DARKSIDERS II
Etats-unis - 2012
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « PC »
Image de « Darksiders II »
Genre : Action
Musique : Jesper Kyd
Développeur : Vigil Games
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : THQ
Date de sortie : 21 août 2012
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Darksiders II »
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site officiel
LE PITCH
Réveillé par la Fin des Temps, Death, le plus redoutable des Quatre Cavaliers légendaires, se lance dans une quête pour annuler l'Armageddon. En chemin, le Cavalier découvre qu'il y a bien pire qu'une Apocalypse sur Terre, et qu'un conflit ancien menace toute la Création.
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Face à la mort

Devant l'engouement (en grand part mérité) créé par la sortie d'un Darksiders plein de surprise, THQ n'a bien entendu pas tardé à confier aux mêmes Vigil Games la lourde charge d'offrir un second opus en bonne et due forme. Pas moins courageux, le studio livre ici une suite directe, narrativement, mais fait dériver la jeune licence vers des paysages inattendus.

On avait laissé War enchaîné, accusé d'avoir provoqué une apocalypse prématurée, c'est donc au tour de Death, son frère, de prendre les armes pour l'innocenter. Le changement n'a absolument rien d'anodin, puisqu'avec ce second cavalier de l'apocalypse, le soft prend une toute autre tournure. Déjà une construction dramatique bien plus précise et étoffée, présentant un personnage loin d'être mutique (même si pas aimable), dont les nombreux dialogues avec des PNJ assez charismatiques apportent une ironie bienvenue à l'ensemble. Habile et revanchard en parole, le « héros » ne l'est pas moins en plein combat. Là où son frère se vautrait dans un bourrinage bien calibré mais des affrontements primaires au possible, Death fait preuve d'une agilité plus excitante, remplaçant le contre par une esquive bien sentie, et accumulant de plus en plus de combinaisons vives et destructrices au fur et à mesure de l'avancée dans le jeu, en jonglant allègrement entre faux principale et armes secondaires. Toujours aussi inspiré par des titres comme Devil May Cry et surtout God of War, Darksiders II ne peut cacher ses influences, mais réussit à leur donner une finition plutôt solide à défaut d'imposer une réelle originalité.

 

A Death to the past

 

Idem du côté de la construction ouverte, oscillant entre donjons, plaines à explorer sur son fier destrier et mini-quêtes indépendantes, qui citent sans vergognes les mécaniques d'Ocarina of time jusque dans le level design (le grappin qui une fois récupéré permet d'accéder à de nouvelles zones), la mise en place des énigmes... Voire jusque dans la découverte des coffres, où l'on croirait presque entendre au  loin une petite mélodie bien connue.  Un peu gênant parfois, surtout que l'opération ne s'arrête pas là, Death s'affichant comme un fier héritier de Prince of Persia en sautant de plateforme en plateforme entre chaque combat, glissant le long des murs, effectuant quelques virevoltes pour accéder à de nouveaux leviers ou autres clefs. Dire que le joueur un tant soit peu expérimenté est en terrain connu est un gentil euphémisme. Heureusement le gameplay est bien pensé, les actions précises et fluides (malgré de petits soucis de caméra), nourrissant tout du long une aventure débridée, réussissant à renouveler sans cesse les plaisirs justement par ces alternances entre les genres et les approches.  Approches auxquelles il désormais ajouter une véritable intégration des manipulations et du crafting façon RPG. Les nombreux équipements à acheter ou à récolter sur les cadavres des ennemis sont loin d'être des gadgets. Si certains ne font qu'augmenter le niveau de défense et / ou d'attaque, d'autres augmentent le pourcentage de découverte d'autres objets rares, développent la jauge de santé, accentuent la probabilité de coups fatals, voire crament le corps des ennemis ou les gèlent en plein vol. Certaines pièces d'équipements dites « maudites » doivent même se nourrir des autres pour faire augmenter leur niveau.

 

warlord

 

L'offre est carrément dense, les combinaisons nombreuses et bien entendu les objets les plus dévastateurs sont cachés au fin fond de la carte. Dans le même ordre d'idée, Death emmagasine de l'expérience, monte de niveaux, et surtout donne à choisir entre deux arbres principaux pour dégotter des capacités supplémentaires : l'un met en avant les performances physiques, l'autre, plus exotiques, se concentre sur la nécromancie avec, par exemple, la possibilité d'appeler quelques goules en renforts. Tout cela donne de quoi occuper de nombreuses heures les plus perfectionnistes, et faire gentiment oublier que l'aventure principale manque parfois de difficulté (reste l'option « Apocalyptique » pour les vétérans) et s'achève tristement en une vingtaine d'heures, bien gâchées par une fin relativement décevante. Ce qui n'était d'ailleurs pas le cas de Castlevania Lords of Shadow, titre très proche dans cette réappropriation des dernières formules à succès du jeu vidéo, mais qui s'appuyait avec force et intelligence sur une licence déjà terriblement charismatique. Et l'atout charme repose ici une nouvelle fois sur les épaules de l'artiste Joe Madureira (Battle Chasers), ex-star du comics reconvertie en star du game-design. Son coup de crayon grandiloquent, son travail sur les contrastes opératiques (boss gigantesques, poses exacerbées) et une palette de couleurs chamarrée donnent évidement à Darksiders II une patte assez unique, une personnalité visuelle parfois déroutante dans son mélange de gothisme kitsch et d'efficacité comic book, donnant cette sensation assez excitante de mettre les pieds dans un monde nouveau. Dommage, force est de constater que cela n'est pas tout à fait vrai...

Nathanaël Bouton-Drouard














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Plus encore que sur le premier épisode, les équipes de Vigil Games font preuve ici d'un sens solide du level design, des modélisations et des animations. Associé aux graphismes charismatiques de « Joe Mad », Darksiders II en impose clairement du premier coup d'œil. Malheureusement en regardant de plus près, les choses sont un peu moins classieuses avec un moteur de jeu qui commence à prendre de l'âge, des placements de caméra pas toujours bien malins, des textures pataudes et une collection de bugs de collision et du programme physique qui peuvent agacer, tout autant que les attendues baisses de framerate. Ce n'est pas une catastrophe, ces défauts se perdant dans l'expérience de jeu et ne venant qu'en égratigner la surface, mais comme le titre de THQ veut se donner des allures de nouvelle référence du genre, il va falloir qu'elle se booste physiquement pour le futur, et prévisible, Darksiders III.   

 
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