CALL OF DUTY - BLACK OPS II
Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « PC »Image plateforme « Wii U »
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Genre : FPS
Développeur : Treyarch
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Activision
Date de sortie : 30 novembre 2012
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
Call of Duty Black Ops 2 propulse le joueur dans un futur proche, au cœur de la Guerre Froide du 21ème siècle, alors que la technologie et les armes ont convergé pour donner naissance à une nouvelle génération de conflits.
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History of violence

Avec Call of Duty : Black Ops premier du nom Treyarch avait provoqué la surprise des joueurs en livrant l'un, sinon le, meilleur épisode de la série. Adulte et incroyablement cinématographique (scénario signé par David S. Goyer), cet opus associait en effet le rythme effréné inhérent à la licence avec un savoir-faire scénaristique incroyable (complexité de l'intrigue, ambiguïté des personnages). Deux ans plus tard Treyarch rempile avec Black Ops 2, cédant, ou presque, à la mode de la guerre moderne, mais ne perd rien des qualités qui faisait la saveur du précédent opus et ce malgré son moteur vieillissant de plus en plus flagrant et son gameplay ultra-codé.

 

Bien connu pour la linéarité de ses campagnes autant que pour leur manichéisme depuis les premiers Call of Duty au milieu des années 2000, la série des Modern Warfare avait fait passer la licence à la vitesse supérieure en transportant le joueur dans des conflits modernes à travers des campagnes immersives et jouissives à la gloire de l'Occident. Et puis Black Ops est sorti de nulle part. Outre le parti prit assez culotté de téléporter une nouvelle fois le joueur dans un conflit passé et traumatique pour l'occident, le jeu prend également le risque de proposer au joueur une expérience beaucoup plus adulte, plus complexe scénaristiquement (la narration en flashback et le traitement de la schizophrénie), chouchoutant sa campagne au détriment d'un multijoueur, forcément moins dynamique et assisté, au grand damne des fans hardcore des Modern Warfare. De retour sur le front Treyarch se devait donc de conserver leur identité, surtout après un MW3 aussi monolithique, et donc de proposer une nouvelle fois aux joueurs une expérience différente. En effet après des jeux comme Spec Ops : The Line, qui lui proposait une expérience réellement novatrice sur l'horreur de la guerre articulée autour de personnage particulièrement bien écris, il fallait, avec Black Ops 2, que les développeurs mettent la barre très haut. Suite directe du premier Black Ops, ce deuxième opus se situe lui dans un futur proche (2025) et propose une vision pour le moins pessimiste du futur, ne serait-ce que pour les États-Unis, coincés au bord d'un conflit mondial et à la poursuite d'un terroriste international qu'ils ont forgés de toutes pièces et qui s'est auto-proclamé nouveau leader du monde. Du Nicaragua au cœur de Los Angeles, en passant par le Yémen, le joueur tente ainsi d'empêcher la suprématie de ce psychopathe. Le véritable atout de cette histoire est alors de proposer un récit à cheval entre deux périodes : les années 1980, où l'on retrouve les personnages du premiers opus, Alex Mason et Woods, etc., et le futur où l'on incarne cette fois le fils de Mason. Magnifiquement retranscrites grâce à un travail sur le son remarquable (le bruit des armes notamment), une photographie incroyablement sensée attribuant une identité propre à chacune des époques, mais aussi et surtout  grâce à un gameplay intelligemment pensé en fonction de l'époque, ces deux époques structurent ainsi une intrigue riche et complexe, construisant par la même occasion des personnages extrêmement ambigus comme jamais un Call of Duty auparavant n'en a traités. Et la séquence au Nicaragua, lors de l'assaut sur la maison de Menedez, en est la preuve la plus flagrante, avec ses nombreux meurtres de civils et son alternance in game entre le contrôle du héros et du grand méchant, tous deux mû par la haine et allant dans la même direction.

 

affaire classée

 

Particulièrement bien rythmé l'intrigue est en plus de cela très longue, plus que celle de son aîné, et propose de réels défis en termes de difficultés ainsi qu'une forte rejouabilité, en raison de quelques choix moraux complexes, mais aussi et surtout missions « Strike Force », l'une des grandes nouveautés de cet opus. Au cours de l'intrigue, le joueur est en effet amener à prendre part à des séquences appelées « Strike force », des missions de stratégie à objectifs où il doit orienter ses troupes en switchant entre les différents bataillons, afin de réussir au mieux sa mission. Sans sauvegarde, le résultat à chacune de ses missions influe ainsi sur le cours du scénario et sur la fin du jeu, créant pour la première fois un vrai intérêt à refaire la campagne d'un Call Of Duty. On regrettera toutefois que ces missions ne soit pas amenées de façon plus logique et ne s'inscrivent pas réellement dans la narration. Pourtant, elles témoignent de la tentative plus que bienvenue de la licence d'abolir le dirigisme et la platitude de ses narrations qui frappe donc ici un grand coup en proposant avec ce Call of Duty : Black Ops 2 de grands moments vidéoludiques, incroyablement jouissifs, au coeur d'environnements beaucoup plus ouverts et donc moins rébarbatifs (fini les Modern Warfare et leurs narrations en forme de couloirs), transcendés par une mise en scène absolument magistrale. On omettra tout de même deux réserves. Tout d'abord, vis-à-vis du fait que le joueur se retrouve ici un peu trop spectateur des séquences jouissives, le jeu franchissant plus d'une fois la frontière pourtant jusqu'à présent maîtrisée par la licence entre cinéma et jeux vidéo. Mais aussi et surtout sur les graphismes, véritable talon d'Achille de cette série qui, a force de vouloir faire trop vite, perd aujourd'hui pied en termes technique. Le résultat n'est pas catastrophique pour autant et certaines scènes étonnent véritablement par leur beauté (la mission dans la jungle lors de l'assaut du laboratoire de Menedez), sublimé par la direction artistique (les séquences dans le futur surtout), ainsi que le travail sur les intempéries qui crées une ambiance somptueuse et donne un cachet aux décors. Toutefois, certaines autres sont vraiment répugnantes (les deux premières missions), surtout lorsqu'on le compare au moteur époustouflant d'un jeu comme Halo 4. Fort heureusement, le jeu compense par son sens du rythme et de la mise en scène. Pourtant, cette faiblesse technique, sur une licence aussi populaire et bancable que Call of Duty, a de quoi déconcerter et finie par empêcher le joueur, à de nombreuses reprises, de jouir pleinement de l'excellence du jeu.

 

la rançon de la gloire

 

Faute d'être à la hauteur en termes techniques le jeu frôle l'excellence en ce qui concerne le nombre d'expérience qu'il propose. Le mode zombie tout d'abord. Dans World at War Treyarch introduisait une mode bonus assez sympathique qui proposait aux joueurs en local de lutter seul ou à plusieurs contre des hordes de zombies. Face à l'engouement général pour ce mode il fut donc reprit dans le premier Black Ops et étayer afin d'en faire un mode conséquent, gratifié un peu plus tard par un DLC cultissime à la gloire de George Romero. Dans Black Ops 2, pour mettre la barre plus haut le studio en fait une partie intégrante du jeu en insérant des modes très différents toujours articulés autour de la survie contre les zombies qui apparaissent sous forme de vagues de plus en plus ardues, promettant ainsi de grand moment des délires multijoueurs. Le mode le plus jouissif est alors celui appelé « Tranzit », dans lequel une équipe de cinq joueurs doit affronter les infectés tout en se déplaçant de lieux en lieux grâce à un bus de la mort qu'il faut bien évidemment défendre.  Toutefois que serait Call of Duty sans son Multijoueur. Ici colossal, il propose évidemment toujours les nombreux modes présents par le passé dans les précédents épisodes comme le « Deathmatch par équipe » en simple ou en hardcore (meurt de façon plus réaliste, pas de radar, etc.), « Recherche et destruction » ou encore le « chacun pour soi », avec également toujours la possibilité de personnaliser classes et atouts. Deux grosses nouveautés font toutefois leurs apparitions. Outre évidemment le contexte futuriste qui entraine l'apparition de nouvelles armes et bonus, tous articulés autour d'armes de destruction massive incroyablement radicales, on constate, dans ce Call of Duty Black Ops 2, un élargissement très conséquent de la personnalisation des équipements, grâce à un système de jetons, permettant non seulement de créer des classes réellement différentes, mais aussi de les adapter à chaque situation, avec un nombre infini de combinaisons. La deuxième nouveauté est un mode multi-équipes dans lequel quatre équipes de trois joueurs s'affrontent dans des Deathmatch basiques ou encore pour des captures de zones. Beaucoup plus coopératif et stratégique que les autres modes celui-ci permet ainsi de faire gagner quelques points de subtilité au multijoueur de la licence. Il alors amusant de constater qu'à l'heure où Halo 4 emprunte pour son multijoueur quelques idées à celui de Call of Duty, lui pour le coup, emprunte ce mode multi-équipes à la licence Halo.
 

C'est d'ailleurs sur le multi-joueurs qu'apparaît la seule variante notable proposée par la WiiU, permettant de déjouer les pièges du split-screen et de remplir brièvement un serveur un peu vide en permettant à un collègue de rejoindre la partie grâce au GamePad. Il pourra en effet suivre sa propre partie sur l'écran portatif de sa manette. Un petit plus qui ne change au final véritablement ni les qualités, ni les défauts de cet épisode.

Quentin Boutel
























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En Multijoueur, que ce soit en mode compétitif ou en mode « Zombie », sans être révolutionnaire, il faut avouer que le moteur graphique tient très bien la route. Fluide, profitant d'une très grande profondeur de champ et d'un design soigné, chacune des maps se révèle être unique et particulièrement agréable à jouer. En solo en revanche c'est une autre histoire. N'atteignant jamais des sommets, le moteur graphique est toutefois capable du meilleur comme du pire. Tandis que les deux premières missions sont très douloureuses (floues, textures grossières, etc.), le passage dans le futur rehausse immédiatement le niveau et livre des décors détaillés, possédant une véritable identité (en partie grâce à des jeux de lumières remarquables) et, plus important, une ambiance pessimiste réellement délicieuse. 
Arrivée quelques jours après les versions 360 et PS3, la mouture WiiU est du même acabit mais profite forcément de l'effet « nouvelle console », et première machine Nintendo HD, pour passer entre les gouttes. Il faut pourtant souligner que le titre est le même que sur les autres supports, avec toutefois de petites baisses de framerate remarquées à quelques occasions. 

 
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