ALIENS APOCALYPSE : LE CULTE DES ANGES

Aliens Apocalypse – The Destroying Angels #1-4 – Etats-Unis – 1999
Genre : Science-Fiction, Horreur
Scénariste : Mark Schultz
Illustrateur : Doug Wheatley
Nombre de pages : 96
Éditeur : Vestron
Date de Sortie : 13 novembre 2020
LE PITCH
Est-ce une coïncidence si les humains ont rencontré les Aliens aux confins de l’Espace ? Ou y a-t-il quelque chose attaché à l’essence même du cosmos qui a permis leur inexorable expansion à travers les galaxies ? Alecto Throop va découvrir à ses dépens qu’une bataille contre les créatures meurtrières n’est rien comparé à une rencontre avec leurs maîtres… ou les humains qui ont découvert leurs secrets.
Le livre des révélations
Mini-série ayant fait grand bruit à sa première publication dans le cercle pas si restreint des lecteurs de comics Aliens, Aliens Apocalypse se pare pour sa publication française d’une étrange couverture blanche et granuleuse. Un bon moyen pour l’éditeur Vestron de souligner l’ambition toute particulière du volume.
Apparu pour la première fois dans les linéaires américain en 1999 (l’année à son importance), Aliens Apocalypse se heurtait déjà à la difficulté grandissante pour les créateurs de proposer une vraie nouveauté dans une licence largement déployée. Quatre films de cinéma, soit le noyau central, et des milliers de pages de BD ou de romans où souvent, malgré les efforts et le talent de certains créateurs, l’arrivée sur un vaisseau / planète étrange où couvent quelques œufs aliens, reste la règle de base. Créateur des formidables Chroniques de l’ère xénozoïque, Mark Schultz ne fait d’ailleurs en apparence pas grand-chose d’autre. Contacté par un consortium scientifique opposé à la Weyland-Yutani pour retrouver la trace d’une mission menée par le Dr Lucien Keitel, Alecto Throop et son équipe vont bien entendu tomber à leur tour dans un nid de xenomorphes. La Weyland tire les ficelles dans l’ombre et élimine la concurrence tout en s’essayant à quelques nouvelles expérimentations in vivo tandis que nos chères bestioles s’offrent un sacré gueuleton.
Nouveau testament
Une mise en place sobre et efficace, des planches ultra fouillées et savamment découpées par un Doug Wheatley (Star Wars Legacy, Predator Hunters) particulièrement doué sur les mécha et structures organiques, Aliens Apocalypse dévie cependant du tout venant en creusant sérieusement l’arrière-plan de son récit et les enjeux qui se placent entre les personnages. Les longs dialogues ne sont pas là que pour remplir les pages entre deux attaques d’aliens, mais bien pour installer une réflexion sur la nature même de la créature on ne peut plus originale pour son époque. Quinze ans avant Prometheus et surtout Alien Covenant, Aliens Apocalypse part de la première incursion sur le Nostromo pour retourner aux origines mêmes de la créature, et de sa relation avec les fameux géants fossilisés, pour extrapoler un nouvel écosystème ou en tout cas une logique plus ample et grandiose. Les liens avec la Terre et l’humanité se resserrent, et dans le regard d’un scientifique devenu prophète l’univers se rapproche d’une nouvelle fin de cycle dont les aliens, anges exterminateurs, seraient les grands annonciateurs.
Presque aussi nihiliste que les derniers opus de Ridley Scott, l’album perd peut-être lui aussi un peu de son atmosphère purement horrifique et viscérale au passage, mais il proposait en cette fin de millénaire passé une relecture mystique et philosophique de la licence tout bonnement inédite et toujours des plus pertinentes.




