BLACKSAD : UNDER THE SKIN
Espagne - 2019
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Image de « Blacksad : Under The Skin »
Genre : Policier
Musique : Juan Miguel Martin
Développeur : Pendulo Studios
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Microïds
Date de sortie : 5 novembre 2019
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Blacksad : Under The Skin »
portoflio
LE PITCH
À New York dans les années 1950, le propriétaire d’un modeste club de boxe, Joe Dunn, est retrouvé pendu. Dans le même temps, son protégé et meilleur espoir, Robert Yale, est porté disparu. Effondrée par ces terribles nouvelles, la fille de Joe Dunn, Sonia, décide tout de même de poursuivre le rêve de son père, reprend les rênes du club et fait appel aux services de John Blacksad pour enquêter sur cette mystérieuse disparition. Nous sommes à la veille du combat de l’année e...
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Echecs en gants de cuir

Joyau noir de la BD européenne des années 2000, Blacksad nous révèle une nouvelle affaire inédite dans les coulisses des compétitions de boxe américaine dans les années 50. Subtilité, Under the Skin n'est pas un nouvel album mais bien un jeu vidéo.

En seulement cinq tomes frôlant avec classe une certaine perfection, la série crée par Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido a admirablement imposé son univers croisant un anthropomorphisme digne des anciennes productions Disney avec une atmosphère de roman noir cruel, romantique et désespéré. Des enquêtes prenantes, des personnages hauts en couleurs, de l'action, une évocation concrète de la culture américaine de l'époque (le jazz mais aussi le racisme, la mafia, la guerre froide...) sont des qualités que l'on retrouve pleinement dans l'adaptation vidéoludique de Pendulo Studios, créateur des point n'click Runaway. Avec ces nombreux indices à déceler dans le décor, à combiner parfois, ces décors fixes que le joueur balaie du pad ou de la souris, ces nombreux personnages secondaires qui attendent patiemment que l'on vienne leur soutirer les infos, ce Blacksad adhère dans les grandes largeurs aux codes du genre, même si les développeurs tentent de dynamiser un peu l'exploration (en particulier dans la seconde moitié) en multipliant les séquences de castagne à coups de QTE bien placés.

 

quelques part entre les ombres


Il est encore question de respect aux albums originaux, à la reconstitution de ce New York d'après-guerre prêt à entrer dans la modernité, et d'une écriture très particulière inspirée par les grands films noirs, que l'on retrouve efficacement autant dans les multiples révélations qui s'égrènent que dans les nombreux dialogues (relativement bien doublés) drôles et incisif. Ces derniers sont loin d'être gratuits puisque chaque réponse, chaque échange, peut venir modifier les caractéristiques morales du détective et se répercuter sur la résolution finale. Et les choix ne sont pas toujours si évident que cela. Une jolie réussite qui aurait tout pour séduire si les petits gars de Pendulo avaient les épaules aussi larges que leurs ambitions. Car malheureusement la partie technique n'est pas toujours à la hauteur à commencer par une réalisation beaucoup trop statique, aux plans cinématographiques pas toujours des plus pertinents et des flottements incessants dans les cinématiques. Une lenteur visible tout autant dans les nombreux allers-retours que devra effectuer le chat en titre, passant son temps dans sa voiture entre l'appartement de la victime, la salle d'entrainement et son bureau miteux. Ajoutons à cela des modélisations 3D aux finitions aléatoires et des animations du héros digne d'un Derrick en fin de vie, la patience des détectives sen herbe peut-être mise à rude épreuve. Vraiment dommage car autant les connaisseurs de la BD (auxquels de nombreux clins d'œil sont dédiés) que les nouveaux venus ont de nombreuses bonnes raisons de se plonger dans cette authentique enquête policière interactive, au charme hollywoodien indéniable. La bascule reposant sur la capacité de ces derniers à faire abstraction de graphismes un peu fauchés et d'une multitude de bug crispants. Une sombre affaire...

Nathanaël Bouton-Drouard








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Jusque-là cantonné à la 2D, Pendulo passe ici pour la première fois aux outils en 3D. Les contours stylistiques de la BD sont bien préservés avec des designs et des expressions très réussies, mais il est rapidement évident que le studio n'est pas toujours à son aise. Les animations sont faméliques, les modélisations inégales et les environnements gorgés de chemins resserrés et de murs invisibles donnent des sensations d'enfermement qui entrave la liberté du joueur. Même les lieux visités, finalement une petite dizaine, viennent souligner un budget bien trop sec pour ce genre de proposition. Mais le coup le plus violent vient de la finition bâclée du titre dont la masse de bugs physiques ou structurels, peuvent s'avérer désespérants. Des lieux inaccessibles, des objets sur lesquels cliquer ne déclenche plus rien, des menus qui crachent... Et le patch proposé dans la foulée de la sortie est loin d'avoir tout réglé.

 
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