DISHONORED
France / Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « PC »
Image de « Dishonored »
Genre : Aventure
Développeur : Arkane Studios
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Bethesda Softworks
Date de sortie : 9 octobre 2012
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Dishonored »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Dans la peau de Corvo, ancien garde du corps de l'impératrice et incarcéré pour son meurtre, vous devrez user de vos compétences plus variées les unes que les autres pour révéler au grand jour ce complot qui vous a frappé et qui vous fait passer pour l'assassin.
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Peur sur la ville

Annoncé il y a un peu plus d'un an à la Gamescom, Dishonored était attendu comme l'un des titres les plus prometteurs de cette fin d'année. Sorti fin octobre sur Xbox 360, Ps3 et Pc, le jeu d'Arkane, distribué par les célèbres studios Bethesda, est à la hauteur de nos attentes et ce grâce à l'expérience de jeu incroyablement riche et jouissive qu'il propose ! Du neuf avec du vieux, un comble pour un jeu rétro-futuriste !

 

Avec Dishonored le petit studio lyonnais Arkane, à qui l'on doit les très réussit Arx Fatalis et Dark Messiah Of Might And Magic se lance dans le projet un peu fou de proposer au joueur blasé d'aujourd'hui une expérience vidéo-ludique sans commune mesure qui s'articule autour d'un univers visuel extrêmement riche et pourtant sous-exploité qui est celui du Steampunk, du rétro-futurisme. Récit uchronique nimbée de dystopie, Dishonored dépayse immédiatement de par le design très particulier de son univers excentrique, proche de celui de son cousin Bioshock, seule autre incursion récente du jeux vidéo dans ce background si riche de la littérature science-fictionnelle, en encore plus violent, noir et surréaliste. Comme dans Bioshock le jeu d'Arkane s'articule autour de déambulations urbaines, pierre angulaire de l'esthétique rétro-futuriste. En perpétuelle mutation, l'environnement urbain collectionne ici des ambiances des plus variés en fonction des quartiers visités créant une atmosphère somptueuse. D'autant que comme dans Bioshock, les magnifiques choix esthétiques subliment l'univers mis en place tout au long de Dishonored. En effet, le Cell-Shading et son aspect cartoon très coloré crée un choc entre design enfantin et violence graphique ou thématique, accentuant ainsi l'ambiance déliquescente du jeu et distillant une perversité idéale pour illustrer l'innocence bafouée que met en scène le jeu à travers le personnage de la jeune princesse qui plaque son caractère et ses futur choix royaux sur les actes de son mentor, Corvo.

 

tueur d'élite

 

Car contrairement aux déambulations linéaires des deux héros du diptyque Bioshock dans Rapture qui s'articulent autour d'un scénario plus ou moins figé, le génie de Dishonored est de propulser le joueur dans un univers vivant sur lequel sa manière de jouer a un impact direct. La ville enregistre en effet ses choix et le contexte hyperréaliste de la peste et des rues ravagées évoluent en fonction du degré de violence dont il fait preuve à travers le héros.

En effet, outre ses incroyables qualités plastiques le petit bijou des studios Arkane jouit d'un gameplay incroyable aux nombreuses possibilités qui, bien qu'il recycle de nombreux points déjà usités dans d'autres jeux (gameplay ambidextre comme dans BioShock, etc.), se révèle incroyablement jouissif et efficace. A l'instar d'Assassin's Creed, Dishonored peut être vu comme un brillant dérivé d'Hitman, notamment dans la façon qu'il a de proposer un grand nombre de façon d'appréhender chaque mission, impliquant ainsi un fort potentiel de rejouabilité. Le joueur se retrouve donc lâché dans de gigantesques zones qui, outre leur cloisonnement (à l'instar d'Assassin's creed et surtout d'Hitman, la séquence de la fête est d'ailleurs clairement inspiré de la licence d'IO Interactive), offre de nombreux voies d'accès et de nombreuses possibilités pour faire tout ce qui lui plait. D'autant qu'en fonction des méthodes choisie par le joueur, divers pouvoirs et améliorations lui sont proposées afin de perfectionner sa furtivité, ses techniques de combat et donc in fine ses éliminations. Dès lors, d'un joueur à l'autre chaque séquence peut être appréhendée de façon différente, altérant ainsi le héros, la façon dont il est perçu par son entourage, mais aussi et surtout la fin du jeu mettant en en scène les conséquences globales des exactions commises dans des tableaux absolument magnifiques où le héros est illustré de façons plus ou moins reluisantes, mais toujours de façon très iconiques.

 

vengeance aveugle

 

Dès lors, avec un tel univers et un gameplay aussi jouissif et conceptuel on était en droit de penser que le scénario et la fluidité de la narration serait ici secondaire ou en tout cas amoindris et mis au second plan. Toutefois, le jeu coordonne avec beaucoup d'intelligence liberté d'action et narration en resserrant peu à peu le champ des possibilités du joueur à mesure que l'intrigue prend de l'ampleur et que l'étau se resserre sur le héros.  En effet, si la narration est au début anecdotique, en raison d'un enchainement quelque peu mécanique de missions « didactiques », très vite au fil des choix et de la façon dont le joueur appréhende ses premières taches, le scénario se développe pour nous offrir une deuxième moitié de jeu absolument captivante au cœur de décors hallucinants comme ceux des bas-fonds de la ville. Par ailleurs, comme quatre-vingt pour cent des jeux édités et/ou distribués par les studios Bethesda, le scénario s'illustre ici principalement à travers l'univers mis en scène. C'est le cas par exemple dans Borderlands ou encore dans la licence Fallout. Ainsi, à l'instar de films comme Avatar ou encore la saga Star Wars, Dishonored mise sur le dépaysement offert au public grâce à la densité de son monde, un monde complexe où règne la mort et sur lequel veille une divinité païenne au rôle on ne peut plus flou. L'intérêt du jeu, son scénario et par la même occasion sa durée de vie, dépendent donc grandement de l'investissement du joueur et du temps qu'il accordera à percer les moindres mystères de cette ville décadente, à se pencher sur chaque personnages secondaires, ou encore à se lancer à corps perdu à la poursuite des quelques objectifs facultatifs possédant leurs propres choix et influant également sur l'aventure principale (la quête de Mamie Chiffon).

Quentin Boutel
















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Si le moteur affiche ici de nombreuses faiblesses, dont des textures vraiment peu reluisantes, les choix artistiques relèvent considérablement le niveau, notamment grâce à une esthétique somptueuse et sans égale, sublimant les majestueux et sinistres décors du jeu, ainsi qu'à une animation très réussie et une fluidité à toute épreuve qui rendent chaque action très précise et donc le gameplay très agréable.

 
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