PERSONA 4 GOLDEN
Japon - 2008/2012
Image plateforme « PS Vita »
Image de « Persona 4 Golden »
Genre : RPG
Musique : Shōji Meguro
Développeur : Atlus
Durée : élevée
Langue : Anglais
Distributeur : NIS America
Date de sortie : 22 février 2013
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Persona 4 Golden »
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LE PITCH
Découvrez la vérité qui se cache derrière cette étrange rumeur : si vous regardez l'écran d'une télévision à minuit un soir de pluie, le visage de votre âme sœur vous sera révélé. Entrez dans le monde mystérieux tapi derrière l'écran de la TV, et résolvez le mystère avant qu'il y ait d'autres victimes.
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Auto Portrait

Le RPG japonais moderne, sous l'impulsion de Square-Enix et les déviances de Final Fantasy, s'est finalement transformé en blockbuster surdimensionné, en mettant plein la vue, mais perdant peu à peu de son particularisme. Et si les aventures les plus spectaculaire ne nécessitaient pas de d'apocalypse délirante, mais avaient plutôt besoin de revenir à quelque chose de plus intime ? Voici Persona 4 Golden, ou l'une des plus belles aventures RPG de ces dernières années.

 

Dès la sortie de son premier épisode en 1987, la série des Megami Tensei (puis Shin Megami Tensai) avait l'étrange ambition de dévier des déjà très habituels univers d'Heroic Fantasy associés au RPG. D'où un contexte plus actuel et surtout des scénarios complexes piochant dans l'ésotérisme et l'étrange. Dérivés presque psychanalytiques, les Persona ont poussé le bouchon jusqu'à se concentrer sur le quotidien de lycéens dont la petite vie va se voir grandement perturbée par quelques manifestations paranormales. Dernier épisode en date, Persona 4 a fait les belles heures de la Playstation 2 en proposant ni plus ni moins que l'aboutissement du concept et de sa lente maturation, et trouve un nouvel élan avec ce portage PS Vita, renommé Golden pour l'occasion. En dehors de quelques options en ligne (visionner les choix moyens des joueurs, appeler temporairement à l'aide...), une difficulté revue à la baisse, une fin supplémentaire et un déluge de bonus plus ou moins indispensables (séquences supplémentaires, costumes sexy, vidéos accessibles dans le menus), Persona 4 affiche encore et toujours les mêmes qualités et surtout la même inventivité.

 

révélations

 

Ce basant largement sur les expérimentations de l'épisodes précédents (Persona 3 donc), le soft décrit l'enquête d'un lycéen presque comme les autres qui va découvrir avec ses amis qu'une chaîne de télévision n'émettant que les nuits de pluie annonce les futures victimes d'un sérial killer. Curieux, surtout que la joyeuse bande qui s'étoffe lentement au cours de l'aventure réussit à passer dans un monde parallèle hostile et coloré, composé de plusieurs donjons, où échouent justement ces proies, piégées finalement par leur subconscient ou du moins l'image d'eux-mêmes et des pulsions qu'ils tentent de dissimuler aux autres. Toujours aussi fascinante, cette thématique de l'identité qui porte nombre d'animes et de mangas (on pense beaucoup à Hideaki Anno et ses Evangelion ou KareKano) se règle une fois encore ici en apprenant à s'accepter et à se dépasser. La proximité avec les séries animées japonaise est d'ailleurs loin d'être fortuite puisque en plus de superbes cut-scenes, on retrouve ici ce mélange très particulier entre personnages outranciers, presque caricaturaux, romances adolescentes et aventures bardées de superpouvoirs, mais avec toujours en amorce cette description loin d'être naïve des errances de cet âge pivot. Persona 4 est profondément ancré dans l'adolescence (comme l'excellent Catherine de la même équipe décortique le « jeune adulte »), reprenant ainsi à son compte ce besoin d'apparence et de protection, autant que ce caractère hors norme, excessif. D'ailleurs si les conflits et les mystères se déjouent lors de combats au tour par tour, avec une très classique (mais réussie) gestion d'expérience et d'équipement, de magie, d'habilités spéciales et surtout de « faiblesses » à certains éléments, chaque action de ce type se révèle n'être qu'une répercussion des choix effectués par le joueur dans le monde dit « normal ».

 

Les uns et les autres

 

Au vu de cet agenda bien rempli, il n'est pas si facile de trouver le temps de faire monter ses niveaux et de sauver son prochain lorsqu'il faut rejoindre le club d'art dramatique ou s'entraîner avec l'équipe de basket, passer ses soirées à bûcher ou à papoter avec les copains, errer dans les auberges de la ville ou tenter coûte que coûte de séduire l'enjouée Chie... La vie du héros est particulièrement encombrée, et chaque jour passe avec son lot de dilemmes, de dialogues à choix multiples, d'examens à préparer et surtout de liens à tisser. Tout repose d'ailleurs là-dessus, rencontrer des personnages, faire leur connaissance, tisser des liens (en anglais Social Link) privilégiés ou non, mais en tout cas s'efforcer de garder le contact, seul moyen d'avancer dans l'histoire et de faire évoluer les capacités des personnages et l'expérience de jeu : apparition et évolutions de Persona (sortes d'invocations omniprésentes et fusionnables), entraide entre les personnages en pleins combats, attaques combinées, etc. Rares sont les softs à mêler aussi intimement les thématiques du script et l'intégralité de sa grammaire, de son gameplay, particulièrement balisé ici lorsqu'il faut prendre en compte les variations météorologiques ou les habitudes nocturnes / diurnes de chacun. Passionnant de bout en bout sur sa soixantaine d'heures de jeu, doté d'une re-faisabilité totale, attachant, drôle, inquiétant et aussi complexe qu'accessible (pour peu que l'on comprenne parfaitement l'anglais), Persona 4 est un bijou de narration et de RPG. Certains se demandent à quoi devrait ressembler le RPG nippon aujourd'hui. La réponse est toute trouvée.

Nathanaël Bouton-Drouard
















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Plutôt agréable sur PS2 (qui était alors en fin de vie), Persona 4 se voit auréolée désormais de modélisations légèrement plus souples, de textures un poil mieux tenues, mais on reste tout de même légèrement en dessous des capacités de la machine lors du traitement des affichages 3D. C'est un portage certes, mais la direction artistique bigarrée et toujours fofolle rattrape souvent le tableau avec ses designs de créatures improbables ou les petites attitudes animées des personnages. Les arts de ces derniers (lors des phases de dialogues) sont toujours aussi jolis, et l'on en retrouve l'énergie dans des séquences cinématiques animées (dont quelques inédites) superbement produites. Mais curieusement ce qui emballe le plus techniquement, c'est encore et toujours cette bande-sonore electro-pop endiablée signée Shôji Meguro, où sous les notes acidulées perce constamment une pointe d'angoisse.

 
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