FIRE EMBLEM: THREE HOUSES
Fire Emblem: Fuuka Setsugetsu - Japon - 2019
Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « Fire Emblem: Three Houses »
Genre : RPG
Musique : Takeru Kanazaki
Développeur : Intelligent Systems
Durée : élevée
Langue : Voix anglais et japonais, textes français
Distributeur : Nintendo
Date de sortie : 26 juillet 2019
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Fire Emblem: Three Houses »
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LE PITCH
Le continent de Fódlan est divisé en trois nations, et au centre de celui-ci trône le monastère de Garreg Mach qui abrite l'Académie des officiers où sont formés les futurs dirigeants de Fódlan. Vous y incarnez un mercenaire nomade reconverti en professeur qui doit choisir l'une des trois maisons à diriger pour encadrer le parcours académique de ses étudiants et leurs prouesses sur le champ de bataille. De votre décision dépendra l'avenir de Fódlan…
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d'égale dignité

Cantonnée depuis une bonne dizaine d'année aux machines portables de Nintendo, la saga Fire Emblem revient en grande pompe sur la Switch pour un épisode historique. A la fois le plus risqué et le plus ambitieux épisode depuis des lustres, Three Houses est aussi le plus grand public et spectaculaire. Ca fait beaucoup ?

Les « trois maisons » du titre ne sont pas uniquement celles que choisira de suivre le joueur dans un embranchement scénaristique dans la série à le secret, mais bien aussi les sociétés qui se sont rejoints sur le projet pour confectionner ce nouveau chapitre : Intelligent Systems, Koei Tecmo et Nintendo. Il fallait bien cela pour réussir à accoucher d'un tel monstre, véritable fresque épique où le gigantisme cohabite avec le petit train-train journalier. Le concept semblait en ébauche depuis bien longtemps dans les Fire Emblem mais clairement le monastère de la mouture 2019, ses activités extra scolaire (pèche, jardinage...), ses formations permettant d'améliorer les troupes, les rencontres estudiantines amicales ou romantiques, réussit enfin autant à lier durablement le joueur à ses personnages, à en percevoir la maturation logique qu'à installer la progression du jeu dans le temps, tel une œuvre romanesque. Que les petits cadeaux à distribuer aux love interest, très Visual Noval, ne nous trompent pas, Three Houses a véritablement pour ambition de se rapprocher d'un monument comme Games of Thrones (plutôt les livres en l'occurrence). Une référence constamment perceptible que ce soit dans la masse impressionnante de personnages qui vont et viennent en arrière-plan ou sur les champs de bataille, dans les nombreux dialogues très écrits et chargés d'informations, que dans la mélancolie qui va peu à peu prendre le pas au cours des nombreuses heures de jeux.

 

qui m'aime me suive !


Quelque chose de désespéré, de noir et réaliste où la guerre est présentée comme un carnage de masse et une succession de tragédie intime. Le design des personnages, toujours aussi léger, charmant et manga, appose alors un contraste avec le désespoir galopant et la violence dont font preuve les scènes cinématiques récurrentes du titre. Une vraie atmosphère pour un Fire Emblem qui se déguste véritablement sur la durée et ne commence à dévoiler tous ses trésors scénaristiques qu'au bout de dizaines d'heures (calculez plus d'une centaine pour en voir le bout), tout comme les gains stratégiques lors des batailles. Les puristes vont forcément tiquer lorsqu'ils découvriront que le fameux triangle à la « pierre-feuille-ciseaux » a été mis de coté, mais le gameplay de Fire Emblem, usant toujours de ses maps de jeu de plateau et ses escarmouches en gros plans, se montre beaucoup plus souple et riche. En insistant sur les pièces d'armes et leurs améliorations, en multipliant les techniques de connivence et surtout en ajoutant deux éléments sensationnels : les escouades qui accompagnent les héros et donne au combat un volume et une masse plus crédible, et les gigantesques monstres occupant plusieurs cases et faisant office de boss.

La série stratégique de Nintendo prend clairement une nouvelle dimension, plus vaste, plus grandiloquente. Certains diront, sans doute à raison, que c'est au détriment des racines « tactiques », d'une économie verbale et d'une pureté ludique, mais Three Houses a toutes les armes pour s'installer comme la nouvelle référence de la licence.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Techniquement Fire Emblem Three Houses est loin d'être parfait. Le bâtiment de retrouvailles entre les personnages semble souvent bien vide et manque de vie, les modélisations ne sont pas toujours exemplaires, ennemis et héros ont parfois des traits interchangeables et l'ensemble du programme souffre de décrochages récurrents entre les petits bugs d'affichages et les chutes de framerate. Pas parfait, mais loin d'être catastrophique car jamais un Fire Emblem n'avait présenté autant de belligérants sur un même écran, et encore moins avec ses variations constantes d'échelles. Le jeu est toujours parfaitement lisible, les menus rodés et accessibles et bien entendu la direction artistique est maitrisée de bout en bout. Avec un gros coup de cœur pour la bande originale signée Takeru Kanazaki et la possibilité d'opter pour les voix japonaises qui accompagnent tous les dialogues du jeu.

 
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