CONTROL
Finlande - 2019
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Image de « Control »
Genre : Action
Développeur : Remedy
Durée : moyenne
Langue : Français, anglais
Distributeur : 505 Games
Date de sortie : 27 août 2019
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Control »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Après qu'une agence secrète à New York ait été envahie par une menace venue d'un autre monde, vous devenez le nouveau directeur qui lutte pour reprendre le contrôle. Cette aventure surnaturelle à la 3ème personne vous mettra au défi de maîtriser la combinaison de capacités surnaturelles, de munitions modifiables et d'environnements réactifs, tout en luttant dans un monde profond et imprévisible.
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Une sale journée au bureau

Le Studio a beau changer de distributeur, de Rockstar à Microsoft et aujourd'hui 505 Games, il ne change pas son fusil d'épaule et continuer de creuser un sillon passionnant. Un nouveau jeu d'action à la 3ème personne donc, un nouveau shooter, et surtout un nouveau trip fantastique et horrifique qui donne le frisson.

Il est indéniable que Remedy est un studio un peu à part. Un créateur de jeux vidéos qui en tout cas construit son catalogue comme un auteur de cinéma sa filmographie : en creusant constamment le même sillon. Et ce n'est pas un défaut puisque depuis le premier Max Payne, les créations phares de Remedy expérimentent, affinent leur gameplay, leurs outils de narration tout en explorant coup à coup la même idée d'un jeu vidéo transmédia. Pas besoin dans ce sens de passer forcément par une série Tv associée, finalement handicapante. Dans Control, une fois encore, il y a deux moyens d'apprécier le scénario. La première consiste à suivre avec plaisir les nombreuses cinématiques, les dialogues sibyllins mais rigoureux et d'attendre passivement les révélations venant gratifier la fin d'une mission centrale. L'autre, beaucoup plus laborieuse, mais valorisante et passionnante, pousse le joueur a s'écarter constamment de la route toute tracée, de découvrir des ailes obscures, de fouiller chaque recoin à la recherche de documents internes, de notes ou de témoignages et de visionner avec avidité les vidéos (oui, même les émissions pour petits) que diffusent les écrans des lieux. Là, Control devient vaste, tentaculaire et mélange allégrement métaphysique et autres concepts ardus de hard SF. Ambitieux, comme souvent, le dernier né de Remedy ne fait en effet que recycler des méthodes éprouvées sur les Max Payne et Alan Wake, mais le fait en poussant les limites toujours plus loin. Le décor choisi, celui d'un gigantesque immeuble moderne de Manhattan servant de siège social à une étrange organisation, peut faire peur avec son décor froid et forcément répétitif de bureaux massifs, mais rapidement l'esprit corporatif vrille dans l'absurde administratif (Jesse Faden devient la nouvelle directrice du FBC), oscillant entre le cauchemar insidieux et le burlesque flippant de Brazil.

 

designer d'intériorité


Toujours associé à l'écriture, l'incontournable Sam Lake joue à nouveau avec les attentes, fait graduellement monter la sauce et finit par tout laisser exploser dans un monde clos, mais gigantesque, ou la géographie ne cesse de se transformer, les structures de valser, les pièces de s'ajouter et disparaitre, voir même de se raccorder, comme tout bon rejeton de Twin Peaks, à des lieux obscures, évocations d'un rêve américain, ou de ténèbres lovecraftienne. Doté d'une direction artistique en béton armée (tout est une question d'illogique interne), aux jeux de lumières (essentiellement rouge) et de matière maitrisé de bout en bout, Control est, malgré son titre, un Third Person Shooter en constante évolution. A la manière d'un Metroidvania en 3D rutilante, le soft avance de concert avec les nouveaux objets de pouvoirs (un coffre, une disquette 8 pouces, un cheval de manège, un cendrier... oui, oui) que Jesse découvre sur son chemin, tout en lui offrant un système de gradation de ses capacités télékinésiques (entre mod pour son arme à feu et pouvoirs personnels) plutôt vaste dans ses possibilités. La réussite majeur de ce système est ce mariage excitant entre le spectaculaire et la puissance de ces capacités, et la facilité déconcertante avec lesquels le joueur les déclenchent sur son pad. Les objets sont projetés sur les ennemis, les balles énergétiques fusent, l'héroïne esquive en plein saut, prend possession d'antagonistes, dresse un mur devant elle... Digne d'un Star Wars Le Pouvoir de la force. D'autant que les environnements sont presque entièrement destructibles... laissant alors parfois un charmant open space avec jardins et fontaine dans un état lamentable, en ruine. Jouissives et électrisantes, ces phases relativement nerveuses qui favorisent très souvent l'attaque et les déplacements rapides, n'empêchent heureusement pas l'apparition de zones beaucoup plus posées en forme de puzzle sobre reposant à la fois sur la maitrise de ces techniques et sur l'observation. L'une d'elle, plongée vertigineuse dans un labyrinthe infini dopé par une piste audio 5.1 tétanisante, résume avec génie cette sensation constante avec Control d'assister à un rêve éveillée.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Quel que soit la version choisie, sur console de base, mouture 4K, ou PC boosté jusqu'à la gueule, Control est relativement inégal. Il est évident que certains passages n'ont pas connu la même finition, laissant apparaitre des modèles 3D un peu juste, de léger bugs, voir parfois quelques ralentissement. Des segments qui gâchent un peu, mais pas tant que ça, car entre la direction artistique maitrisé et élégante, la dimension sonore éprouvée, le casting solide (surtout en anglais, mais la vf est pas honteuse), la fluidité des animations et les modélisations principales, Control est plus que convaincant. Voir parfois carrément spectaculaire lorsque la bataille rangée inclue créatures volantes, glissantes, sentinelles armées et que Jesse virevolte au milieu de tout ça expédiant bureaux complets et obus explosifs dans tous les sens.

 
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