STAR WARS BATTLEFRONT
Etats-Unis / Suède - 2015
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « Star Wars Battlefront »
Genre : FPS
Développeur : Dice
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : EA Games
Date de sortie : 17 novembre 2015
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Star Wars Battlefront »
portoflio
bande annonce
site officiel
LE PITCH
Participez à des grandes batailles sur Tatooine, Hoth, Jakku ou Endor, et choisissez entre l'Empire et la Rébellion.
Partagez sur :
La Force en kit

Très consciemment, nous avons fait le choix de repousser notre test de Star Wars Battlefront d'au moins deux mois, afin de pouvoir profiter de tout le recul nécessaire vis-à-vis de son système de jeu. Voici donc notre verdict tardif, et nos espoirs pour l'avenir du projet.

 

Ayant accompagné la sortie triomphante du Réveil de la Force, le Star Wars Battlefront de DICE avait peu de chances de susciter le dédain des fans. Début janvier 2016, le titre avait déjà écoulé plus de 13 millions de copies à travers le monde, soit des recettes de près de 700 millions de dollars. Dès lors très fréquenté, le soft s'assure ainsi une pérennité nécessaire, le gameplay reposant avant tout sur des parties en lignes non scénarisées. Peu de chances, comme cela a pu arriver par le passé, que les serveurs se désertifient, et l'on peut d'ailleurs applaudir à ce niveau l'extrême stabilité de l'infrastructure déployée par EA. Sur plus de deux mois de jeu, aucun souci technique n'a été à déplorer de notre côté, que ce soit en termes de latence ou de déconnexions sauvages. Cette constance s'effectue malheureusement au détriment de la personnalisation des parties : à son lancement, Battlefront aurait dû proposer un système de matchmaking entièrement paramétrable, afin de faciliter les rencontres entre amis rapides. Bien qu'annoncée pour un DLC à venir, l'option fait cruellement défaut au jeu, et souligne une approche très grand public... approche contredite par un gameplay terriblement déséquilibré.

 

Le bonheur du dogfight

 

Afin d'assurer la variété de ses parties en ligne, Battlefront propose de nombreux modes de jeu, scindant plus ou moins les combats piétons et les dogfights endiablés. Proposant à deux équipes d'une trentaine de vaisseaux (dont certains peuvent être contrôlés par l'IA du jeu) de s'affronter au-dessus de terrains plus ou moins célèbres (on notera de magnifiques reproductions de Hoth et Tatooine, sur laquelle nous reviendrons plus loin), le mode "Squadron Leader" obtient largement notre préférence : les affrontements y sont particulièrement épiques, et bénéficient d'un système de visée et d'armes secondaires certes instinctif et arcade, mais néanmoins respectueux des aptitudes du joueur. Deux regrets toutefois, au-delà même du nombre honteusement limité de vaisseaux disponibles. Si les courses-poursuites dans les canyons ou les phases de rase-motte à la recherche d'un bonus spécifique (refroidissement accru des armes, réparation, etc.) font leur effet, on aurait aimé pouvoir s'approcher des croiseurs impériaux ou des mastodontes de la rébellion rangés de part et d'autre du terrain, et bêtement relégués à l'horizon. Alors que les anciens Battlefront permettaient de frôler de gigantesques édifices, voir de s'y infiltrer pour poursuivre le combat à pied, le jeu de DICE nous en prive paresseusement. Même constat pour l'absence de combats spatiaux, lesquels auraient pu concurrencer le superbe Rogue Leader sur Gamecube, toujours inégalé dans le genre.

 

Déséquilibre dans la Force

 

Des dogfights, on en trouve également dans les nombreux types de parties piétonnes, mais n'espérez pas garder votre vaisseau intact bien longtemps. Pour décoller dans une escarmouche classique, on aurait aimé pouvoir rejoindre un hangar, grimper à bord d'un véhicule, et fondre sur l'envahisseur. Trop logique pour les Game Designers, qui préfèrent mettre en place un système de Power-Up abominablement lourdingue. Ici et là sur le champ de bataille, vous trouverez donc des icônes bleutées à l'effigie du bolide concerné. Il vous faudra attraper l'icone... puis presser deux gâchettes simultanément pendant près de cinq secondes, tout juste le temps de se prendre une roquette ou un tir de sniper (ce qui arrive presque systématiquement). Bref, pour piloter un vaisseau dans une partie basique, il vous faudra soit des réflexes surnaturels, soit une sacrée dose de chance. Il en va de même pour votre survie, à vrai dire : étalées sur des décors très vastes, les batailles imposent des phases d'exploration trop longues, souvent interrompues par un gunfight radical, apte à vous envoyer ad patres en moins de deux tirs. En tant que fantassin, n'espérez pas tenir longtemps, et le côté "Die and Retry" du jeu a de quoi se révéler frustrant. Des Power-Up existent également pour se transformer en "Héros" (Luke, Vador, Palpatine mais aussi Han Solo, Leia ou Bobba Fett), l'occasion de tester de nouvelles tactiques de combat (pouvoirs de la force, protections accrues, pistolasers surpuissants, jetpacks). Lesdits héros attirant l'ensemble du feu ennemi dès leur apparition, n'espérez pas faire de vieux os non plus.

 

Côté(s) obscur(s)

 

Bâti sur des rapports de force incohérents et des système de progression mal choisis (au risque d'insister, les hangars auraient été une bonne idée), le Team Deathmatch au coeur de Battlefront nourrit un plaisir de jeu mitigé. L'excellent mode annexe "Walker Assault" parvient toutefois à dynamiser le Gameplay en imposant aux joueurs une approche stratégique accrue (dommage, toutefois, qu'il soit impossible de diriger les AT-AT soi-même). Les modes Cargo, Blast, Droid Run et Drop Zone ne peuvent en dire autant. Le soft aurait pu se rattraper en proposant une campagne scénarisée solide, mais pour une raison qui nous échappe, DICE a préféré se contenter de phases d'entraînement en solo ou écran splitté. Une sacrée déception, car certains de ces niveaux isolés proposent de véritables morceaux de bravoure, notamment un combat en AT-ST sur une planète envahie par les rebelles, ou une course en moto volante à travers la forêt massive d'Endor. Racing Game à part entière, digne en termes de sensations de Star Wars Racer Arcade, le mode est peut-être la plus heureuse surprise de Battlefront, grâce à ses enjeux multiples (il faut non seulement rattraper les rebelles, mais aussi les abattre à coups de laser tout en évitant les troncs géants) et son circuit riches en ramifications et en raccourcis (trois trajectoires peuvent être choisies en permanence). "Son" circuit, car hélas, le mode ne propose au final rien d'autre qu'une mise en bouche, bouclée en moins de cinq minutes. Un choix incompréhensible qui synthétise tout le problème de Star Wars Battlefront : derrière de très beaux atours et quelques véritables exploits, le jeu laisse constamment une impression d'inachevé. Que des contenus en ligne soient annoncés, soit, mais n'auraient-ils pas dû faire partie intégrante du jeu de base ?

Alexandre Poncet










Partagez sur :
 

Visuellement, Battlefront propose le spectacle le plus abouti de l'histoire des jeux Star Wars. Si l'on peut débattre de la gestion de la lumière et du rendu, au vu de ce qu'un fan infographiste est parvenu à réaliser récemment à partir du moteur du jeu, impossible de ne pas applaudir DICE pour le travail accompli sur les modélisations et les textures, tant des personnages et véhicules que des environnements. Endor, Tatooine, Hoth et Jakku offrent des panoramas tout droit sortis des longs-métrages, et les X-Wing, A-Wing, TIE Fighters et TIE Interceptors sont criants de vérité, que ce soit à la troisième personne ou en vue cockpit. Le mode "Squadron Leader" reste sans doute le plus spectaculaire, grâce à une gestion de la profondeur de champ affolante et des nuages dynamiques superbes, propices à des parties de cache-cache en plein dogfight. A noter que s'il est possible de prendre les commandes du Faucon Millenium ou du Slave-One de Bobba Fett dans ces parties aériennes, ce plaisir se fera particulièrement rare, les auteurs ayant eu la très mauvaise idée d'exclure ces vaisseaux des entraînements solo. Une sacrée frustration d'autres.


S'il s'avère très convaincant graphiquement sur Xbox One et Playstation 4, le jeu devient assez renversant sur un PC équipé d'une carte graphique relativement récente. Sur notre i7 cadencé à 3,5 Ghz, soutenu par une GTX 770, le framerate Battlefront n'a flanché à aucun moment en mode Ultra. A noter que la partie sonore est équivalente sur toutes les plates-formes, c'est-à-dire superbe : outre des bruitages puisés directement dans les archives de Ben Burtt, la bande originale mêle des partitions classiques de John Williams à d'excellentes pistes inédites signées Gordy Haab, vétéran de The Old Republic. Formidablement orchestré et arrangé, son travail de composition mérite bien des éloges.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020