SAKUNA : OF RICE AND RUIN
Tensui no Sakuna Hime - Japon - 2020
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « Sakuna : Of Rice And Ruin »
Genre : Action
Musique : Hiroyuki Oshima
Développeur : Edelweiss
Durée : élevée
Langue : Anglais
Distributeur : Just For Games
Date de sortie : 20 novembre 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Sakuna : Of Rice And Ruin »
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LE PITCH
Fille de Takeribi et Toyohana, divintés de la guerre et de la récolte, Sakuna profite sans vergogne de son statut et d'une vie confortable. Jusqu'au jour où une rencontre avec une poignée d'humains tournent mal : elle est alors contrainte à l'exil sur une île infestée de démons avec pour mission d'en reprendre le contrôle.
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L'île de la plantation

Actif depuis 2005, Edelweiss a fait sa première incursion occidentale en 2012 avec un jeu de tir réservé au PC, Ether Vapor. Mais c'est en 2014, avec Astebreed, que le studio indépendant japonais s'est enfin lancé sur consoles. Sakuna - Of Rice and Ruin est alors l'occasion de s'imposer dans un tout autre genre et d'élargir au passage sa renommée internationale.

Sakuna apparaît d'ailleurs comme l'antithèse absolue de ses prédécesseurs. Quand les deux Shoot'em up affichent un rythme effréné, à peine ralenti par leur narration plus poussée que chez leurs concurrents, le nouveau jeu d'Edelweiss est un véritable hymne à la patience et au travail de la terre. En effet, toute déesse qu'elle puisse être, la protagoniste ne peut exprimer toute la mesure de ses pouvoirs le ventre vide. Sachant que l'île d'Hinoe n'est plus qu'un repère de démons lorsqu'elle y est exilée, elle va devoir partir de zéro et mettre la main à la pâte afin de faire pousser son propre riz, tout cela en respectant chaque étape au fil des saisons. Il s'agit donc, pour résumer grossièrement, de labourer la terre, planter les graines, irriguer la plantation tout en s'assurant d'ajouter du fertilisant puis de récolter le fruit de ce dur labeur. Devant ces séquences à l'intérêt ludique discutable, les joueurs attirés par les premiers trailers risquent sans doute de se sentir floués, alors qu'ils espéraient peut-être un successeur au très bon Muramasa de Vanillaware.

 

Au fil des saisons


Heureusement, les séquences d'action sont bel et bien au rendez-vous, le travail des champs ne représentant qu'une fraction de l'emploi du temps quotidien. Car, pour s'assurer les meilleurs récoltes possible et préparer des repas roboratifs, il faut rassembler divers éléments, de l'ambre qui va servir à fertiliser le sol aux ingrédients comme la viande de bêtes croisées en cours de route, en passant par les bois, métaux et autres matériaux utiles pour améliorer son équipement. Sans oublier, que, comme l'exige sa mission principale, Sakuna doit explorer chaque recoin de l'île et y faire le ménage par le vide afin d'en reprendre le contrôle. Ces phases d'exploration prennent donc la forme de séquences d'action 2D et chaque zone, à l'aspect plus ou moins labyrinthique, regorge autant de précieuses ressources que de créatures maléfiques. L'héroïne dispose cela dit d'arguments pour faire face à cette opposition, à commencer par son set d'armes : une légère pour les attaques rapides et une à deux mains pour les attaques puissantes, auxquelles s'ajoutent une écharpe magique. Il est possible de combiner les deux premiers éléments pour effectuer des enchaînements de manière classique, tandis que l'écharpe est utilisée comme une sorte de filin afin de se hisser d'un point à l'autre ou de se propulser vers un opposant, et même généralement dans son dos pour une contre-attaque stratégique.

 

Le riz, c'est la vie


Au bout du compte, malgré un aspect on ne peut plus charmant, Sakuna - Of Rice And Ruin peut paraître difficile d'accès. On se laisse pourtant séduire par son ambiance légère, distillée par ses environnements champêtres et forestiers, ainsi qu'un habillage musical inspiré par les sonorités traditionnelles japonaises. On s'attache, en outre, à la protagoniste, irresponsable, caractériel et tout de même adorable, tout comme la galerie de personnages qui l'accompagnent. Mais dans l'aspect gestion comme dans l'action, les premiers instants de jeu peuvent s'avérer laborieux, notamment car l'aspect didactique se limite au strict minimum, laissant au joueur la peine d'expérimenter à l'aveugle ; même le système de combat peut éventuellement paraître bancal dans son aspect défensif, puisque l'utilisation de l'écharpe pour éviter les attaques est assez peu intuitif. Heureusement, les concepteurs ne sont pas aussi sadiques que l'on pourrait le croire : au fur et à mesure des actions accomplies, le personnage débloque différentes aptitudes qui facilitent le travail de la terre ou la préparation du riz, comme le combat, de sorte que la progression gagne progressivement en fluidité. Après quelques minutes à retourner la terre, une compétence permet par exemple de travailler une plus grande surface d'un seul coup et donc de gagner du temps. En travaillant plus efficacement, on obtient un riz qui, à son tour, améliore les statistiques de l'héroïne et lui confère par la même occasion diverses aptitudes offensives. Le cercle vertueux alors installé ne devrait pas forcément retourner l'opinion quant au rythme particulier de cette aventure pour des amateurs d'expériences plus arcade. On peut néanmoins reprendre la question sous l'angle inverse et considérer que les fans de simulations telles que Harvest Moon, vénérable saga appartenant désormais au catalogue de Marvelous Interactive, devraient ici trouver une bonne dose d'action défoulante au dans cette simulation de vie paysanne.

Benoit Barny












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