FALLOUT 4
Etats-Unis - 2015
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « Fallout 4  »
Genre : Science-fiction
Musique : Inon Zur
Développeur : Bethesda Softworks
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Bethesda Softworks
Date de sortie : 10 novembre 2015
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Fallout 4  »
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LE PITCH
Vous êtes le seul survivant du Vault 111. Vous allez devoir survivre dans les terres désolées, vestige du continent américain après un bombardement atomique... Dans un univers post-apocalyptique, immense monde ouvert aux possibilités infinies, chacun de vos choix sera décisif. Le destin du Wasteland est entre vos mains.
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Cette année, tout le monde attendait farouchement l'arrivée d'un Mad Max sur console, adaptation de la saga cinétique de George Miller. C'était presque oublier que cet univers post-apocalyptique bricolé existe depuis bien longtemps sous le nom Fallout. Dernier épisode en date Fallout 4 ne propose pas de poursuites en bagnoles hérissées de pointes, mais des terres plus désolées que jamais.

Véritable classique du RPG occidental, la saga Fallout entamée sous forme isométrique sur PC en 1997, fut réactualisée en aventure ouverte FPS par Bethesda avec Fallout 3. Après un très réussi épisode intermède, New Vegas, confié au talentueux studio Obsidian (les fameux Knights of the Old Republic), le mélange rétro 50's / dépotoir de civilisation revient dans l'escarcelle des créateurs de Skyrim et sur machines dernière génération. Les habitués le savent, cela ne veut surtout pas dire que techniquement le soft va pouvoir concurrencer les dernières grosses productions des studios majeurs, l'offre colossale d'un tel monde ouvert et les petits défauts habituels du studio assurant surtout les habituels bugs à foison, pathfinding complètement à la masse, les modélisations hasardeuses et les animations droites comme des piquets. On ne vient pas à Fallout pour la beauté du paysage (ce qui est presque logique), mais pour la profondeur d'un univers immense et (essentiellement) totalement libre. Du coup les vraies améliorations du moteur du jeu permettent d'accentuer cette sensation grâce à un effort manifeste déployé sur les alternances atmosphériques, les variations climatiques et le temps qui passe offrant autant de points de vue magnifiés par des éclairages maitrisés que des lieux qui évoluent au cours du jeu et des différents évènements qui le constituent. Souvent bluffant alors, Fallout 4 est définitivement un jeu où l'on aime se perdre, explorer, quitte à envoyer des heures durant la quête principale aux oubliettes pour aller dégotter de nouveaux ennemis, de nouveaux alliés, de nouveaux items, de nouvelles aventures dans des coins reculés.

 

sur ma route, oui


Il faut dire qu'une fois n'est pas coutume, le corps scénaristique du jeu se montre un poil moins emballant. Si l'argument de départ reprend les lignes indéboulonnable des Fallout avec son échappée d'un nouvel abri, mais qui cette fois-ci suit un léger détour sur l'Amérique pré-atomique. De quoi servir astucieusement de tutorial, mais aussi d'amener intelligemment la création de son avatar (homme ou femme bien entendu) et d'initier un atour plus intime qu'à l'accoutumé avec le vol du fils alors que le héros est cryogénisé. Un bon démarrage dont on perdra un peu l'énergie par la suite, trop occupé à prendre partie pour l'une des trois factions en place (dont la récurrente confrérie de l'acier) et à tenter de voir clair dans des dialogues à offre multiples mais dont l'implication peut se montrer aussi nulle que totalement cataclysmique pour la suite de l'histoire. Grande qualité jusque-là des Fallout, l'écriture manque ici de subtilité, passant du déni total du point de vue du joueur, à quelques révolutions assez mal amenées. Très dommage, en particulier lorsque toute la prise en compte « karmique » et les connexions avec les nombreux collègues au background très variable semblent bien souvent assez artificiel. On sent l'aspect mécanique de ce travail, qui d'ailleurs passe régulièrement à coté des notes humoristiques pourtant nécessaires.

 

construire plutôt que détruire


Cependant Fallout 4 ne passe pas toujours à coté de son énorme potentiel et les améliorations, plus que les nouveautés, sont nombreuses, à commencer par un système d'évolution S.P.E.C.I.A.L. plus clair et surtout plus large dans son offre et ses combinaisons. Le Pip-boy lui, toujours aussi low-tech est accessible désormais sur téléphone ou tablette via une application gratuite, permettant plus de fluidité. Plus subtile, mais tout aussi indispensable, les fameuses altercations en temps réel (mode FPS, oublies le TPS c'est dégueux) propose toujours en option les tirs localisés en mode V.A.T.S., limités par des points d'action. Mais celui-ci ne gèle plus l'action, se contentant de la ralentir, obligeant le joueur à se montrer efficace et pertinent dans sa tactique. Enfin, et c'est considérable, le looting qui jusque-là consistait à récolter des tonnes d'objets abimés, de matériaux pesants, mais surtout essentiellement inutiles, deviendrait presque le nerf de la guerre avec l'apparition de campements à gérer et protéger. Un pan du soft totalement annexe, que certains préféreront laisser de coté, mais qui pourtant s'avère assez gigantesque. Tous les objets les plus insignifiants peuvent donc ainsi entrer dans la formule permettant de construire baraques en tôles, meubles ou objets de défense, permettant d'améliorer sans cesse ses petites colonies. Des lieux d'hébergements pour les alliers laissés en plan, mais aussi de commerce, et délivrant, cela va de soi, quelques quêtes supplémentaires ainsi que des points d'EXP à l'utilité indéniable. Un atelier de création un peu désarticulé parfois, mais qui rapidement se révèle aussi chronophage que passionnant. Surtout que de la même manière, et avec une certaine dose de réalisme, le crafting concerne dans la foulée les armes, les protections et les énormes armures iconiques.

Assez juste dans le souffle de son récit, Fallout 4 possède pourtant toutes les armes pour annihiler la vie sociale du joueur : le monde ouvert est gigantesque et regorge de trésors dans les recoins les moins visibles, offre de nombreuses options emballantes et toujours aussi cette vision décalée, ironique et guignolesque du post-apo. Pas forcément la bombe atomique que l'on attendait, moins couillu d'une certaine façon que le précédant New Vegas, mais franchement la survie n'a que rarement été aussi prenante.

Nathanaël Bouton-Drouard


















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Déjà un gros souci sur la génération précédente avec deux titres qui affichaient des modélisations vieillottes, des couleurs baveuses et surtout des perditions dans tous les sens, l'habillage esthétique de Fallout 4 gagne tout de même à son arrivé sur Xbox One et PS4, ou sur un PC bien équipé. Du coté des intensités atmosphériques et géographiques tout d'abord, avec une pluie qui trempe jusqu'aux os, un sable qui semble s'insinuer partout ou plus sobrement un horizon qui laisse découvrir un monde aussi dévasté que celui de Ken le survivant (de l'enfer). C'est parfois admirablement peint, mais toujours un peu juste dans les modélisations, les textures ou les animations, dont certaines en deviendraient presque drôles. On dénote d'ailleurs toujours autant de défauts de programmation avec les éléments qui apparaissent et disparaissent, les ennemis ou confrères qui se perdent dans les couloirs, les fusions de matières et les baisses impressionnantes de framerate. On est encore très loin de la modernité ici, mais heureusement Fallout 4 réussit souvent à se rattraper grâce à sa direction artistique impeccable. Un point souvent porté d'ailleurs par l'angoissante et riche bande originale toujours signée Inon Zur et des dialogues entièrement doublées, qui même en français sonnent juste.

 
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