PROJECT ZERO: LA PRêTRESSE DES EAUX NOIRES
Zero: Nuregarasu no Miko - Japon - 2014
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Genre : Survival-Horror
Musique : Inconnu
Développeur : Tecmo Koei
Durée : moyenne
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Nintendo
Date de sortie : 30 octobre 2015
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
Yuri, Miu et Ren sont trois âmes sur le point de vivre une rencontre inexorable de destinées. Attirées par le mystérieux mont Hikami, où est tapie une force obscure, il ne fait aucun doute que nul n'en réchappera. À travers les histoires entrecroisées des trois personnages, explorez des appartements abandonnés, des sentiers forestiers sinueux et des tombeaux effrayants, là où la peur vous colle à la peau et où les ombres vous sembleront étrangement pesantes...
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Immortaliser la mort

Sans doute moins célèbre que Resident Evil ou Silent Hill, la saga horrifique Project Zero (aka Fatal Frame en US) existe pourtant depuis 2001 et est particulièrement appréciée au Japon, sans doute grâce à l'omniprésence des mythes shinto. Cinquième opus, La Prêtresse des Eaux Noires vient rappeler sur WiiU le choc des images.

Depuis ses débuts sur PS2 avant d'être kidnappé par Nintendo, Project Zero cultive ainsi deux grandes particularités. La première est de développer une mythologie qui tourne uniquement autours des croyances de l'archipel entre poupées glaçantes, esprits vengeurs et jeunes filles silencieuses aux longs cheveux noirs. L'autre est de proposer comme seul et unique moyen de défense un appareil photo mystique, la camera obscura, permettant de repousser les esprits et libérer leurs âmes. Un outil qui malgré une tentative assez logique, mais très limitée, sur 3DS avec Le Mémoire maudit, trouve ici enfin toute sa dimension subjective grâce au Gamepad. L'accessoire, qui peut aussi afficher la carte de zone ou doubler l'écran de télé, se brandit donc au moindre bruit ou légère apparition comme un appareil photo, la visée se déplaçant grâce au stick mais aussi au capteur gyroscopique. Rapidement différents types de pellicule viennent augmenter la puissance des shoots, des filtres d'objectifs varient les effets, pour un rendu assez efficace en particulier lorsqu'il faut changer l'angle de prise de vue pour cadrer le maximum d'émanations d'un coup. De très bons moments de tension, où les hurlements et gémissements semblent sortir de toutes part (et du Gamepad), mais qui n'attenuent pas l'un des problèmes de gameplay de la série : la rigidité. Toujours droites comme des balais et molles comme des serpillières, les héroïnes se savent pas vraiment se déplacer efficacement, et la camera obscura, malgré le grand angle, se fait rapidement dépasser dès que plusieurs ennemis se mettent à galoper dans le décor. Frustrant. Mais cela pourrait pousser les plus perfectionnistes à refaire les anciens chapitres pour améliorer son score et obtenir de nouveaux bonus. Pourquoi pas.

 

le bon profile


Mais là encore, il faut s'armer de patience tant le découpage de La Prêtresse des Eaux Noires, alternant couloirs étouffants et zones vaguement ouvertes, usent de la construction labyrinthique pour obliger régulièrement le joueur à explorer à la lumière de sa torche des zones déjà connues, ou simplement bifurquer à un petit croisement encore sombre. Outre le manque d'environnements, ce Project Zero perd d'un même mouvement une part d'efficacité puisque rapidement le joueur apprend à reconnaitre les lignes de circulations des fantômes. Heureusement à coté de ces mouvements assez hiératiques et ces avancées laborieuses, l'épisode retrouve tout de même toute la tension vénéneuse attendue. Plongées dans un décor de montagne décharnée, lieu maudit par les multiples suicides et les sacrifices d'autrefois, les trois héroïnes se retrouvent victimes d'une expérience aussi terrifiante que les premiers Ring ou The Grudge, harcelées à l'improviste après avoir été laissées seules des minutes durant dans des ténèbres inquiétantes. La direction artistique exemplaire, jouant habilement sur la rareté des éclairages, la dégradation des décors et quelques rares jump scares, preuve d'un vrai talent dans la mise en scène et les ambiances sonores. Un vrai cauchemar vidéo-ludique, au scénario assez prenant, que certains auraient sans doute aimé plus épincé... Et on ne dit pas cela pour les costumes proposés en téléchargement au japon, qui affublait les très jolies demoiselles de simples sous-vêtements en lieu de vêtement. Lorsque l'on connait l'importance de l'eau dans cet opus (plus les filles sont mouillées, plus elles attirent la malédiction sur elle) on se retrouvait alors avec quelques séquences assez douteuses. Heureusement Nintendo a optée pour plus de sobriété en occident, avec des skins de Zelda et Samus, peu utiles mais amusants, laissant tout de même le soin aux vêtements classique de se coller langoureusement sur la peau après un petit passage sous la pluie. Un peu de rêve entre deux cauchemars ?

Nathanaël Bouton-Drouard












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Produit par Tecmo Koei, les Project Zero ont toujours su dissimuler une certaines froideur technique derrière un habillage envoutant. C'est ici une fois encore le cas avec dans le détail des modélisations trop sobres sur les décors et les ennemis, des animations qui manquent de souplesse et des textures pas toujours précises. Mais les éclairages cachent aisément le pire, tandis que le choix des couleurs, l'utilisation de certains lieux évocateurs (les autels par exemple) se révèlent particulièrement réussies. Enfin, comment passer à coté des demoiselles aux visages particulièrement agréables dans les phases de jeux et plus encore dans les cinématiques ?

 
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