THE WANDERER : THE FRANKENSTEIN'S CREATURE
France - 2019
Image plateforme « PC »Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « The Wanderer : The Frankenstein's Creature »
Genre : Aventure
Musique : Alex Burnett
Développeur : La Belle Games
Durée : faible
Langue : Français
Distributeur : Arte Editions
Date de sortie : 2 juillet 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « The Wanderer : The Frankenstein's Creature »
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LE PITCH
Vous incarnez la Créature, un vagabond sans mémoire ni passé, un esprit vierge dans un corps créé de toutes pièces. Pour forger le destin de cet être artificiel ignorant du Bien comme du Mal, il vous faudra partir explorer le vaste monde et traverser joies et tourments...
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He's Alive

Texte de l'articleArte France s'est associé au studio parisien La Belle Games pour redonner vie au célèbre mythe de la créature de Frankenstein à travers un jeu d'aventure narratif sortie en 2019 sur PC et disponible aujourd'hui sur Switch.

Attention néanmoins, The Wanderer : Frankenstein's Creature est moins un jeu d'aventure qu'un récit graphique (plus ou moins) interactif dans lequel le joueur interprète le monstre et va tenter à ses côtés de remonter le fil de ses origines. Du côté de son intrigue, le jeu de La Belle Games est plus ou moins fidèle aux épisodes et idées développés dans le livre originel de Mary Shelley, et apparaît rapidement comme une nouvelle variation sur l'histoire de la créature, sans oublier d'évoquer son indissociable créateur, le docteur Victor Frankenstein, qui hante une bonne partie du jeu. On y découvre des tableaux où la créature amnésique doit réagir face aux animaux de la forêt, avant de se confronter aux hommes, avec toute la distance émotionnelle, pour ne pas dire le rejet de l'autre, que cela implique. Le titre tire son épingle du jeu essentiellement par ses parti-pris visuels, une approche graphique particulière et assumée, une direction artistique qui apporte au soft une personnalité indéniable. Avec ses aplats de couleurs, son style aquarelle, The Wanderer : Frankenstein's Creature est une splendeur pour les yeux. On y dirige le monstre qui, dès les premiers instants du jeu, révèle les contours des paysages, écartant un brouillard artificiel au fil de sa progression. Une prise en main simple et déjà une note d'intention d'un jeu contemplatif et atmosphérique, dont l'ambiance romantique et désespérée épouse la déambulation de son personnage, tout au long des différents courts chapitres qui découpent la narration. Soulevant des questions sur la recherche d'identité, l'acceptation de la différence ou l'épanouissement auprès des êtres humains, The Wanderer : Frankenstein's Creature se révèle progressivement en récit d'apprentissage où les choix du personnage, s'ils n'influent pas nécessairement sur la suite de l'aventure, déterminent ses orientations psychologiques.

 

Une jouabilité capricieuse


Déambulation poétique, The Wanderer : Frankenstein's Creature se heurte néanmoins à un gameplay extrêmement limité, quand il n'est pas carrément problématique dans sa jouabilité défaillante. La progression du personnage est fréquemment rendue chaotique et franchement désagréable, gâchant par intermittence l'expérience de jeu. C'est d'ailleurs le principal grief que l'on pourra reprocher au titre : la simplicité extrême de ses contrôles, se bornant à déplacer la créature à travers les différents niveaux du jeu, à répondre à des questions à choix multiples et à participer à des mini-jeux aux concepts et à la résolution simplissimes. De quoi faire bondir les adeptes d'un gameplay huilé et riche auxquels le titre de La Belle Games n'est ouvertement pas destiné. On ne peut également pas négliger une durée de vie extrêmement faible, entre deux heures et deux heures trente grand maximum pour boucler l'aventure. C'est peu, même si les différents embranchements scénaristiques liés aux choix de dialogues effectués par le joueur permettent de débloquer des fins différentes (mais il faudra recommencer le jeu pour essayer les différents choix), on est tout de même en présence d'une aventure très resserrée à la rejouabilité assez relative.

Mais l'essentiel de The Wanderer : Frankenstein's Creature n'est évidemment pas là... Pour qui saura s'immerger dans son ambiance si particulière, le jeu offre un voyage initiatique et une expérience dépaysante, des environnements superbes en adéquation avec la mélancolie qui s'en dégage (les saisons qui passent les unes après les autres). Le tout est renforcé par la superbe musique et le sound design très travaillé signés Alex Burnett, qui s'accommodent à merveille de l'univers dépressif du soft (il est fortement conseillé de jouer au casque). Au final, cette nouvelle démarcation du mythe de Frankenstein saura constituer une proposition enthousiasmante à celles et ceux qui désireraient s'y abandonner, cédant sa part d'interaction ludique à une capacité d'évocation poétique de tout premier ordre.

Nicolas Mouchel








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