GTA IV - EPISODES FROM LIBERTY CITY
Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « PC »
Image de « GTA IV - Episodes From Liberty City »
Genre : Policier
Musique : Divers
Développeur : Rockstar
Durée : élevée
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Rockstar
Date de sortie : 16 avril 2010
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « GTA IV - Episodes From Liberty City »
LE PITCH
Lost & Damned : Billy Grey, le président du gang de motards The Lost and Damned, sort de prison. Sa soif de vengeance le pousse à rompre une trève contre deux gangs rivaux, que Johnny Klebitz, vice président du groupe, avait tout fait pour préserver... Gay Tony : Dans Liberty City, Luis Lopez aide et protège les intérêts de « Gay Tony », propriétaire de clubs dans la ville, qui les a vendus un peu cher et pas aux bonnes personnes
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Braquage à l'américaine

Après une période d'exclusivité relativement longue au profit de la Xbox 360, les deux extensions de GTA IV débarquent sur PS3 et PC. Une bonne occasion de se replonger dans les rues animées de Liberty City, et de regoûter à l'humour délicieusement acide des Game-Designers, scénaristes et metteurs en scène de Rockstar.

 

Studio de développement à part, libéré de toute contrainte par son éditeur 2K Games, Rockstar est évidemment, compte tenu des 50 millions de dollars alignés au préalable par Microsoft, le grand gagnant de ces add-on, avant même les fans de Grand Theft Auto. Fans qui, malgré les nouveautés enthousiasmantes apportées par les deux Gigas de données de The Lost and Damned, sont tout à fait en droit de faire la grimace. Loin de nous l'idée de dévaluer ici la qualité de l'objet, dont l'intrigue, sans pareille dans l'univers de la série, permet de tâter du blouson noir et de la moto rutilante (oui, les nouveaux modèles de deux roues se conduisent bien mieux que dans le jeu original), mais aussi de s'imprégner d'un esprit de meute pour le moins original. Tout ici pousse le joueur à se déplacer en groupe, à adopter une approche d'équipe (donc stratégique) des combats. La caractérisation même du récit implique de rester dans le champ de vision de ses partenaires virtuels, une virée côte à côte dans le trafic urbain occasionnant quelques longs dialogues mémorables, qui éclairent le joueur sur les motivations et la personnalité de chacun. On finit même, bel exploit, par s'attacher à son groupe et à protéger ses confrères, d'autant qu'un frère d'arme tombé au combat ne réapparaîtra pas, comme par miracle, à la mission suivante. Sa photo sera au contraire placardée sur un mur « mémorial » au premier étage du QG du gang. Un bleu le remplacera illico, avec ce que ça implique de maladresse et de manque d'expérience.

 

Grand Theft Solo

 

Passionnante, aussi chargée politiquement (cf. les cinématiques et les nouvelles émissions TV disponibles), et plus rythmée que la croisade de Niko Belic (la ville est entièrement ouverte dès l'ouverture, et les gunfights troquent d'emblée le pistolet à bouchon d'usage contre un fusil à canon scié diablement efficace), l'intrigue du mode solo occupera son monde une douzaine d'heures durant, soit trois de plus que la moyenne constatée des jeux d'action contemporains, vendus eux aux alentours des 70 euros. Le hic n'est donc pas ce que l'on peut trouver dans ce nouvel opus, mais bien dans ce qu'on n'y trouve pas. Aussi flemmards quant au contenu annexe qu'ils sont jusqu'au-boutistes dans leur narration, les développeurs de Rockstar North se contentent de rajouter une poignée de mini-jeux, pourtant la marque de fabrique du bac à sable qu'est GTA. En gros, une séance de bras de fer, des courses illégales de motos, et puis s'en va. Le mode multijoueurs lui-même souffre de cette paresse ambiante, les nouveaux modes de jeu peinant clairement à renouveler l'enthousiasme suscité l'an dernier par les parties en ligne de GTA IV. Une déception aggravée par l'ajout d'armes loin d'être au point (à quoi bon utiliser un lance-grenades dont les projectiles s'enflamment avec cinq secondes de retard ?) et le retrait pur et simple de certains arguments phares, notamment l'hélicoptère de combat en mode Deathmatch. Des scories qui ne font que replacer l'emphase sur l'ambition réelle de Rockstar ; n'en déplaise aux frénétiques du frag en ligne, GTA IV et The Lost and Damned restent avant tout des expériences satiriques, dont l'intensité, la complexité et la portée subversive appellent nécessairement une approche solitaire.

 

Grand Thef Brüno

 

Passons désormais au second add-on inclus dans ce coffret : The Ballad of Gay Tony. Première constatation : Grand Theft Auto IV regorge toujours autant de vie, et bénéficie d'animations toujours aussi riches et soignées. En même temps, il n'y avait pas réellement de raison de changer le très efficace moteur du jeu, bien que quelques corrections du côté des textures et des ombres n'auraient pas été superflues. La remarquable profondeur de champ a été préservée, laquelle est exploité par le retour d'une activité réclamée à corps et à cris par les joueurs de la saga : le base-jumping revient par la grande porte. D'hélicoptères, de toits d'immeuble ou encore après avoir sauté par une fenêtre, on peut s'adonner aux joies du parachutisme et l'apport ne tient pas uniquement du gadget : le concept se marie au contraire parfaitement au gameplay. Lequel n'a pas réellement changé, si ce n'est que le jeu propose peut-être une difficulté légèrement relevée par rapport à l'original et au premier DLC. Cette hausse s'explique par une volonté manifeste de se diriger vers un propos et une mise en scène plus spectaculaire, grosses fusillades, gros flingues (de nouveaux jouets fort performants sont de la partie), et gros enjeux. Petit détail qui rassurera les fans : on peut recommencer certaines très longues missions à partir de checkpoints bien placés, ce qui nous évitera de balancer rageusement la manette après s'être pris une balle perdue entre les deux yeux.

 

Saturday Night Fever

 

En gardant la volonté de conter une histoire grandiloquente au sein de Liberty City (ou les pérégrinations du garde du corps du propriétaire des deux night-clubs les plus importants de la cité), Rockstar fait de sa ville un personnage à part entière, presque métamorphe, et qui se pare ici de couleurs flashy et très années 80, reflétant l'ambiance nighty du scénario et des personnages. Le jeu propose un contenu classique mais toujours percutent, voire proprement réjouissant. Côté missions, elles sont comme toujours variées et musclées, telle cette course-poursuite sur un toit de train qui évoquera Belmondo dans Peur sur la ville aux plus vieux, un traquenard et un affrontement face au SWAT dans un parking, le vol d'un hélicoptère sur un yacht, pour ne citer que quelques exemples. Les missions annexes répondent également au rendez-vous : gestion de boîte de nuit (oui, on peut danser sur la piste et en profiter pour draguer un peu !), services à des gens de la haute, ultimate fighting dans des cages underground (combats bien sûr ouverts aux paris illégaux, et on peut se coucher à la demande), parties de golf endiablées, cascades disséminées à travers la carte... Reste à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle du héros, ce qui vu le contenu proposé n'est pas facile tous les jours. Petite nouveauté supplémentaire : chaque mission propose un système de score et de médailles, augmentant considérablement la Replay Value du titre. Sans compter le nombre considérable d'armes et de véhicules ajoutés, qui devrait consoler les déçus de The Lost and Damned. Toujours écrit avec la verve légendaire des équipes de Rockstar, et proposant une peinture au vitriol d'une Amérique décadente vouée corps et âme à la culture du fric, The Ballad of Gay Tony fait clairement honneur à la saga.

A. Poncet & D. Pawlowski

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Techniquement, ces versions PC et PS3 sont dignes de ce à quoi l'on pouvait s'attendre. Soit une qualité technique ébourriffante sur PC, pour peu que votre machine puisse gérer la gourmandise du soft (les cartes vidéo riches en Ram sont vivement conseillées), et une copie quasi-conforme de la version Xbox 360 sur la machine de Sony. Sur console, un an et demi après sa sortie, Grand Theft Auto IV n'impressionne plus autant qu'aux premières heures. Les bugs graphiques d'alors sont aujourd'hui décuplés (ombres clignotantes, textures apparaissant en retard, ralentissements intempestifs, etc.) et le peu d'évolution graphique rappelle la paresse des grands jours des techniciens de chez Rockstar (voir la manière dont le moteur de GTA III fut utilisé et réutilisé des années durant). Une fois la déception passée de ne pas voir arriver sur 360 une version digne de la mouture PC (elle proprement hallucinante, dès lors que votre machine supporte la charge), on peut toutefois apprécier Episodes From Liberty City à sa juste valeur, admirer les tonnes d'animations ajoutées, reluquer les minettes en train de danser sur la piste des night-clubs (décors au réalisme saisissant), s'amuser à explorer les nombreux intérieurs cachés au sein de la ville, à commencer par l'appartement du héros... Jeu d'une richesse éreintante, GTA IV continue d'impressionner par son volume et son souci du détail, jusque dans les nouvelles radios disponibles (toujours aussi jouissives à écouter) et la télévision virtuelle désormais visible sous plusieurs angles. Le mode multijoueurs retrouve lui aussi de sa superbe grâce à de nouveaux scénarii, un catalogue d'armes enrichi et de tout nouveaux véhicules, qu'ils soient à deux roues, à quatre roues ou à hélices. OK, le moteur physique (notamment dans la conduite des voitures) est toujours à la ramasse, mais quand on s'amuse autant, on ne va pas s'arrêter sur ces petits détails.

 
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