LA-MULANA 1 & 2 : HIDDEN TREASURES EDITION
Japon - 2005/2018
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « La-Mulana 1 & 2 : Hidden Treasures Edition »
Genre : Aventure
Développeur : Nigoro
Durée : élevée
Langue : Anglais
Distributeur : NIS America
Date de sortie : 20 mars 2020
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « La-Mulana 1 & 2 : Hidden Treasures Edition »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Votre destin vous attend dans La-Mulana ! Prenez le contrôle de l'archéologue Lemeza Kosugi et frayez-vous un chemin parmi les casse-têtes, les pièges et les redoutables Guardians afin de découvrir le Secret Treasure of Life. Pour ce faire, il vous faudra faire preuve d'un esprit acéré, d'excellents réflexes et, avant tout, d'un grand courage. Réussirez-vous à percer les secrets de La-Mulana, ou succomberez-vous aux dangers qui vous entourent ?
Partagez sur :
Les aventuriers du rétro perdu

Au jeu de la course au rétro, la compétition est rude pour savoir qui ira le mieux en arrière. De nombreux titres brillent par leur savoir faire et leur ingéniosité, comme Shovel Knight ou Undertale. Mais dans l'ombre, certains jeux aiguisent leurs compétences à un point tel que même les plus avertis les croiraient véritablement issus de la vieille époque. C'est à ce niveau que jouent les titres de la compilation La Mulana...

Dire que La Mulana est une série de jeux rétro serait un euphémisme outrageusement réducteur. Car cette série cultive le passé avec un tel niveau de fidélité qu'elle en simule même les moindres défauts techniques ; elle les embrasse à bras le corps (nous y reviendrons dans la partie technique). Mais cette recherche se développe bien au delà de la technique. Dans les années 80, à l'époque où le jeu vidéo était considéré de manière condescendante comme un sous genre culturel, réservé aux enfants et aux décérébrés sociaux, le cinéma était LA source d'inspiration qui définissait bien des tendances à venir. On pensera à Top Gun (1986) qui donnera After Burner (1987), on pensera au nom de Ripley qui apparaît dans Metroïd, on pensera à Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue (1981) qui donnera Pitfall (1982).... et La Mulana (2005). En effet, affublés d'une veste en cuir, coiffés d'un chapeau outback et armés d'un fouet, les héros explorent les méandres d'un donjon oublié. Ce sont des Indiana Jones qui ne disent pas leur nom ! Et que dire de la jaquette des jeux ! Ils présentent une illustration qui semble dessiné à la main sur du papier, avec des couleurs criardes, fortement contrastés mais qui donnent en même temps une très subtile sensation d'impression délavée. Il ne manquerait plus que le jeu soit vendu avec de la poussière et qu'il faille souffler dans la cartouche pour la faire marcher (toujours déconseillé ... mais possible sur Nintendo Switch ! ).

 

Quai 9 trois quart


Comme tout bon jeu de l'époque, La Mulana se veut difficile. D'aucun dirait même que ça en devient absurde. Ha ça, oui : c'est un simulateur de cassage de dent. La difficulté ne vient pas de l'intelligence des ennemis, qui restent enfermés dans leurs paternes simples et redondante. Non. Elle vient surtout d'un choix de gameplay particulier qu'il appartiendra au joueur de maîtriser : l'inertie du saut. La mécanique du saut dans La Mulana pourrait être comparée à celle de Ghouls and Ghost (Capcom). Une fois que vous êtes en l'air, vous ne pourrez plus contrôler votre personnage, ni même le freiner. Du coup, chaque saut est un saut dans l'inconnu, un saut dans la foi, un saut potentiellement fatal, qui peut ruiner toute votre progression si vous avez mal évalué votre action. Or, le jeu appartient au genre metroidvania. En d'autres termes : la plate-forme est un élément central du jeu. Dans le même temps, votre arme principale est un fouet avec une portée particulièrement réduite et une réactivité déroutante. En effet, l'animation s'étale sur plusieurs frames pour représenter l'allongement de votre arme. Un temps d'attaque un peu poussif, une amplitude réduite et une inertie rigide rendent la des ennemis volants (particulièrement agressifs). Avant d'arriver à faire quelque chose de propre avec votre personnage, il va falloir un peu d'entraînement.

 

Un x n'a jamais marqué l'emplacement d'un trésor


Avec un petit temps de jeu, on finit par comprendre que tout ce qui passait pour être un défaut dans la prise de contrôle a en fait été mûrement réfléchit par les développeurs. Oui, l'inertie des sauts est contraignante mais toutes les plates formes ont été soigneusement placées en fonction de cette inertie. On en vient même à comprendre que cette contrainte a été plus pesante pour les game designers que pour nous, les joueurs. De la même manière, le lent déploiement du fouet révèle un atout caché au bout d'un certain moment. Dans les premières frames de l'animation, le fouet se déploie au dessus du héros et, ce faisant, le protège par le haut. Ce détail se révèle monstrueusement efficace pour contrer les attaques des ennemis volants, qu'on a tendance à craindre au début de l'aventure, tant la gestion du saut est difficile. En somme, un soi disant défaut est rééquilibré par un autre soi disant défaut pour donner un ensemble de jouabilité cohérente. Une fois ce cap dépassé, la difficulté des combats se retrouve allégée mais reste importante. Pour avancer dans les jeux, vous pourrez bien entendu étoffer votre arsenal avec de nouvelles armes. La difficulté des titres de la compilation réside également dans l'exploration qu'ils proposent. Car La Mulana se développe dans un monde truffé d'énigmes variées dont la résolution peut se jouer à... rien. Un subtil détail vous échappe ? Vous voila condamné à errer pendant quelques heures pour comprendre où vous devez aller et comment. Et pendant tout ce temps, bien entendu, il faudra gérer les combats. L'exploration est à la fois le point plus frustrant et le plus prenant du jeu car, en vous obsédant, il vous accroche, vous appelle, vous fait gamberger... et vous revenez dans votre partie.

Si quelqu'un d'autre vous voyait jouer à cette compilation, il aurait certainement tendance à penser que le jeu vol bas. Mais le pad en main, avec du temps, on finit par s'attacher et aimer la détester. Ce n'est pas un jeu qui vous fait forcément rager... mais il abuse « comme même ! »... bon ! Bah j'y retourne.

Sélami Boudjerda














Partagez sur :
 

Sorti initialement en 2005, le premier volet de La Mulana se présentait sous une esthétique 8 bit qu'on aurait pu faire tourner sur NES. C'est à l'occasion de sa sortie sur Wii (2012) que le jeu a subit une refonte graphique pour ressembler à un jeu 16 bit... qu'on pourrait faire tourner sur Super Nintendo. La Mulana 2 se base sur cette esthétique.Tout semble correspondre aux caractéristiques des hardwares mis à l'honneur : la résolution, le nombre de couleurs et de sprites affichés à l'écran, le nombre d'images par seconde, le son... Il ne manquerait plus que la compilation pèse moins d'un méga... C'est véritablement un travail d'orfèvre. Pour offrir une expérience visuelle la plus fidèle possible, les développeurs ont même pensé à proposer une mise à l'échelle linéaire (dans les options : « Dot by dot ») pour éviter le désagrément généré par l'interpolation d'une image basse résolution sur un écran actuels. Pour faire court : ça évite d'avoir une image (trop) floue. Et ça, c'est super cool !

 

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020