THE SINKING CITY
Ukraine - 2019
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « The Sinking City »
Genre : Policier
Musique : Inconnu
Développeur : Frogwares
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Bigben Interactive
Date de sortie : 27 juin 2019
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « The Sinking City »
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site officiel
LE PITCH
Les années 20, sur la côte est des États-Unis. À demi submergée, la ville d’Oakmont est sous l’emprise de puissances surnaturelles. Vous êtes un investigateur et vous cherchez à faire la vérité sur ce qui a pris possession des lieux et corrompt l'esprit des habitants... ainsi que le vôtre.
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Le retour des grands anciens

Après avoir farfouillé dans les enquêtes de l'illustre Sherlock Holmes pendant plus de dix ans, le studio ukrainien Frogwares s'empare de l'œuvre de H.P. Lovecraft pour proposer une nouvelle affaire mystérieuse... mais où la folie guette à chaque coin de ruelles.

Le passage de l'univers victorien à celui de l'Amérique des années 20 revisitée par Lovecraft se fait de manière assez naturelle, surtout que les développeurs retrouvent largement leurs marques dans une aventure mettant bien en avant une trame dite policière, ou en tout cas suivant pas à pas une quête complexe et aux nombreuses ramifications. Dialoguer avec les personnages non-joueurs, visiter les scènes de crimes, explorer les rues, retrouver les suspects, agencer les indices pour appréhender le coupable (idéal ?) : il y a beaucoup de cela dans The Sinking City avec une mise en place d'outils plutôt habile. Les menus permettent ainsi de fouiller sa propre mémoire et d'associer avec justesse les différents éléments et annonce bien souvent les différentes solutions possibles... même les malhonnêtes. L'écriture est encore et toujours maitrisé, autant dans les dialogues précis, littéraires mais pas trop, que dans la progression lente vers un dénuement... apocalyptique. En invoquant ici les cultes de Cthulhu et autres démons cosmiques endormis, Frogware imprègne l'affaire dans des caractéristiques très particulières. Celles d'une forme d'horreur omniprésente, d'un ésotérisme trouble qui permet au héros Charles Reed, marqué par une rencontre quelques temps auparavant, d'user de dons de seconde vue très pratiques, mais qui l'obligent aussi à se confronter à une stabilité mentale de plus en plus défaillante. Il n'est pas rare ainsi de voir son champs de vision parcouru de silhouettes fantomatiques, de bestioles étranges, d'entendre des cris stridents ou de voir le personnage s'emparer d'une arme pour se la poser sur la tempe.  Les anciens joueurs de Call of Cthulhu apprécieront des codes et une gestion de la folie directement hérités du fameux jeu de rôle.

 

L'escalier de jacob


Se plaçant à demi-mot comme une suite de la nouvelle Le Cauchemar d' Insmouth, The Sinking City se veut essentiellement un jeu d'ambiance. Un roman noir, inquiétant, mais contaminé par une eau noire et suintante, par une population monstrueuse, par des cadavres d'animaux venus des profondeurs et pourrissant sur place. Efficace, voir passionnant par instant, le soft aurait largement pu se contenter de tout cela, et de sa construction en jeu ouvert, offrant un accès relativement libre à la ville d'Oakmont à ses secrets et à ses quêtes annexes, s'l n'avait pas voulu jouer sur trop de tableaux à la fois. Visant une certaine accessibilité, les options de bases se montrent ainsi trop permissives dans les erreurs d'enquêtes (on hausse le niveau de difficulté d'entrée pour faire disparaitre les indicateurs trop surlignés), et le soft tente même de glisser quelques modestes ingrédients de RPG (points d'aptitude très anecdotiques) et des moments d'action pour dynamiser ce cauchemar lourd. Prise en main balbutiante, mouvements maladroits, visée aléatoire et caméra en déroute, il est évident dès la première rencontre avec un démon errant, que le jeu n'est pas à l'aise avec ce genre de choses. Idem du coté des explorations subaquatiques en mode Jules Vernes ou même des petits footings paniqués. Jusque-là surtout tourné vers des jeux extrêmement posés et réflectifs, Frogwares se perd un peu en route et ne fait alors qu'accentuer ses défauts fonctionnels, des PNJ interchangeables aux animations rigides en passant par des comportements très peu convaincants. Dommage que le budget ne soint pas à la hauteur des ambitions, car The Sinking City, un peu fauché, n'en préserve pas moins une direction artistique souvent éloquente, une écriture appréciable et un amour communicatif pour les écrits maudits de Lovecaft.

Nathanaël Bouton-Drouard










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En s'essayant à un jeu d'aventure en mode ouvert, Frogware a pris des risques. En particulier parce qu'il n'a pas forcément le même budget qu'un éditeur comme Ubisoft ou Square-Enix. La zone de jeu est donc plutôt étendue, souvent très bien dessinée et organiquement construite, mais rapidement les lieux se montrent relativement vides. Peu de mouvements dans ces rues, où alors quelques scénettes imposées où les PNJ tournent tristement en rond. La qualité des animations est d'ailleurs très aléatoire mais jamais impressionnante, tout comme les modélisations vite simplifiées dès lors qu'on quitte les personnages principaux. On notera aussi l'apparition de quelques bugs un peu gênants avec créatures fusionnées avec les murs, des mouvements dans le vide et autres joyeusetés. Là encore c'est bien souvent l'atmosphère, les jeux de lumières et d'ombres et les détails scabreux recouvrant le pavé qui sauvent les murs.

 
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