PERSONA 5
Japon - 2016
Image plateforme « Playstation 4 »
Image de « Persona 5 »
Genre : RPG
Musique : Shōji Meguro
Développeur : Atlus
Durée : élevée
Langue : Anglais
Distributeur : Deep Silver
Date de sortie : 4 avril 2017
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Persona 5 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Lycéen venant d’intégrer un nouvel établissement, vous et vos amis formez les Phantom Thieves : un groupe de justiciers aux pouvoirs extraordinaires luttant contre l’injustice et les créatures provenant d’une mystérieuse réalité.
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smells like teen spirit

Saga phare déclinée sous toutes les formes depuis 1996 (jeux vidéo, manga, livres), Persona est l'un des emblèmes incontestables du JRPG se déroulant dans un univers contemporain. Le lycée japonais étant le décors emblématique de la saga, ce cinquième épisode ne déroge pas à la règle, mêlant une fois de plus combats dantesques et passage à tabac de la société japonaise.

A la différence de son cousin américain plus porté vers les promesses d'open world et les heures de jeu à se promener dans un univers programmé, le JRPG, plus dirigiste a toujours privilégié une trame scénaristique forte (ou du moins essayé), pouvant paraitre plus scripté au premier abord. La saga des Persona fait office de référence en la matière et de dernier opus, sublime même le concept. Passé le premier niveau haut en couleur se déroulant dans un casino et et servant d'introduction didactique entrecoupée de séquences animées, le spectateur se retrouve... loin de l'action qu'il pouvait attendre. Lycéen dont il faudra prendre soin de nommer, le protagoniste principal de Persona 5 se retrouve logé loin de chez lui afin d'intégrer un établissement dans lequel il n'est pas le bienvenu. Intéressant pour être souligné, il est rare d'incarner un paria rejeté pour une faute relevant clairement d'un fort problème de société. Pire, personne ne semble tenter de comprendre son acte lui ayant valu l'exclusion de son ancienne école. Le drama japonais est plus que présent et devient au fil du jeu une expérience aussi entrainante que les phases de combats. Se déroulant sur une année, le joueur devra aller en cours, sortir, faire du sport, trouver du travail...avoir une véritable vie, tout en n'oubliant pas de combattre une horde de démons. Des ennemis représentés souvent par des homologues humains dont les repaires se trouvent dans une réalité en miroir des lieux fréquentés au quotidien par les protagonistes.

 

welcome to the jung-le


Si l'exposition des problèmes de société, et en particulier celle du japon, n'est pas nouvelle, elle est ici placée au premier plan. Dans la saga Persona, chaque protagoniste possède un double, une « persona » qui prend le dessus lorsque nécessaire (lorsqu'il faut combattre des méchants, allons droit au but). On sent bien là l'influence de Carl Jung sur l'écriture de la saga. « La persona est ce que quelqu'un n'est pas en réalité, mais ce que lui-même et les autres pensent qu'il est » disait le psychiatre suisse. La double lecture du jeu prend donc tout son sens dans le titre. La persona n'est pas que la doublure super héroique, ou démoniaque, des personnages, mais aussi, à l'image de Superman, leur alter égo « humain », leur masque porté au quotidien pour aller en cours. On peut même appliquer l'idée à l'image renvoyée aux autres par les actions que l'on nous prête. Ainsi le protagoniste principal est il un fauteur de trouble ? Le mauvais élève est il réellement un bon à rien car les autorités en ont décidé ainsi ? Le lecture du double va bien au delà du simple alter ego héroïque.
Derrière Persona, les auteurs créent une immense métaphore dénonçant et enfonçant le système japonais...et tout le monde en prend pour son grade. Parents abandonnant la responsabilité de leurs enfants, policiers, politiciens, professeurs... Tous représentent une forme de déchéance de la société japonaise, qu'ils portent un masque ou non. Il en est de même pour les infrastructures importantes du pays. Ainsi, dès le premier niveau, les héros se retrouvent piégés dans un château maléfique n'étant qu'un miroir de leur propre lycée. De là à voir dans ces lieux fantaisistes, appartenant à l'Autre Monde, un reflet des institutions il n'y a qu'un pas.

Au delà de sa profondeur d'écriture, Persona 5 n'oublie jamais d'être un jeu. Alternant avec un parfait équilibre les séquences de « simulation de vie » poussées avec des phases d'exploration, d'infiltration et de combats, le jeu table sur tout un spectre de gameplay et ne perd jamais sa trame principale dans les multiples choix proposés. L'action se déroulant sur une année, le joueur ne pourra pas uniquement passer son temps à draguer et aller boire des verres. Si, on le concède, le joueur doit accepter de vivre à nouveau dans la peau d'un lycéen pendant la soixantaine d'heure de jeu annoncée, le soft n'apparait jamais comme exigeant, mais plutôt comme un guide. Ainsi, pas besoin de farmer ni de chasser l'XP pendant des centaines d'heures, laissant à chacun plus d'attention au jeu et à l'histoire.

François Rey














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Dès les premières scènes, c'est un festival ! Entre la musique entrainante et rarement redondante de Shôji Meguro et les couleurs vives explosant aux yeux du joueur, Persona 5 place la barre très haute. Les séquences de déplacements et d'interactions bénéficient d'un cell-shading du plus bel effet, appuyé par des cadres et des angles de caméra au service de l'action et du jeu. La visibilité est donc de mise, tout comme le gameplay instinctif et naturel, permettant même au joueur novice une prise en main immédiate. Parfois scripté, le jeu ne donne jamais l'impression de ne pas laisser le choix de la marche à suivre. La modélisation des rues, des bâtiments, ainsi que des donjons, bien que très basique, a pour origine un double parti pris technique et artistique, les concepteurs préférant coller au cell-shading des personnages et exposer des décors peu encombrés. En résulte à nouveau une clarté au service de l'action et de l'animation. Les combats restent toujours haletants et fun, grâce à un menu d'actions simplifié au possible. Il suffit de trois touches environ pour déclencher les pouvoirs les plus compliqués. Tout est donc au service de l'immersion du joueur, jamais entachée par les temps de chargements, lui permettant d'enchainer les longues sessions sans s'en rendre compte.

 
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