CYBERPUNK 2077
Pologne - 2020
Image plateforme « PC »
Image de « Cyberpunk 2077  »
Genre : RPG
Développeur : CD Projekt RED
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : CD Projekt RED
Date de sortie : 10 décembre 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Cyberpunk 2077  »
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LE PITCH
2077... Dans la Babylone du libéralisme économique, tout s'achète, tout se vend et la fin justifie les moyens. Face aux appétits les plus féroces, vous tentez de vous faire une place en composant avec la violence extrême qui régit ce nécropole urbaine remplie d'âmes perdues. Bienvenue à Night City.
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Fight Club Mécanique

Blade Runner, Akira, Mad Max, Gunnm, Ghost in the shell... De près ou de loin, nous avons tous nos références cyberpunk. Avec Cyberpunk 2077, CD Projekt Red propose une vision du genre plus travaillée que jamais, qui se veut tout à la fois cinématographique et interactive. On avait promis monts et merveille sur ce jeu. Mais comme l'a si bien dit super menteur : « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent». Aussi nous sommes nous lancés dans ce RPG futuriste touche à tout sans plus d'attente que cela. Notre seul souhait étant de le faire sur PC.
... Eh bien nous en sommes sortis réjouis ! Car oui, on peut dire ce que l'on voudra, à la fin, Cyberpunk 2077 sur PC, c'est quand même vachement bien. Si, si !

Cyberpunk voit grand et Night City, la ville qui sert de scène à la pièce que nous jouons, est le creuset de cette ambition. Elle donne à voir une skyline vertigineuse, grouille d'une activité effervescente, laisse deviner une croissance inhumaine, qui s'est développée sur le compte d'un pragmatisme écrasant les petites gens. Beaucoup s'entassent dans des ''méga buildings'' étouffants, littéralement inondés dans les déchets de ses habitants. Le jeu en main, on le sent bien : Cette surpopulation crasse, cette économie venimeuse, cette vie vouée à la consommation débridée... cette ville est oppressante et vous allez baigner dedans un long moment.
Pour convaincre le joueur, il n'a pas fallu se contenter de mettre du monde sur une carte pour créer la foule du ville. Les développeurs se sont vraiment appliqués à lui forger une identité. Night City comprend différents groupes sociaux, ethniques et culturels, avec des codes vestimentaires propres, des langues parlées différentes suivant la zone, des aménagements urbains représentatifs du type de quartier, etc. Cette foule est représentée par une diversité folle, du clochard au trader, de l'asiatique au latino américain, du lgbt+ à l'homme blanc hétéro sexuel catholique de quatre vingt dix ans. Personne ne pourra le nier : une vision minutieuse et un chantier titanesque ont été nécessaire pour élaborer une mégapole cyberpunk digne de ce nom, capable de rivaliser avec le Los Angeles de Blade Runner ou le Neo Tokyo d'Akira.

 

Son et lumière


L'ambiance sonore n'est pas en reste. Les annonces publicitaires agressives se perdent dans l'écho caverneux des entrailles de la cité, appuyant l'impression d'immensité des lieux. Les conversations des anonymes qui ragotent sur des sujets triviaux, professionnels ou intimes. Les musiques entendues ici et là sont autant de marqueurs géographiques. Pop Japonaise, Jazz US, techno hardcore et rap créole. On peut le comprendre les yeux fermés : C'est tout un monde qui vit à Night City.
Et que dire de la photo ? Si dans les plaines et les décharges on reste sur un rendu relativement classique, en centre ville, les artistes ont pu s'en donner à cœur joie : c'est magnifique ! Les contrastes entre les zones d'ombres et de lumières sont saisissants. On ressent bien la dégradation de l'intensité lumineuse en s'enfonçant dans certains espaces mal éclairés, comme les ruelles ou les tunnels. La finesse de l'éclairage artificiel tout aussi bluffante.
Il est intéressant de voir combien la simulation d'un rendu ''analogique'' semble important pour la direction artistique. Les effets de lens flares sont vraiment très réussis. L'aberration chromatique est très léger et discret et le grain de la pellicule est là pour les amateurs.
Pour peu qu'on puisse bénéficier du ray tracing, les reflets des différents matériaux ou des flaques d'eau contribuent à rendre ce travail plus convaincant encore. Les plus chanceux pourront pousser le vice du photo réalisme encore plus loin en activant l'illumination globale... qui reste toutefois encore limitée à seulement quelques rebonds, état de la technologie oblige. Sur ce point, on entre toutefois dans le domaine du grand luxe. Les pc les plus modestes pourront tout de même profiter de la finesse graphique du jeu, CP2077 étant déjà bluffant sans RT.

 

Du gameplay couteau suisse


Bien entendu, aussi travaillée soit-elle, Night City n'est qu'un terrain de jeu censé servir le gameplay. Elle ne saurait justifier l'achat du titre à elle seule. Bien qu'il se présente comme un RPG, CP2077 s'empreinte également de bien d'autres genres. FPS, infiltration, course automobile, les expériences de jeu proposées par le titre sont variées. Même si l'on n'atteint pas des critères d'excellence dans chaque domaine, cette variété est plaisante et nous dirons que le niveau est suffisant pour satisfaire les goûts du plus grand nombre. Certaines phases de jeux feront penser à du MGS, d'autres à du Remember Me, d'autres encore à du Crysis. Dans l'ensemble, on comprend bien que l'objectif ultime est de proposer une expérience du niveau d'un GTA, voire même à la dépasser ! CP2077 est un bac à sable immense qui propose de très nombreuses missions aux objectifs d'une rare diversité. Quelques épisodes présentent même des scenarii qui laissent sans voix, tant ils sont ''étranges / originaux / barges'' (entourez votre choix).
À cela s'ajoute la possibilité de profiter d'une majorité des différentes fins du jeu assez facilement. En effet, les principales (mais pas toutes) bifurcations scénaristiques se jouent une heure ou deux avant la fin de partie. Lorsque vous en terminez un arc narratif, une sauvegarde est faite et le jeu revient au moment précédent vos prises de choix. Ce qui permet également de continuer à explorer d'autres missions et faire évoluer son personnage pour accumuler toujours plus de cyber puissance. Clairement, la routine ne sera pas le plus grand défaut du jeu, loin de là.

 

la castagne à la carte


En terme de gameplay, les prétentions RPG de CP2077 se basent principalement sur les customisations cybernétiques qui peuvent altérer les compétences de votre personnage. En accueillant de nouveaux implants, il est possible de développer des attributs de classes comparables à celles que l'on retrouve dans un contexte médiéval fantastiques. Dans CP2077, les ''netrunners'' sont des spécialistes du réseau qui peuvent pirater l'équipement de leurs opposants et le faire flamber sur place comme le ferait un mage dans The Witcher 3 (exemple pris au hasard, bien entendu). Les ''solos'' joueront plus la carte du contact physique et les ''techies'' (prononcer « teki ») compteront plus sur leur aptitude à créer et customiser leur armement.
Reconnaître la classe de ses opposants est important pour adapter au mieux ses attaques. Le jeu est très lisible sur ce point, chaque classe étant également associée à un équipement ou à une tenue facilement identifiable. En revanche, pour son propre personnage, il y a encore quelques soucis d'éducation du joueur. En 100 heures, nous n'avons jamais crafté quoi que ce soit. La profusion d'items trouvés sur le terrain satisfaisait déjà tous nos besoins. Pour la même raison, nous n'avons jamais acheté d'arme. Notre exploitation des classes techie et solo s'est donc trouvée plutôt limitée.
Nous avons tenté à plusieurs reprises d'exploiter les différentes options d'évolution du joueur. Mais l'interface a vraiment un soucis d'ergonomie et s'avère soit peu intuitive, soit brouillonnes. Au mieux, nous avons équipé notre personnage de quelques modules cybernétiques et acheté quelques compétences mais globalement, nous nous sommes contenter du minimum. Même pour les arbres de compétences, simples à comprendre, nous ne savions pas trop quoi faire de tout ce qui était présenté à l'écran. Avec beaucoup d'options disponibles, peu de points de compétences à dépenser et finalement peu de besoin pour avancer, on a vite peur de faire une erreur. Avec le recul, il apparaît qu'il aurait peut être été préférable de se spécialiser dans une classe unique plutôt que de se lancer dans l'élaboration d'un personnage fort en tout point. Nous avons tout de même pu finir le titre sans aucune difficulté, avec un bon niveau et un personnage relativement bien développé, preuve qu'il n'y a rien de bloquant à ne pas exploiter toutes les fonctionnalités du titre.

 

pas toujours futé...


Un des détails de gameplay qui a fait beaucoup rire / pleurer / jaser sur CP2077 concerne les limites manifestes de l'IA. Concernant les boids (les individus qui composent une foule), le monde proposé est si densément peuplé que les possibilités d'interactions sont démultipliées et il devient vite facile de trouver des bogues. Mais dans l'ensemble, ils n'ont que peu d'impact sur le gameplay. Pour les personnages qui demandent une réelle interactions, tel que les ennemis ou les partenaires, c'est une autre paire de manches. En situation de combats, ils savent reconnaître une dépouille, contourner un obstacle, jauger s'il y a besoin de jeter un grenade, s'abriter derrière un élément du décors pour se couvrir. Les opposants peuvent même se prendre les pieds sur un autre corps et tomber. Leurs compétences sont assez élaborées pour contribuer au plaisir de jeu. Cependant, leurs routines de surveillance n'est pas la plus élaborée, leur champ de vision est plutôt réduit et leur audition faible. Toutefois, les rendre plus sensibles à l'environnement aurait certainement augmenté la difficulté du jeu. Sur le long terme, nous avons trouvé que les phases d'actions étaient équilibrées et que les quelques incohérences qu'on a pu repérer ici et là faisait plus souvent (sou)rire qu'autre chose.
De notre point de vue, les plus gros problèmes attribués à l'IA sont en fait liés aux soucis du moteur physique, où il y aura manifestement beaucoup de travail à fournir en terme de patch. Précisons que nous avons commencé le jeu dans sa version PC originale et l'avons terminé avec le patch 1.06. Entre ces deux versions, les progrès ont été notables et on peut s'attendre à ce que l'expérience de jeu aille en s'améliorant avec le temps.

 

... Mais si sensible


Si le code de l'IA manque d'être affûtée, l'écriture des personnages du jeu ne manque pas de cœur. Au fur et à mesure de l'avancée dans les différentes histoires, on crée un réel lien avec les autres protagonistes. On apprend à les connaître, on est curieux de les entendre et parfois même on cherche à les comprendre (surtout si on veut coucher avec eux... hé ! C'est le jeu, ma pauv' Lucette !). On finit même par éprouver de la nostalgie pour une époque révolue quand le joueur en apprend plus sur la vie de certains de ses (vieux) collègues.
L'histoire principale n'aborde finalement que très peu les questions posées par le genre cyberpunk. Il y a bien quelques problèmes liés à l'identité ici et là mais finalement, dans l'ensemble, la ville de Night City est en soi une synthèse des différentes problématiques qui pourraient être explorées : l'économie, la lutte des classes, le transhumanisme, l'immortalité... les sujets du cyberpunk sont vaguement évoqués à travers l'état des rues, les publicités, les sujets des chaînes infos diffusées en permanence dans tous les coins de la ville, le nihilisme et le cynisme ostentatoire des individus de la foule.
Et dans ce monde hyper connecté, une foultitude de petites histoires sont à découvrir. Elle mettent en avant les rapports humain sans filtre ni interface. À force de vivre des événements tendus, conviviaux, drôles ou intimes, on finit par s'attacher à tous ces personnages qui font le monde de Night City. Alors, oui, parfois il peut y avoir des bogues qui nous sortent du jeu et qui feront rire sur la toile. Mais l'histoire que Cyberpunk nous donne à vivre, elle, ne peut pas se partager. Elle peut se raconter, à l'écrit, en vidéo ou en podcast. Mais pour la ressentir, il faut y jouer. Si vous avez un pc capable de le faire tourner, nous vous y encourageons vivement.

Sélami Boudjerda






























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