POKEMON EPéE & BOUCLIER
Pokemon Sword / Shield - Japon - 2019
Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « Pokemon Epée & Bouclier  »
Genre : RPG
Développeur : Game Freak Inc.
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Nintendo
Date de sortie : 15 novembre 2019
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
À Galar, les combats Pokémon sont un divertissement très populaire ! D'ailleurs, c'est en remportant une compétition pleine de sensations fortes que le Maître de la région obtient son titre ! Vous devrez affronter vos rivaux ainsi que les Champions d'Arène de Galar pour avoir une chance de participer à ce tournoi décisif !
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Alors, on se la joue sur grand écran ?

Exactement un an après la sortie de Pokemon, Let's Go, Game Freak nous présente son dernier né: Pokémon Epée / Bouclier. Mais là où le premier était une refonte des pokemon première génération, sortis sur Gameboy à partir de 1996, le dernier est un épisode complètement neuf qui initie la huitième génération de la franchise. Un Pokémon next gen, donc, qui a attisé les espoirs les plus fous sans pour autant s'être risqué à faire des promesses de dingues. Et il a eu raison.

D'entrée de jeu, la campagne de communication sur Epée / Bouclier avait prévenu: si de nouveaux pokémons verront bien le jour, il ne faudra pas s'attendre à plus de 400 bêtes à capturer. En réalité, ce chiffre est déjà énorme mais à l'issue de cette huitième génération, plus de 890 pokémons sont référencés. Il s'agit donc d'une perte certaine pour les fans de chasse les plus assidus. Officiellement, il s'agissait de pouvoir avoir du temps pour peaufiner les animations des créatures de la version Switch. Passé le temps de la déception, un calcul simple s'est immiscé dans nos petites têtes de gamers: S'il y a moins de pokémons à gérer, il y aura plus de temps pour tout le reste, non ? Le pad en main, on ne peut pas dire que l'amélioration des animations soit vraiment flagrante. En tout cas, pas immédiatement. Mais en poussant l'aventure, on découvre une nouveauté qui présente un panel d'animation tout neuf pour nos pokémons : Le poke camping.
Il s'agit d'une mécanique de jeu qui met à profit vos temps de pause dans l'aventure. En ce sens, il se rapproche de la poké récré ou de la poké détente. Le poke camping permet de renforcer ses liens avec chaque petit monstre de votre pokedex. Placé en vue subjective, le joueur voit ses pokemons déambuler paisiblement et il peut interagir avec eux en jouant (avec une plume, un balle...) ou en leur préparant des plats. Toutes ces interactions sont autant de nouvelles animations qui contribuent à rendre vos monstres toujours plus attachants. Le travail promis a donc bien été fourni.

 

It's cool to go alone


Le poke camping est à associer à une autre nouveauté : Les terres sauvages. Il s'agit là de ce qui se rapproche le plus du fantasme d'un pokémon en monde ouvert. En effet, ces terres représentent un territoire vaste où les joueurs comme les pokémons évoluent librement. Dans cette zone, vous pourrez trouver côte à côté un pokémon de faible niveau à côté d'un autre qui ne fera qu'une bouchée de votre équipe. Qu'ils soient puissants ou non, les pokémons réagiront à votre présence et pourront vous fuir ou vous poursuivre. La météo aura également un impact sur leur comportement et leur aptitude de combat. Les terre sauvages, qui restent tout de même relativement vides en terme d'objectifs de jeu, vous permettront de lever votre poke camping mais également de lancer un raid dynamax, qui représente l'autre grosse nouveauté de cette génération. 
Un raid dynamax est un combat contre un pokémon sauvage sous sa forme dynamaxée. Il s'agit d'une forme de transe qui exacerbe les caractéristiques de la bête, qui est alors géante. Si le raid ne concerne qu'un seul pokemon sauvage par combat, le combat en lui même peut accueillir jusqu'à quatre joueurs (3 amis rejoignent le joueur principal). Une fois le pokémon dynamaxé capturé, il intégrera votre équipe sous sa forme normale. Sa forme dynamax ne peut être retrouvée lors des combats que pour un temps limité, une fois que la jauge associée est remplie.
Pris au pied de la lettre, cette description fait passer le dynamax pour une simple furie, comparable à ce qui peut se retrouver dans bien d'autres titres. Dans le fond, c'est exactement ça... mais dans la forme, sa mise en scène est vraiment réussie. Une fois l'option choisie, le pokémon dynamaxée devient lentement géant, le ciel rougit et le point de vue passe en contre plongée (en grand angle) pour magnifier la taille de votre monstre. Déjà « too much » en jeu, cette mise en scène prend toute son envergure quand le combat se passe dans une arène.

 

retour à la collec' de pin's


À côté des nouveautés qu'il propose, Pokemon Épée / Bouclier se garde bien d'oublier les fondamentaux de la série. Comme chez ses prédécesseurs, la quête des badges reste un impératif pour atteindre la ligue et compléter votre aventure. Mais pour cette génération, les arènes tendent à prendre des allures de (tout) petits donjons à la Zelda. En effet, avant d'atteindre le champion d'arène, vous devrez prouver que vous maîtrisez assez bien vos pokémons en résolvant des énigmes et réussissant des défis là où les précédents épisodes mettaient plus l'accent sur un enchaînement de combats.
Combats contre les champions d'arène se passent dans un stade bondé, avec la présence d'un animateur qui attise la foule. Là encore, la mise en scène, par les jeux de lumière, l'ambiance sonore (notamment le bruit de fond de la foule en délire), et les échanges avec votre adversaire contribuent à rendre le moment particulièrement prenant. Cet qui donne aux arènes et aux badges une importance qui avait eu tendance à disparaître avec le temps.
Une autre tradition de la série se trouve dans la présence d'une équipe antagoniste. Tout le monde se souvient de la team rocket, n'est ce pas ? Pour ce nouveau Pokemon, on ne peut pas dire que le jeu soit à la hauteur de ce qui s'était fait précédemment. L'équipe en question, la team Yell, n'est composé que d'un ensemble de fans qui n'ont pour objectif que d'encourager une dresseuse de pokemon (Rosemary)... et c'est tout. En se limitant à jouer à Osu ! Tatakae ! Oendan !, leurs actions n'auront aucun impact sur l'histoire. Il en va de même pour notre rival (Nabil), qui, s'il n'est pas un ennemi, manque tout de même de mordant. Du coup, nos interactions avec eux laisse du coup place à une certaine forme de lassitude. Nous sommes obligés de les confronter mais pour quelle raison ?


Le manque d'enjeux est d'autant plus marqué que le jeu est particulièrement facile quand on joue hors ligne. Si vous avez un pokémons un peu plus puissant que celui de votre adversaire, le tour est joué. Il est même fort probable que vous puissiez capturer votre pokémon légendaire du premier coup. Du coup, il n'y a aucun mérite à avancer dans ce jeu qui est déjà particulièrement linéaire quand on exclu les terres sauvages. Ce manque d'enjeux global tend à amoindrir tout ce que propose ce nouveau Pokémon qui, s'il a du mérite, reste un jeu agréablement moyen. Un jeu pas mal, mais dont on attendait plus.

Sélami Boudjerda














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Ne tournons pas autour du pot : ce Pokémon n'est pas ce qui se fait de mieux sur Nintendo Switch. Si la direction artistique est fine et maîtrisée, la technique, elle, reste à la peine. Il n'y a qu'à voir Luigi's Mansion 3 ou Link's Awakening, sortis un peu plus tôt, pour se faire une idée de ce que peut proposer la console. Ici, les textures sont souvent faiblardes, le clipping (lié à une faible distance d'affichage) est très visible et la superficie de certaines zones invite presque à la claustrophobie.
Pour beaucoup, cela est dû à la structure même de Game Freak, qui reste une société aux effectifs à taille humaine mais qui doit fournir un jeu tous les ans. De notre point de vu, ce pourrait également être un choix technique lié au public visé : les enfants. Pour diverses raisons (manque d'accès à un écran individuel, besoin d'échanger les pokémons, obligation de suivre les parents...), ce public jouera principalement en mode portable. Il faut donc optimiser le jeu pour proposer un maximum d'autonomie. Vu sous cet angle, ce pokemon a été pensé comme un jeu portable sans prendre en compte les capacités du mode salon, et c'est bien dommage.

 
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