ALIEN VS. PREDATOR : THICKER THAN BLOOD

Alien Vs. Predator : Thicker Than Blood #1-4 – Etats-Unis – 2019/2020
Genre : Science-Fiction, Action
Scénariste : Jeremy Barlow
Illustrateur : Doug Wheatley
Nombre de pages : 96
Éditeur : Vestron
Date de Sortie : 01 décembre 2020
LE PITCH
Dans l’espace, un luxueux vaisseau de plaisance menant des centaines de touristes en croisière est devenu le terrain de chasse de plusieurs Predators. Une jeune fille et son frère synthétique sont les témoins de l’atroce massacre et tentent de s’enfuir… mais un Alien leur barre la route !
Bon sang ne trompe pas
Licence crossover tristement marquée par deux films absolument catastrophiques, AVP (ou ici Alien Vs Predator) a pourtant un potentiel monstrueux : la rencontre deux monstres sacrés, deux chasseurs impitoyables, qu’il suffit parfois juste de lâcher sur un vaisseau de plaisance pour savourer le joyeux carnage.
Si quelques auteurs se sont essayés à donner plus d’amplitude et de corps aux divers titres AVP, avec entre-autre une intégration aux cotés de la branche Prometheus, il faut parfois simplement revenir aux origines du titre pour retrouver la formule magique. Sans ambitions démesurées ou prétentions à réinventer l’acide à couper le beurre, Jeremy Barlow approche alors frontalement cet univers double, mettant en avant l’action, plutôt qu’un lent et immuable suspens étouffant. En grand spécialiste de titre dérivés de Star Wars ou Mass Effect, le scénariste maitrise les space opera et manie sans difficulté les lourds cahiers des charges, donnant ainsi à sa mini-série une vraie sensation de s’intégrer dans le grand puzzle global, sans jamais s’appesantir sur une quelconque remise en question ou des références en pagailles. Un récit auto-contenu, mais où les amateurs de chaque bord se retrouvent en terrain connu et apprécié, où comme souvent au milieu de la chasse que se donnent les predator et l’alien (ou réciproquement), les êtres humains font rapidement figures de victimes collatérales. Ici quelques touristes en goguettes, en croisière spatiale, qui pensaient pouvoir passer le plus clair de leur temps à se dorer la pilule sur la plage virtuelle. Dommage…
Pris en étau
Thicker Than Blood ne perd pas de temps, et plonge le lecteur immédiatement au cœur du massacre, dont ne vont s’échapper qu’un predator invalide (mais pas forcément sympathique pour autant) et deux gamins. Nerveux, tendu, souvent brutal, le comic ne ralentit pas une seconde donnant rapidement au xénomorphe le rôle d’une mort implacable contre laquelle les ennemis de la première heure doivent s’allier. Et en grand habitué des productions Dark Horse et en particulier des titres Predator et Aliens, Doug Wheatley s’en donne à cœur joie autant dans les effusions gores, que dans la retranscription de créatures ultra détaillées et de décors hard tech pointilleusement fouillés. Soit, pas de grandes nouveautés donc, mais un savoir-faire indéniable et surtout un soin tout particulier qui est apporté au deux jeunes héros, Maria et Tyler… Sœur et frère, même si ce dernier est un androïde acheté pour éduquer la jeune fille puis la protéger contre le moindre danger. Ils sont clairement la belle trouvaille de cet AVP, passant leur temps à se chamailler, à se batailler l’amour de leurs parents avant de réaliser qu’ils n’ont plus besoin d’eux depuis longtemps et qu’ils peuvent renverser par amour et courage la situation. Un soupçon de psychologie bienvenue, voir même de douce naïveté (les rêves super-héroïques de Tyler, la fragilité de leurs sentiments) qui donnent une couleur très particulière à l’horreur ambiante. Comme de lointains cousins de la Newt d’Aliens, plutôt que du gosse tête à claque de The Predator. Tout est dit.



