JAMES BOND 007 BLOOD STONE
Etats-Unis / Angleterre - 2010
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »
Image de « James Bond 007 Blood Stone »
Genre : Espionnage
Musique : Divers
Développeur : Bizarre Creations
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Activision
Date de sortie : 4 novembre 2010
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « James Bond 007 Blood Stone »
portoflio
LE PITCH
Bond se retrouve au beau milieu d'un trafic d'armes chimiques qui menace l'avenir de l'Occident. Pour l'aider à mener à bien sa mission, le MI6 lui adjoint une jeune miliardaire spécialiste dans les pierres précieuses, contrainte de travailler pour le gouvernement britannique suite à son implication dans des affaires crapuleuses.
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Empêtré dans une impasse juridique pour cause de faillite de la MGM, le troisième épisode cinématographique de Bond, période Daniel Craig se fait toujours attendre. Au départ pensé comme une récréation en attendant ledit long-métrage, Blood Stone dépasse, et de loin, son statut de faire-valoir vidéoludique.

 

Quelque chose se passe dès les premières minutes de Blood Stone, alors que l'agent 007 tente de déjouer un attentat imminent en plein G20. L'ambiance au couteau, l'approche très sèche et directe de la violence, le charisme du personnage principal, copie conforme au mouvement de poignet près de Craig... Bond est bien vivant, numérisé dans un soft à la direction artistique somptueuse, qui passés son pré-générique épique (comptant combats au corps-à-corps, course fluviale et poursuite en Aston Martin) et son « Main Title » dans la tradition (chanson sublime, conceptualisation bondienne en diable) propulse l'agent le moins secret du monde dans une spirale de manipulations et de machinations d'autant plus complexes que, pour une fois, le joueur ne prend aucune longueur d'avance par rapport à sa star. Les cinématiques évitant autant que possible de dévoiler précocement le Grand Tableau, en laissant dans l'ombre les têtes pensantes et autres marionnettistes après lesquels court 007, on se surprend à guetter chaque indice avec une excitation rare. Superbe intrigue d'espionnage traversée par son lot d'agents doubles, de femmes fatales, d'informateurs et d'alliés potentiels adeptes des lieux de rendez-vous les plus exotiques (la palme allant à un aquarium géant incroyablement modélisé, point de départ d'une poursuite à pied au moins aussi dantesque que l'ouverture de Casino Royale). Exceptée la désertion de Q, les ingrédients de la mythologie sont bien présents : visite au Casino, rencontre undercover dans un lieu public, cambriolage, mano-a-mano, interrogatoire, infiltration plus ou moins musclée, emprisonnement, évasion, gunfight en smoking, attaque à un contre 300 de la base des méchants, sans oublier un lot de gadgets tout à fait convenable (votre téléphone est un vrai couteau suisse, permettant de pirater des bornes informatiques, portes, micros et caméras à travers des QTE pertinents). Même la musique légendaire de Monty Norman et John Barry fait preuve d'un panache inattendu, réorchestrée et réarrangée par un Richard Jacques très inspiré.

 

Du gameplay au genre

 

Blood Stone aurait pu se contenter de respecter paresseusement son cahier des charges. Il le transcende au contraire grâce à un jusqu'au-boutisme et une passion inédits dans l'histoire des adaptations interactives de la franchise. Adapté organiquement aux diverses composantes de la saga, le Game Design se révèle à la fois multiple et très cohérent, à chaque épreuve ou micro-évènement répondant une phase de jeu bien spécifique. On serait d'ailleurs bien incapable d'enfermer l'œuvre dans une catégorie ludique précise : alors que le Gameplay majoritaire enferme généralement les softs dans une boîte, et les destine à un public spécifique (pour un Gears of War, on ne va pas parler d'épopée science-fictionnelle, mais de Third Person Shooter ; de même, on ne va pas décrire un Call of Duty comme un jeu de guerre mais un First Person Shooter), Blood Stone se range avant tout dans un genre, le thriller d'espionnage, les situations et leurs données contextuelles dictant un ton et une jouabilité propres pour chaque nouveau chapitre. De fait, on ne fait jamais deux fois la même chose ici, le joueur zappant d'un jeu d'aventure richement dialogué à un shoot endiablé (on est tout de même en présence des auteurs de Geometry Wars), d'un beat'em all à la fois stratégique et furieux à un jeu d'infiltration, en passant par des séquences de course pure et dure. Le soin apporté aux poursuites est d'ailleurs assez représentatif de la réussite d'ensemble, les développeurs de Bizarre Creations ayant mis à profit leur riche expérience dans le domaine (remember MSR et Project Gotham) pour nous venger des nombreuses tentatives embarrassantes qui avaient émaillé le genre (La Mémoire dans la peau, Bons Baisers de Russie, Quantum of Solace, Gears of War et on en  passe !). Faisant preuve tout du long d'un sens du grand spectacle saisissant, qui n'empêche en rien la maturation d'enjeux intimes, Blood Stone se permet enfin, au détour d'un épilogue mâtiné d'amère trahison, de conférer une charge émotionnelle inattendue à une bête poursuite en voitures. De l'art et la manière de conclure avec classe ce qui restera probablement parmi les plus grands jeux de l'année 2010... Et l'une des aventures les plus passionnantes de Bond, tout court.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

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Applaudissons déjà l'originalité de la prise en main : bien qu'hérité de Gears of War (le fameux système de couverture lors des gunfights, dont on ne se lasse décidément pas), Blood Stone fait très largement avancer le schmilblick du Third Person Shooter en mariant le plus organiquement possible des possibilités ludiques a priori éloignées. On passe ainsi d'une fusillade à couvert à un gunfight bourrin au fusil à pompe, en passant par des éliminations au poing électrisantes, dont les animations varient selon le décor. Chacune de ces éliminations (que l'on peut d'ailleurs enchaîner à la manière de Batman Arkham Asylum, l'invisibiltié de Bond rendant les adversaires complètement fous) donne droit à une jauge d'exécution, permettant de shooter sans erreur possible un assaillant à l'autre bout du décor. En plus d'iconiser à outrance le personnage de Bond, véritable mastodonte de la castagne ne faisant qu'une bouchée des pauvres hommes de main qui lui font face, ce système d'attaque et de défense permet de varier les plaisirs quasiment à l'infini, les combinaisons corps-à-corps / armes à feu lors des combats se faisant intuitivement, et donnant souvent lieu à des ballets de violence impressionnants. La mise en scène se renouvelle d'autant plus que l'inventaire ne permet de garder que deux armes, dont nécessairement un Walter PPK silencieux. On se surprend donc à jongler, toujours en fonction des situations, avec les mitrailleuses, fusils, lance-grenades ou autres laissés par les opposants tombés au front, Bond ne restant de toute façon fidèle qu'à un seul et unique canon. Quand on vous dit que le Gameplay épouse la mythologie de 007...

 

Beau comme un diamant

 

Sur un plan plus technique, en dépit d'un manque de détail dans les textures de certains visages, Blood Stone s'impose comme l'un des plus beaux jeux actuellement disponibles, rien de moins. Outre un framerate cadencé quoiqu'il arrive à 60 images / seconde, même lors des affrontements les plus épiques (d'un combat entre un aéroglisseur géant et un avion cargo à un duel entre Bond et un hélicoptère, en passant par une poursuite automobile sur une banquise en train de se rompre et un carnage causé par un engin de chantier gigantesque en plein centre de Bangkok, c'est peu dire que le spectacle est ambitieux...), Blood Stone touche surtout au but grâce à une direction artistique d'une finesse éblouissante. Les décors, bondiens en diable, sont ainsi incroyablement conçus et modélisés, d'un Casino monégasque à un aquarium géant (les poissons y sont plus vrais que nature) en passant par une raffinerie, un centre-ville thaïlandais ou encore la jungle birmane. Les textures sont photoréalistes, les accessoires pleuvent... Le plus étonnant reste la manière dont les personnages et les véhicules se fondent dans cet environnement criant de vérité : là où la concurrence tombe souvent dans l'écueil du trompe-l'œil, avec par exemple des voitures modélisées à la va-comme-je-te-pousse et animées au lance-pierre, Bizarre Creations ne fait aucune différence quelle qu'elle soit entre ses différentes composantes graphiques. La transition entre les phases à pied et véhiculées n'en est que plus fluide. Enfin, notons la présence d'un mode multijoueurs qui, sans atteindre les sommets d'un Left 4 Dead ou d'un Gears of War 2, se montre tout à fait jouissif et excitant, le gameplay y perdant en subtilité par rapport au mode solo (pas de bullet time, peu de corps-à-corps) ce qu'il en gagne en immédiateté et en hargne. On ne s'étendra pas sur la bande sonore, tout simplement exceptionnelle.

 
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