PAPER MARIO : THE ORIGAMI KING
Japon - 2020
Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « Paper Mario : The Origami King »
Genre : RPG
Musique : Divers
Développeur : Intelligent Systems
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Nintendo
Date de sortie : 17 juillet 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Paper Mario : The Origami King »
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site officiel
LE PITCH
C'est une catastrophe ! L'abominable roi Olly a transformé la princesse Peach en origami et volé son château avant de l'enrubanner dans des serpentins ! Mais n'ayez crainte, Mario et sa nouvelle amie Olivia sont là pour tout arranger !
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Pas de quoi se froisser

Dans l'univers du plombier moustachu, les Paper Mario représentent la branche RPG où les personnages évoluent dans un monde en 3D mais sont représentés comme dessinés sur du papier. De là découlent des mécaniques de jeu tournant autour des objets plats (papier, stickers, mise en couleur, etc.). À force de s'aventurer dans des concepts originaux, la série s'est faite un nom au gré des réussites et des erreurs. Le dernier en date, The Origami King, garde l'esthétique de ses aïeux et ajoute son lot de nouveautés. Cette fois, c'est l'origami qui est à l'honneur. Pour le meilleur et pour le ... pli ...

D'entrée de jeu, le ton est donné : C'est du Paper Mario ; c'est la fête ! Le titre vous invite à participer à une aventure colorée et festive. La bonne humeur est de rigueur et on se laisse très facilement prendre au jeu. D'autant que la charte graphique expose une esthétique particulièrement naïve ... qui s'avère en réalité bien trompeuse. Le goût de l'aventure se fait sentir lors des phases d'explorations, qui donne à voir des environnements variés et bien pensés en terme de game design. Le thème de cet épisode tournant autour de l'origami, l'idée de la création de volume à base de papier prédomine. Dans le monde de ce Paper Mario, les environnements sont réalisés autour d'une charpente en fil de fer et ont subi quelques dégâts suite à l'action l'antagoniste. Ainsi, ici et là, vous trouverez des trous dans le décors et il vous appartiendra de les reboucher avec des confettis. Ces derniers sont accumulés au détour d'un combat, d'un coffre ou d'une récolte en frappant sur des arbres ou d'autres éléments du décor. Pour autant, cette action de réparation n'est pas un obligation. Aussi, le jeu vous incite à explorer les stages qu'il vous propose sans rendre la tâche fastidieuse.
Cette tâche de réparation se développe parallèlement à d'autres quêtes annexes, comme celle où l'on doit sauver l'ensemble des Toad d'un niveau ou trouver tous les coffres. Comme nous l'avons dit, ce ne sont pas des obligations et ces objectifs ne freinent pas le rythme de votre progression. Ces activités ont même un rôle bénéfique sur la replay value dans la mesure où elle vous amène à revenir régulièrement dans le jeu pour progresser dans ces quêtes annexes tout en poussant l'exploration toujours plus loin.
Enfin, cette exploration se joue avec des musiques guillerettes, majoritairement d'excellentes compositions et qui évoluent suivant votre situation dans la carte du jeu. Pour donner un exemple, la musique se joue comme dans Super Mario 64 ou Banjo & Kazooie : si vous êtes dans le monde de « la ville de Peach », l'endroit près de l'entrée du château jouera la musique du niveau avec un ton et une instrumentalisation plus solennelle alors que la place du marché verra la musique devenir plus populaire et entraînante. Ce faisant, la musique contribue à étendre la superficie d'un niveau en appuyant les spécificités de ses différentes zones. Résultat : alors que Mario ne semble pas aller bien vite et que le joueur est incité à fouiller chaque recoin de l'environnement exploré, on se retrouve avec une impression d'étendue plus vaste sans pour autant perdre son temps en exploration.

 

Un système de combat en carton ?


Beaucoup de personnages sont réalisés en suivant les règles de l'art du papier plié. Et le résultat est plus que convaincant. Chaque pli semble logique et tout à fait plausible. Les rigueurs d'Intelligent Systems ont pu démontrer ici tout leur savoir faire. Les ennemis lambda, pour leur part, sont réalisés comme dans chôchin, des lampions avec une structure interne légère recouverte de papier. Suivant le contexte, le joueur est amené à les éliminer directement dans le niveau, en leur sautant dessus ou en les assommant avec le maillet, ou les confronter dans un combat en bonne et due forme, comme dans n'importe quel jeu de rôle au tour par tour. Le système de combat reprend les grands axes des combats de la série. À savoir : Lors d'une attaque ou au moment de se défendre, appuyer sur la touche A à l'instant de l'impact augmente l'efficacité de l'action voulue. On retrouve également l'idée que les joutes sont autant de spectacles où le public, composé des Toad que vous avez sauvés, peut intervenir pour vous aider... contre rémunération, bien entendu. Là où l'épisode The Origami King se démarque de ses prédécesseurs, c'est dans son orientation « mini casse tête ». Chaque combat propose un puzzle qui demande de réorganiser la disposition des ennemis dans un temps imparti avec un nombre d'actions limité. Si le puzzle est résolu, le joueur est gratifié d'un bonus d'attaque et voit les ennemis bien placés pour en toucher un maximum en un minimum d'action.
Les puzzles ne sont jamais trop compliqués mais peuvent parfois proposer un certain challenge. Et si le puzzle n'est pas résolu, non seulement votre attaque reste normale mais en plus une bonne partie des ennemis restera intouchable. La mécanique du puzzle passe alors du statu d'extrêmement gratifiant à extrêmement punitif. Pour autant, il n'y a rien de bien frustrant et l'ensemble des combats restent, au final, largement abordables...

 

Les bosses qui froissent


... Jusqu'à la confrontation avec un boss. Dans ces combats, les règles du puzzle changent drastiquement. Face aux ennemis basiques, Mario est placé au centre du plateau qui sert de puzzle. Face aux bosses, il est placé à la périphérie de ce même plateau, et c'est le boss qui est au centre. Le jeu devient alors de manipuler ce plateau pour programmer des actions (déplacement et attaques) qui doivent amener Mario au centre. Lors de ces combats, la difficulté est accrue par l'organisation des possibilités d'actions. Tout doit passer par le puzzle. Il vous sera par exemple impossible de choisir de se soigner avant de se lancer. De plus, chaque boss propose sa propre technique, qui demande un temps d'adaptation. Enfin, une action « attaquer » peut échouer si vous êtes trop loin de votre ennemis ou si vous faites une erreur dans votre programme. Sans oublier que la résolution du puzzle est limitée dans le temps et dans le nombre d'actions permises. Aussi, se retrouve-t-on embarqué dans des combats qui peuvent devenir trop punitif, avec un rythme particulier et au final assez frustrant...
.. jusqu'au moment où l'on finit par intégrer certaines subtilités du jeu. Ainsi, dans l'ensemble des Toad sauvés, plusieurs ouvrent des magasins qui proposent des outils extrêmement utiles, comme le champignon 1up, qui donne une vie supplémentaire, un extenseur de temps pour la résolution des puzzles, des chaussures plus puissantes pour les attques sautées, etc. Il faut absolument revenir en ville pour voir l'évolution des options proposées au joueur. Un autre exemple, pour revenir sur l'impossibilité de sauter le puzzle quand on veut se soigner, on peut très bien mettre une action « attaquer » en première commande même si on est trop loin du boss et choisir de se soigner. L'efficacité des attaques des boss variant suivant la distance, votre position éloignée vous sera d'autant plus bénéfique. En réalité, il y a tout une mécanique à découvrir. Et c'est peut être l'un des challenges les plus intéressants du titre.

Les subtilités stratégiques des joutes sont plus nombreuses qu'il n'y paraît. Elles ont peut être été mal amenées mais pour les joueurs qui prendront la peine de chercher à les comprendre, l'avancer dans l'histoire sera plaisante et prenante. Il reste tout de même que la mécanique du puzzle impose un rythme étrange qui peut parfois être déplaisant. Mais globalement, Paper Mario : The Origami King reste un titre de très bonne facture, très bien réalisé et avec une certaine finesse tactique qui, si elle cachée par une esthétique faussement naïve, peut se révéler intéressante pour tout joueur qui ne se laissera pas froisser.

Sélami Boudjerda




















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