MAID OF SKER
Royaume-Uni - 2020
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « Maid of Sker »
Genre : Survival-Horror
Musique : Gareth Lumb
Développeur : Wales Interactive
Durée : moyenne
Langue : Voix en anglais, Textes en français
Distributeur : Wales Interactive
Date de sortie : 28 juillet 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Maid of Sker »
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site officiel
LE PITCH
Ayant reçu une lettre de détresse de sa bien-aimée, le musicien Thomas Evans se rend dans l’hôtel de ses beaux parents, Sker House, au Pays de Galles. Sur place, il va tenter de retrouver la femme qu’il aime tout en déjouant une malédiction au sein d’un endroit dévasté et peuplé de créatures maléfiques...
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Mélodie mortelle

Après avoir tâté du jeu en full motion video avec Late Shift ou The Complex, le développeur Wales Interactive se lance à nouveau dans le survival horror en vue à la première personne après une tentative très mitigée, Don't Knock Twice en 2017. Avec Maid of Sker, le studio nous offre une plongée dans un univers sombre et angoissant au sein d'un hôtel abandonné et peuplé de créatures étranges... et hargneuses...

Le développeur n'est pas allé chercher très loin l'inspiration pour déterminer la trame du soft, puisqu'il a puisé dans le folklore gallois et plus particulièrement l'histoire vraie d'Elisabeth Williams, emprisonnée par son père au début du XXe siècle dans son manoir et qui a fini par y mourir. Une histoire qui irrigue la tradition du pays, et qui a notamment donné lieu à un roman écrit par RD Blackmore. Le jeu prend, quant à lui, place à la fin du XIXe siècle et nous met dans la peau de Thomas Evans, jeune musicien britannique qui, après avoir reçu une missive inquiétante de sa chère et tendre, part la rejoindre à Sker House, l'immense hôtel de ses beaux-parents. Problème, dès son arrivée, le jeune homme constate que l'endroit est dévasté et qu'il n'y a plus âme qui vive... Quoique...
Le jeu de Wales Interactive répond aux critères bien connus du survival horror en vue à la première personne, de Layers of Fear à Resident Evil VII en passant par la série des Outlast. Des titres à l'atmosphère pesante et au caractère immersif prégnant, auxquels Maid of Sker emprunte beaucoup tout en amplifiant l'un des concepts du genre, en refusant toute possibilité d'armer du moindre objet de défense le personnage principal. Armes à feu, armes blanches, simple pied de table... oubliez : ici, l'avatar du joueur ne dispose d'aucun moyen pour attaquer et, pour ainsi dire, est doté d'un inventaire limité à sa plus simple expression. Tout juste pourra-t-on trouver au fil de l'aventure un modulateur de son permettant d'envoyer des ondes pour paralyser momentanément les ennemis. Et c'est tout. La seule solution pour survivre : se cacher et surtout faire le moins de bruit possible, les créatures rencontrées, aveugles, étant néanmoins ultra-sensibles aux sons. Dès lors, le jeu se veut une longue fuite en avant, à parcourir l'ensemble des pièces de l'hôtel, à tenter de retrouver des cylindres musicaux et des partitions, tout en évitant les créatures errantes en restant immobile, en retenant sa respiration et en traquant désespérément les points de sauvegardes répartis au sein des niveaux. La musique tient un rôle important dans l'histoire et fait partie intégrante de l'expérience de jeu. Au même titre qu'un sound design très travaillé, distillant les sons et l'ambiance sonore générale avec pas mal d'efficacité, créant une angoisse et une tension palpables, débouchant sur une atmosphère particulièrement réussie (il est fortement conseillé de jouer au casque).

 

Courage, fuyons !


Pourtant, tout n'est pas rose non plus du côté de Sker House. Loin de là, et le soft se traîne une certaine quantité de défauts... Si l'immersion sonore fonctionne, elle est en revanche défectueuse dans sa répartition des sources. Il est regrettable qu'un jeu qui se base sur l'infiltration et la perception sonore soit autant à la peine quand il s'agit de retranscrire correctement la localisation des sons, et il n'est pas rare d'entendre des bruits de pas qui ne correspondent pas du tout de là où ils viennent. C'est fâcheux. Au rayon reproches toujours, on notera un gameplay pauvre et aride, ainsi qu'une interaction extrêmement limitée avec l'environnement, puisqu'en dehors de quelques documents à lire, de fioles d'énergie et de poupées miniatures à collecter, on ne pourra interagir avec absolument rien. Ce qui est pour le moins frustrant et toujours aussi incohérent alors que le personnage lutte pour sa survie... Quant aux ennemis, ils se révèlent plutôt vicelards dans leur propension à nous repérer et nous courser. Mais rien de volontaire malheureusement, puisque l'IA apparaît tout de même comme relativement défectueuse à ce niveau. Dans certains passages, il sera presque possible de leur taper sur l'épaule sans qu'ils réagissent, contre des moments où ils repèrent le moindre mouvement alors qu'ils stationnent deux couloirs plus loin... L'aspect infiltration s'avère en lui-même assez peu poussé, et il est dommage, dans un jeu où il est nécessaire de se cacher, de ne pas avoir d'autres possibilité que de s'enfuir. Et les énigmes proposées restent d'une simplicité et d'un classicisme qui ne rebutera que les plus néophytes.
Des défauts, nombreux, agaçants pour certains, mais qui étrangement, n'ont pas de prise sur l'ambiance et l'expérience de jeu de Maid of Sker. L'ambition de Wales Interactive d'immerger le joueur dans un cauchemar horrifique noir et oppressant fonctionne à merveille et les quelques jump-scares qui parcourent l'aventure font clairement leur effet. Une aventure malheureusement assez courte, car il faudra en moyenne entre 4 et 5 heures pour boucler le jeu (en prenant son temps), ce qui, pour une trentaine d'euros, est assez limité. Deux fins sont à découvrir, l'une heureuse, l'autre moins, suivant si le joueur a récupéré tous les cylindres/partitions.

Maid of Sker
s'avère au final une belle et efficace expérience horrifique, aux graphismes oscillant entre le splendide et le gentiment dépassé, à condition d'accepter de s'immerger dans son ambiance particulière, de passer outre des interactions très limitées et une IA parfois brinquebalante. Mais cette aventure dans les tréfonds des légendes galloises, vaut néanmoins le détour.

Nicolas Mouchel












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