THE EVIL WITHIN 2
Psycho Break 2 - Japon / Etats-Unis - 2017
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « The Evil Within 2 »
Genre : Survival-Horror
Musique : Masatoshi Yanagi
Développeur : Tango Gameworks
Durée : moyenne
Langue : Anglais, français, allemand (texte et audio)
Distributeur : Bethesda Softworks
Date de sortie : 13 octobre 2017
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
Trois ans après les événements de Beacon Mental Hospital, Sebastian Castellanos a quitté le département de police de la ville de Krimson pour traquer la mystérieuse organisation Mobius. Cependant il continue à être hanté par ce qu’il a vécu à Beacon, la disparition de sa femme Myra et la mort de sa fille Lily lors d’un incendie. Noyant ses peines dans un bar, Sebastian est alors approché son ancienne partenaire et agent de Mobius Juli Kidman, qui lui révèle que Lily est toujour...
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Un trait d'union ?

Toujours développé par Tango Gameworks et édité par Bethesda, c'est aujourd'hui John Johanas, « responsable » des DLC oubliables du premier opus The Assignment et The Consequence qui occupe cette fois le poste de chef d'orchestre. The Evil Within 2 semble désormais porter l'ambition de replonger les aficionados du tourment d'il y a 3 ans dans leurs souvenirs confus et horrifiques, tout en ouvrant la porte aux joueurs moins expérimentés dans un jeu plus accessible. Pour posséder le courage d'aller braver un monde peuplé d'abominations insurmontables : Ew2 a fait le choix des concessions. Exit Krimson City et le mystérieux Ruvik. Bonjour Union et son monde ouvert plus ou moins labyrinthique. Quid donc d'un volet se voulant l'alternance parfaite d'une aventure cauchemardesque moins linéaire et libre mais aussi moins oppressante et pénible? Le pari semble osé, voir condamnable.

Le « Mal Intérieur » (PsychoBreak en vo) était un premier sentier imparfait mais pétrifiant ayant marqué les esprits en octobre 2014 de par sa difficulté, sa violence et son exigence. Œuvre somme des influences de Shinji Mikami ; père fondateur du chef d'œuvre Resident Evil ; le joueur subissait le calvaire de Sebastian Castellanos dans un monde aussi tortueux et éprouvant que l'était un scénario parfois confus et inutilement opaque.
Jonglant avec des références vidéo ludiques et cinématographiques aussi diverses que Silent Hill, Resident Evil évidemment mais également nombre de métrages horrifiques comme Massacre à la tronçonneuse, Fragile, The Cell, Ring ou les amas de chair de David Cronenberg, The Evil Within premier du nom faisait le pari de devenir une bible des impératifs du survival horror. Quitte à privilégier la multiplication de directions sans parvenir à achever son propos... Flic désabusé évoquant autant le Bruce Willis de Piège de Cristal que Max Payne ou John Constantine, notre héros friable et scarifié recevait un appel radio lui indiquant de multiples homicides à l'hôpital de Beacon. Nous ne sommes effectivement pas si éloigné des aventures advenues dans un certain manoir... Aux côtés de ses collègues : Joseph Oda et Juli Kidman, l'inspecteur s'apprêtait, après la perte de sa fille, à revivre un cauchemar atroce et harassant.

 

la somme de toutes les peurs


Trois ans plus tard, après avoir survécu au chemin de croix, Sebastian traque toujours Mobius pour prouver que son récit n'est ni affabulation, ni divagation d'un homme meurtri. Malgré une santé mentale en équilibre sur un fil d'Ariane synonyme de souffrance et d'abandon, l'inspecteur se bat. À l'évidence à raison, sa persévérance se muant dans ce second volet en voilier naviguant à l'aveugle vers l'espoir d'une fin heureuse. Sa fille serait toujours en vie et la multinationale marionnettiste (suivez mon parapluie) lui propose alors de replonger dans le stem car c'est elle qui, depuis l'incendie, en est le noyau. Capturée certes mais surtout aujourd'hui hors de contrôle. Un marché ? Non un piège irrécusable. Une ville en ruines, une équipe de récupération sous les oripeaux d'un swat à l'oriflamme consumé par le feu : force est de constater que les références sont visibles, voire grossières. Ce ne sera malheureusement pas le moindre des griefs à porter à EW2.

Ouvrant son récit par une introduction classique mais soignée, le soft n'est à l'évidence pas ici pour révolutionner le genre. L'exposition est convenue, l'aventure semble presque déjà familière. A l'image d'une recette - melting-pot des impératifs du genre : le premier EW avait toutefois surpris par une attitude adulte vis-à-vis de son joueur. Sans jamais le prendre par la main, il était même pertinent de le qualifier d'exigeant. Dans la même approche, dès le troisième acte ici, on s'aperçoit avec surprise du dévoilement d'une carte qui sans être vaste, est suffisamment ouverte pour réserver quelques surprises et autres quêtes annexes. On se dit donc aller au-devant de nombreuses déconvenues. Il n'en est rien. Grâce à un talkie-walkie vous permettant de repérer les éléments de crafting, cette map semi-ouverte vous offrira suffisamment de loot pour rouler rapidement sur le jeu en fonction des pièces détachées, armes, sacoches et gel vert (l'ingrédient pour augmenter ses capacités dans le HUB). A vous de voir donc quel genre d'aventure vous souhaitez vivre. Si vous décidez de parcourir de fond en comble la map avant de vous attaquer au scénario, vous devriez rapidement prendre de l'expérience, des améliorations et gagner en confiance. Ainsi, en craftant durant quelques heures, vous deviendrez surpuissant face à des ennemis dont vous ne ferez qu'une bouchée, en mode Sam Ficher ou John Rambo, en privilégiant le skill ou la fuite... Vous êtes prévenus.

Concernant la fuite justement, on conseillera de miser sur votre endurance, réduite à peu de chagrin en début aventure. Un item particulièrement frustrant. Malgré donc un personnage un peu pataud (toujours cette caméra rapprochée...), lent et agaçant (ses sempiternelles expressions de surprises sont incompréhensibles après toutes ces aventures), on prend plaisir à parcourir les allées d'Union. Quelques jump scares au détour d'une porte, des environnements inattendus, les quêtes annexes de la créature aux cheveux noirs...
Ces retrouvailles agréables (comme les crawlers de RE) et références sont effectivement bienvenues. Glauque et érudit, le jeu l'est sans conteste: Alice au pays des merveilles (le miroir), le cinéma horrifique nippon, la symbolique des cauchemars de Freddy Krugger... Saupoudré d'easter egg et de clins d'œil, c'est toutefois peu, bien trop peu pour prétendre à une quelconque claque, voir à un renouvèlement du genre. Le jeu semble ainsi s'inspirer (plagier?) de certains titres avec beaucoup trop d'insistance et, par excès de prudence après un premier volet plus courageux, se contenter d'un parcours convenu sans séquences mémorables.

 

le survival PG8


Mimant jusqu'à la nausée le bijou The Last of us (bien que la formidable Hurleuse n'ait pas à rougir face aux claqueurs), on se prend à pester régulièrement par le manque de personnalité du soft. Système de couverture pompé (jet de bouteilles, assassinats silencieux...), crafting identique, ennemis copiés-collés, on semble même halluciner en revivant une séquence d'Arkham Asylum! Au-delà donc d'un manque de personnalité incontestable, on rage également sur un gameplay ultra répétitif et un rythme saccadé ennuyeux (innombrables allers-retours de sauvegarde, régénération de santé via le café a volonté ou passage à travers le miroir). Ajoutant à cela une absence de TP incompréhensible (les ennemis semble-t-il ne repope pas) et un manque d'écriture flagrant, le jeu est en somme aussi inégal que son prédécesseur. Jamais effrayant, jamais à court de munitions, on aurait adoré rencontrer dans Union des personnalités attachantes, prétextes à des quêtes annexes originales ou des séquences mémorables. Si ce n'est UN pnj qui confiera son histoire et repéré à l'écoute de cris lointains ou la rencontre fortuite de la Sadako-like pour quelques séquences stressantes : nous parcourons les allées en roue libre sans jamais lâcher le pad. L'absence d'énigmes, le bestiaire trop limité et une réalisation inégale laissent donc dans la bouche eux aussi ce gout de souffre préjudiciable.
D'une durée de vie d'une vingtaine d'heures en ligne droite et d'une quarantaine pour tout fouiller à fond, Evil Within 2 est une suite convenue manquant de grandiloquence, de moments chocs : d'ambition. Dommage car certains paramètres peaufinés sont savoureux. Le doublage français de Mira et la lecture de sa dernière lettre, certains boss comme le Mosquito Man ou Obscura, les mises à mort de Stephano (la séquence du théâtre) ou le premiers pas inquiétants dans de nouveaux environnements comme la fonderie ou les catacombes. Mais une addition de différents genres (action, infiltration), environnements (jungle, usine désaffectée) ou expériences n'ont jamais été synonyme d'un grand jeu.

Beaucoup trop référencé: EW2 est donc un titre agréable à parcourir mais sans surprises et au final très décevant malgré un début d'aventure prometteur. Manquant d'imagination (ou sont les pièges, les mécanismes face aux caisses à briser?), doté d'un gameplay bancal (on vous conseille fortement la visée automatique face aux masques de collision hasardeux) et d'un climax trop prévisible; le jeu aurait gagné en maturité et en puissance narrative en misant sur ses points forts. Entendant par là le mixage sonore souvent bluffant, la symbolique proposée (le lait maternel...) et les changements de décors toujours bienvenus. Aucune surprise in fine donc dans son contenu et son intention. L'absence de véhicules, d'armes originales (vous n'utiliserez que le tiers disponible sauf challenge personnel) ou d'IA efficace (on court, on se cache, on tue) sont alors des dommages collatéraux incontestables. Malgré son passage en monde semi-ouvert bienvenu et un challenge corsé pour qui osera se frotter aux modes de difficultés supérieures (pas d'améliorations d'armes, sauvegardes limitées...) et sans être un mauvais jeu, The Evil Within 2 a donc les défauts de ses qualités.

Jonathan Deladerrière






























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Plus fin que son prédécesseur, le jeu correspond aux standards de la génération actuelle. Bien, très loin d'égaler les chefs de files comme Naughty Dog, The Evil Within 2 est toutefois particulièrement convaincant en termes d'éclairages et de jeu d'ombres souvent pertinents. Le gros hic demeure en l'état des visages particulièrement catastrophiques, indignes pour une sortie fin 2017. On retiendra également une intelligence artificielle assez catastrophique et qui abandonne sa poursuite en une dizaine de mètres ou des collisions hasardeuses. Le mixage sonore demeure lui le point fort du titre, son ambiance lourde et oppressante faisant souvent mouche.

 
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