ENTRETIEN AVEC YASUTOMO WATANABE, DIRECTEUR GéNéRAL DE TECMO KOEI EUROPE
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D'est en ouest

Koch Media a profité de la dernière édition de Japan Expo pour présenter ses titres à venir au public français. C'était également l'occasion pour la société d'organiser des rencontres entre la presse et l'un de ses principaux partenaires, Tecmo Koei, représenté par le directeur général de la branche européenne.

Pour commencer, pourriez-vous nous parler de vous, de votre carrière, à Tecmo Koei et avant ?
Je m'appelle Yasutomo et je suis le directeur général de Tecmo Koei Europe depuis deux ans. Avant cela, je travaillais à la maison mère, au Japon. Je travaillais au département des ressources humaines et je m'occupais des filiales étrangères sur le continent asiatique.

Comment êtes-vous arrivé chez Tecmo Koei ?
En fait, mon père travaillait pour une banque, c'est donc quelqu'un de très sérieux. Alors, quand j'étais jeune, j'ai voulu faire le contraire, en travaillant dans un secteur complètement différent, comme celui du jeu vidéo. Et j'aimais beaucoup les jeux édités par Koei, c'est pour cela que j'ai rejoint la société.

Quels sont pour vous les plus grands succès rencontrés par Tecmo Koei ?
L'année dernière nous avons sorti Dead Or Alive 5, sept ans après la sortie de l'épisode précédent. La série est appréciée par un grand nombre de joueurs et la communauté a accueilli cette suite avec beaucoup d'enthousiasme. Alors on peut vraiment parler de succès.

Et vous jouez vous-même à DOA ?
[Rires] Bien sûr que j'y joue, mais je ne suis pas bon du tout.

De nouvelles consoles vont sortir cette année : pouvez-vous partager votre opinion à leur sujet avec nous et nous dire quelle position Tecmo Koei va adopter par rapport à elles ?
D'une part, nous sommes impatients de voir arriver ses nouvelles consoles, puisque ce sera l'occasion pour nous de proposer de nouvelles expériences à nos fans et à d'éventuels nouveaux venus. En outre, nous comptons sortir des jeux à la fois pour la PS4 et la Xbox One.

Sony et Microsoft avaient au départ deux politiques très différentes, au niveau des DRM notamment : cela avait-il influencé la stratégie que vous comptiez mettre en place ?
En fait, nous voulons toujours faire en sorte que nos jeux soient joués par le plus de monde possible. Donc nous comptons soutenir les deux consoles quoiqu'il arrive.

Pour certains, Nintendo et sa Wii U semblent un peu en retrait : leurs résultats ne sont pas aussi bons qu'espérés. Mais pensez-vous que la console peu encore décoller dans les temps qui viennent ?

Bien sûr. Nous avons notamment sorti Warriors Orochi 3 Hyper au lancement de la Wii U et nous croyons toujours en elle.

Toujours côté Nintendo, le contexte semble bien plus favorable à la 3DS.
C'est un autre challenge, mais ce qui importe, c'est que nous fassions aussi les meilleurs jeux possibles pour la 3DS.

Donc, pour résumer, vous comptez soutenir les trois constructeurs de la même manière.
Oui, bien sûr, car notre communauté de fans comporte des profils très variés.

Pour revenir à DOA5, une version Free-To-Play a été annoncée récemment : comment êtes-vous venu à lancer ce genre de modèle ?
[Marilena Papacosta, PR & Marketing Manager Europe] En fait, le but est d'élargir la communauté de fans, d'inciter d'autres joueurs à se mettre à DOA. La série à un public fidèle, composé de joueurs de niveaux variés et nous voulons simplement étendre ce public.

Comptez-vous adopter le modèle F2P pour d'autres licences ?
[MP] Ce n'est pas à l'ordre du jour pour le moment. Peut-être que nous le ferons un jour, ou peut-être pas du tout...

Voyez-vous l'application de ce modèle à DOA comme un test ou est-ce vraiment un projet pensé spécifiquement pour cette licence ?
[MP] Je ne parlerais pas de test : c'est simplement un modèle qui semble bien adapté à la franchise DOA.

De manière générale, on a tendance à opposer les jeux japonais et les jeux occidentaux : quelle est votre opinion à ce sujet ? On peut notamment citer de grands noms du jeu vidéo japonais qui estiment que les créateurs américains et européens leur sont passés devant.
[YW] Je ne serais pas aussi catégorique : les créateurs japonais font encore de belles choses : ils ont leurs propres univers et un sens du détail unique, que ce soit au niveau de l'imaginaire développé, des choix graphiques ou des idées de game design. Les gens continuent à apprécier cela. Donc, pour nous, en tant qu'éditeur japonais, nous ne cherchons simplement qu'à sortir les jeux les plus originaux possible, qu'ils viennent du Japon ou de l'Ouest.

Pourriez-vous citer un jeu récent que vous considéreriez comme une référence ?

[Il réfléchit] C'est vraiment une question difficile... Comme je le disais, les créateurs japonais continuent à faire de belles choses, mais il est aussi important de bien comprendre les goûts des joueurs occidentaux afin de créer des jeux qui plaisent à la plus large audience possible. Alors comme référence, je citerais les jeux d'Ubi. Car c'est un véritable modèle que nous cherchons à égaler.

D'ailleurs, la dernière édition de l'E3 était particulièrement fournie en titres intéressants. Y en a-t-il un qui vous a particulièrement marqué ?
[YW] Personnellement, j'ai hâte de jouer au prochain Assassin's Creed.
[MP] Et au prochain Metal Gear Solid aussi.

Pour finir, pourriez-vous nous parler de l'avenir de Tecmo Koei, de nouveaux projets, éventuellement de nouvelles licences ?
[MP] Et bien, en ce qui concerne les mois à venir, nous nous concentrons surtout sur Yaiba [Ninja Gaiden Z], un jeu avec des zombies et des ninja, beaucoup d'humour et un vrai style graphique. C'est vraiment ce qui nous occupe en ce moment, et il nous tarde de voir comment le projet va avancer. Nous nous occuperons de l'avenir une fois que Yaiba sera disponible.

D'ailleurs comment en êtes-vous venu à créer ce spin-off de Ninja Gaiden avec un autre studio ?
[MP] Il s'agit d'une collaboration entre la Team Ninja, Comcept [société fondée par Keiji Inafune] et Spark Unlimited. C'est une nouvelle approche de la série, une tentative de faire quelque chose de différent. Il peut être difficile de faire travailler trois sociétés ensemble sur un même projet, mais c'est aussi l'occasion de faire ressurgir beaucoup de créativité. Pour l'instant, cela porte ses fruits, puisque le jeu a reçu un accueil positif au cours de l'E3 et j'espère qu'il en sera de même à Japan Expo, sa première présentation au public sur le sol européen. C'est important pour nous de savoir comment les joueurs européens vont accueillir ce nouveau jeu.
[YW] C'est une bonne chose de travailler avec des sociétés étrangères, car encore une fois, il est important de bien saisir les goûts des joueurs européens.

Benoit Barny


























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