DEVIL MAY CRY 5 SPECIAL EDITION
Japon - 2020
Image plateforme « Playstation 5 »
Image de « Devil May Cry 5 Special Edition »
Genre : Action
Musique : Divers
Développeur : Capcom R&D Division 1
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Capcom
Date de sortie : 1 décembre 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Devil May Cry 5 Special Edition »
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site officiel
LE PITCH
Plusieurs années après l'incident de l'Ordre de l'Épée, une nouvelle menace démoniaque s'abat sur notre monde. Tout repose désormais sur les légendaires chasseurs de démons Dante, Nero et V, trois hommes aux destins mystérieusement liés. Au cours de cette nouvelle aventure, ils seront rejoints par le mystérieux Vergil.
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plus c'est skyllé plus c'est stylé

Devil may cry! Après plus d'une décennie d'absence, voici le retour du papi prodigue ! Ou plutôt, le ''nouveau'' retour, car nous parlerons ici de la version enrichie du cinquième épisode, sorti en mars 2019. Dans la série des ''walking games'', ces jeux qui ne meurent jamais, Capcom est un maître. Mais il faut bien dire que la version standard n'avait eu droit à aucun DLC payant, hormis les offres de précommandes et compagnie. Aussi, en proposant une mise à jour graphique en plus d'un contenu complètement inédit, nous pouvons estimer que cette édition spéciale a une certaine légitimité... Non ?

Commençons par le plus évident : les spécificités de cette version ''Special Edition'' (SE). En premier lieu, et c'est là son argument marketing massue, le jeu présente une mise à jour graphique en phase avec les technologies du moments. 4K sans concession, 60fps au compteur, Ray Tracing pour les narcissiques qui veulent se voir deux fois à l'écran. Le jeu était déjà assez beau dans sa version originale. Les retouches apportées par la SE ajoutent quelques détails plaisants qui n'entravent jamais le gameplay dans la majorité des cas. En mode RT 4k ''graphique'', alias le mode ''full patate'' qui mise tout sur le visuel, le jeu s'affichera sous son plus beau jour mais pourra parfois souffrir de baisses de frame rate assez conséquentes. Ce mode reste jouable cela dit. Si vous êtes réfractaires aux baisses de frame rate, vous pourrez vous gaver avec le mode 120 FPS. Pour en profiter, il faudra accepter de jouer en 1080p et posséder écran compatible. Dit comme ça, on pourrait croire que ces écrans sont rares. En réalité, beaucoup d'écrans 4k qui affichent du 60 fps peuvent afficher du 1080p à 120, même en HDMI 2.0. Mais si ce n'est pas établit dans les spécificités de votre écran (transmis à la console via le câble hdmi), la PS5 ne vous proposera même pas de test, comme on pourrait l'avoir sur PC. C'est dommage. Vous pourrez toujours brancher votre PS5 sur l'écran de votre ordinateur s'il est assez costaud. À côté des graphismes et du frame rate, il y a aussi des nouveautés du côté du gameplay. SE propose un mode ''turbo'', qui augmente la vitesse d'action de 20%, et le retour du mode ''Chevalier sombre légendaire'', qui démultiplie le nombre d'ennemis à l'écran pour se la jouer ''Mussô''. Enfin, SE ajoute un quatrième personnage : le ténébreux Vergil, qui apporte un nouveau style de jouabilité. À noter que, si la majorité des ces ajouts reste pour le moment exclusive à SE, Vergil sera pour sa part disponible en DLC à partir du 15 décembre 2020 pour 5€. Vous l'aurez compris, donc, Devil May Cry V Special Edition se présente comme une version généreuse qui a beaucoup à apporter.

 

ça se pose là


Dans les DMC, le skill est aussi une affaire de cosmétique. Du coup, il est assez difficile d'avoir un avis vraiment objectif sur la série. Si les mécaniques de jeux sont accrocheuses, la forme peut laisser de marbre, enthousiasmer ou dégoûter selon le goût des uns et des autres. Pour notre part, on reste plutôt insensible à cet étalage d'ego trip, souvent utilisé comme un artifice flamboyant visant à masquer des lacunes non assumées dans bien des cas. DMC V ne joue pas sur ce terrain. La mécanique de jeu est vraiment fine et propose une pléthore d'options et de possibilités d'actions. Le joueur commence avec un petit lot de coups de base. Mais très rapidement, le temps de prendre le pli, il est possible d'acheter d'autres coups suivant ses goûts, son style et son pouvoir d'achat, matérialisé dans le jeu par des orbes rouges que l'on collecte au cours de notre avancée dans l'aventure. L'aventure principale tourne autour de 3 personnages, qui ont chacun un style de combat particulier, de la proximité du corps à corps à la distance de l'invocation. La présente version SE propose en plus le personnage de Vergil, au style assez brutal et sec, que l'on pourrait qualifier de staccato. Avec ces quatre techniques de combat, qui ont chacun leur possibilité d'évolution propre, on se retrouve avec un des panels d'actions les plus larges proposé par un jeu de ce genre. Et la précision ainsi que la rythmique n'est pas en reste. Assurément, le jeu sera difficilement pris en défaut sur la question de la qualité et de la variété du gameplay.

 

ça sent le vieux pot...


... Et c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Avec bientôt 20 ans de métier, Devil May Cry a développé et affiné une forte identité beat'em all à l'ancienne dans un environnement 3D. Le gameplay est assez accessible pour accrocher les novices, qui seront bien guidés vers une technique plus sophistiquée, et assez varié pour enthousiasmer les initiés adeptes de jeux précis et exigeant. Le tout se joue dans une mise en scène faite pour flatter votre surmoi dans un délire série Z qui pose à tout va sans jamais vraiment se prendre au sérieux.
Cependant, le vieux pot commence à sentir légèrement le rance. Si le gameplay reste intouchable, l'ergonomie commence à accuser son âge. Pour faire simple, l'organisation des commandes est un peu archaïque sur certains points. Par exemple, pour cibler un ennemi, il faut appuyer sur la touche R1, ce qui finit par crisper le doigt à force. Un clic sur le bouton R3 aurait peut être été plus confortable. Il est également difficile de changer de cible. Mais surtout, pour un jeu qui joue la carte de la technique, l'esquive est mal pensé. On reste sur du DMC classique. L'esquive et le saut partagent le même bouton. Du coup, on a tendance à mal gérer ses esquives pendant un long moment dans le jeu avant de (relativement) prendre le coup.
On regrette également que les actions face aux boss soient parfois scriptés. Il arrive qu'il faille passer par deux ou trois événements pendant le combat avant de voir une possibilité d'action pour avancer dans notre engagement... et se rendre compte que l'acharnement dont on faisait preuve un peu plus tôt était en fait peu rentable. Or, pour connaître ces événements, il faut souvent avoir perdu quelques vies. À ce niveau, si c'est du par cœur, ce n'est plus vraiment du skill. Il faut dire que le jeu compte également sur une replay value excellente. Il est donc attendu que le joueur revienne. Mais tout de même, on le regrette toujours un peu. C'est peut être du chipotage mâtiné d'excuse de sac, il faut le reconnaître... mais comment expliquer ça à son ego ?

Généreux dans ce qu'il a à proposer de nouveau, excellent dans ce qu'il était déjà, ce Devil May Cry V Special Edition a tout pour séduire ceux d'entre nous qui n'ont jamais eu l'occasion de se lancer. Pour un joueur vierge de toute expérience sur cet épisode, le prix en vaut la chandelle, surtout pour un titre PS5. Pour ceux qui s'y étaient déjà essayés, on serait enclin à ménager leur envie. On parle tout de même d'une trentaine d'euros pour une mise à jour graphique et quelques DLC exclusifs sur un jeu déjà possédé. Pour les fans absolus, la question ne se pose même pas. Vous ne verrez jamais un DMC 5 aussi beau, fluide, prolifique et avec une replay value dantesque... avant une éventuelle ''Definitive Edition'', bien entendu ! Quand on aime, on ne compte pas.

Sélami Boudjerda


















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