EDNA & HARVEY S'éVADENT – ÉDITION ANNIVERSAIRE
Edna Bricht Aus - Allemagne - 2008 / 2019
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »Image plateforme « Nintendo Switch »
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Genre : Aventure
Musique : Finn Seliger
Développeur : Daedalic Entertainment
Durée : moyenne
Langue : Anglais sous-titré en français
Distributeur : Daedalic Entertainment
Date de sortie : 17 juin 2020
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
Sans savoir pourquoi, Edna est enfermée dans un asile. Avec l'aide d'Harvey, son lapin en peluche parlant, elle va tenter de s'échapper…
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évasion à rebours

Plus de dix ans après sa sortie, Edna & Harvey s'évadent est de retour sur nos consoles de salon et PC. À la demande générale ? Pas tout à fait mais la nostalgie a ses raisons que la raison ignore.

Grâce aux déclinaisons vidéoludiques de la franchise The Walking Dead, joliment développés par Telltale Games, le point & click est en quelque sorte revenu à la mode, initiant des jeunes gamers à des sensations et des mécanismes que d'aucuns qualifieront d'antédiluviens. Car la tradition perpétuée par cette frange de jeux vidéos (point & click, tout est dans l'appellation) et notamment par tout un pan de la production de Lucas Arts (la saga Monkey Island!) remonte tout simplement aux « Livres dont vous êtes le héros », où l'issue d'une aventure se détermine par nos choix et notre psychologie plus que par nos réflexes ou notre habileté.
Libre-arbitre et psychologie sont bien évidemment au cœur d'Edna & Harvey s'évadent, avec une bonne louche de psychanalyse. Acte fondateur de la société allemande Daedalic Entertainment (la série Deponia), le récit interactif de l'évasion de la jeune Edna d'un asile à la fois fantaisiste et inquiétant suit les règles du point & click tout y ajoutant quelques idées novatrices, ce qui en fit un petit classique du genre, et à juste titre.

 

Ravalement de façade


Conçu comme un projet de fin d'étude par Jan-Muller Michaels qui combinait l'usage des logiciels SCUMM et Java et s'inspirant largement d'Harvey, un film américain de 1951 réalisé par Henry Koster où James Stewart était conseillé par un lapin imaginaire (d'où le nom de la peluche qui accompage Edna), ainsi que des univers colorés et surréalistes du Dr Seuss et de Tim Burton, Edna & Harvey s'évadent proposait comme grande nouveauté d'interagir avec et de modifier des objets, de s'appuyer sur les souvenirs troublés de son héroïne et même de se laisser guider par des décisions aléatoires. Bien que complexe et souvent retors, ce qui explique une difficulté assez élevée, le périple d'Edna au sein d'un asile où rien n'est acquis, avait su séduire à sortie en 2008.
Peu de choses changent avec cette réédition. Les graphismes sont revus et corrigés pour s'adapter aux écrans larges et à la haute-définition, l'interface de jeu est plus intuitive et réactive et le joueur peut zapper entre la version originale et la version « anniversaire » à tout moment. Et c'est à peu près tout. Et l'ennui, malgré tout, de pointer le bout de son nez à vitesse grand V. Avec son rythme fait d'allers et retours et son absence totale de surprises, Edna & Harvey s'évadent n'a pour lui que son univers si particulier, minimaliste et absurde. Face à une production indépendante qui s'appuie autant sur des franchises populaires que sur un désir d'immersion très contemporain, la relique de Daedalic Entertainment risque d'avoir toutes les peines du monde à séduire de nouveaux joueurs qui, à coup sûr, jetteront l'éponge avant la fin.

Coté téchnique, la possibilité de comparer le jeu tel qu'il fut et tel qu'il est aujourd'hui permet de témoigner d'une mise à jour réelle mais par forcément transcendante. La musique, la lumière, les couleurs et les contrastes y ont amplement gagné mais l'absence de textures, l'animation saccadée et une profondeur de champ limitée (exception faîte des quelques phase de jeu en extérieur) ramènent forcément Edna & Harvey à sa conception de production amateur. À l'exception d'un gameplay qui intègrent les spécificités de la manette et oublie le mode binaire de la souris, 2019 ne se démarque pas vraiment de 2008. Et encore moins des années 90. Au moins, les fans de retrogaming ne se sentiront pas trahis ou méprisés.

Alan Wilson








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