, une pluie de météorites s’abat sur le Japon, transformant la capitale en champs de ruine… Non sans octroyer quelques pouvoirs à certains des survivants.
Gang armé
La recette est simple donc, une nouvelle guerre de pouvoir et de territoires (chacun des « frères » se sont octroyés des territoires personnels) avec cette fois-ci des bastons incluant de multiples capacités plus délirantes reflétant le caractère et la psyché des protagonistes. Ainsi Hibaru est désormais doté d’un poing surpuissant, tandis que Terasu obtient lui un bouclier indestructible : symbolique quand tu nous tiens ! Une idée qui n’en est pas moins accrocheuse et qui dans ce décor post-apocalyptique apporte une bonne dose de sang neuf à la formule « Ken Wakui » où les affrontements les plus musclés cachent le plus souvent des cicatrices bien plus profondes, entre traumas de l’enfance, jalousies et incompréhensions. Le caractère des deux protagonistes principaux, plutôt pacifistes et optimistes, et ceux plus mystérieux pour l’instant de frangins adoptifs un poil teigneux, promettent de la même manière quelques développements accrocheurs. On peut cependant observer dans ce premier recueil que les bastons attendues manquent bien souvent d’ampleur, se règlent en quelques pages à peines, et que l’opposition entre les pouvoirs des uns et des autres auraient pu être beaucoup généreusement exploré. La série commence doucement, mais surement sans doute, alors que l’auteur doit apprendre à plier sa narration et son trait anguleux et pointus aux codes plus outranciers du shonen et installer sa propre dynamique.
La question maintenant reste de savoir s’il a finalement réussi à vraiment trouver ses marques alors que suites à des sondages peut satisfaisants pour l’éditeur, l’auteur fut sommé d’achever sa série au bout du sixième tome au Japon. Coup dur pour les fans mais cela n’a pas empêché notre éditeur Glénat de lancer chez nous le titre en grande pompe.


