MAX PAYNE 3
Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »
Image de « Max Payne 3 »
Genre : Action
Développeur : Rockstar
Durée : moyenne
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Rockstar
Date de sortie : 18 mai 2012
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Max Payne 3 »
portoflio
LE PITCH
Hanté par la mort de sa famille et de Mona Sax, Max Payne rend son insigne et sombre dans l'alcool. Un contentieux avec la mafia new-yorkaise le pousse à fuir le pays. A Sao Paulo, il se reconvertit en garde du corps pour un riche entrepreneur occidental, dont l'épouse va bientôt être kidnappée...
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The rise of Max payne

Annoncé pour fin 2009, Max Payne 3, repris par les studios Rockstar, accumule les reports et subit finalement le même sort qu'Alan Wake, le « survival-horror » maudit de Remedy, créateur originel des deux premiers volets de Max Payne. Après un développement des plus chaotiques (procès pour surmenage, etc.), la nouvelle aventure de celui qui se pose comme un des personnages les plus iconiques de l'histoire du jeu vidéo vient enfin de sortir, le 18 mai 2012 sur Xbox 360 et PS3, et l'on peut d'ores et déjà vous affirmer qu'il n'a rien perdu de sa répartie ni de son habileté à se mettre dans le pétrin et à en sortir flingues au vent et antidouleurs en poche.

 

Sorti sur PS2, Xbox et PC en 2001, Max Payne premier du nom marque une étape majeure dans l'histoire du jeu vidéo. Véritable bijou de narration, transcendé par un gameplay révolutionnaire (bullet time, séquence surréaliste, etc.), Max Payne est un des premiers jeux vidéo à établir aussi nettement un pont entre l'imagerie cinématographique et vidéoludique (les innombrables références aux films noirs autant par son ambiance que par ses dialogues, mais aussi la stylisation des séquences d'action comme des films de John Woo), propulsant ainsi ce dernier dans le domaine des arts et plus seulement comme une élément bas de la culture populaire. Essai transformé en 2003 avec le second volet de ses aventures qui ancre une bonne fois pour toute le soft dans le valhala des chefs d'œuvre vidéoludiques, Et ce en dépit d'un succès commercial plus restreint (trop noir, trop surréaliste, beaucoup moins rythmé). Ainsi, malgré nos craintes relatives au peu de jeux de qualité de Rockstar Vancouvert et au formatage actuel du jeu vidéo d'action, aujourd'hui, plus de dix après la sortie du premier épisode, Max Payne est de retour, plus remonté que jamais !

 

Whisky Stories

 

Ici pas de place pour les doutes. Sous la direction des studios Rockstar, Max Payne 3 se révèle être, pads en main, le digne héritier de cette extraordinaire licence. Encore mieux, séquence après séquence, il apparait être plus qu'une simple suite redondante et nous fait clairement comprendre qu'il ambitionne à être, lui aussi, une œuvre maîtresse dans l'histoire du jeu vidéo en proposant une véritable évolution à la série. Habitués depuis quelques années aux personnages sombres et violents (Nico Bellic de GTA IV, John Marston de Red Dead Redemption, etc.), les développeurs de chez Rockstar proposent ici aux joueurs un héros des plus torturé. Malgré le ciel bleu, la chaleur et l'ambiance festive qui règnent au Brésil, Max est plus que jamais hanté par son passé et les nombreux morts qu'il a laissés derrière lui, qui reviendront d'ailleurs au moyen de séquences flashback. La première partie de l'aventure est ainsi vécue comme une lente descente aux enfers, nourrie par les cultissimes punchlines ou les lamentations du héros sur son éternelle malchance, que ce soit in game ou dans les cinématiques. Le personnage gagne ainsi en profondeur. Structuré autour de la mythologie construite par les précédents opus, le personnage tend à se dégager un maximum des innombrables références cinématographiques qui faisaient le sel des deux premiers volets pour le coup très « postmodernes ». Il acquiert une réelle identité, délaisse les influences de Bogart, Mills (Seven) et autres, pour devenir lui-même cinématographique. Antihéros tout droit sorti d'un film de Tony Scott (on pense beaucoup à Creasy de Man on Fire), il entraîne alors autour de lui la construction d'une véritable évolution esthétique.
Délaissant les cases de BD pour de vraies cinématiques, de nombreux effets de mise en scène font leur apparition (splitscreen, flashs épileptiques, surbrillance de certains mots importants). Tous soulignent dans un premier temps son alcoolisme et sa dépendance aux drogues. Puis, à mesure que l'intrigue progresse, ils deviennent de plus en plus clairs et nerveux à l'instar de l'état psychologique de Max. Quant aux niveaux, eux, ils développent une structure extrêmement bien pensée, alternant sans arrêt entre phases de dialogues et gunfights grâce à des transitions magistrales. Si bien que ces derniers acquièrent (comme dans les films de John Woo) une véritable identité narrative. Tout au long des quatorze chapitres de longueur variable qui nous conduirons de Hoboken à Sao Polo, en passant par Panama, détruisant tout sur notre passage à la recherche de la vérité, le soft se révèle ainsi d'une rare intensité, d'une grande complexité et surtout d'une cohérence d'ensemble presque jamais égalée : viscérale même dans les cinématiques et débordant d'empathie au cœur même des fusillades les plus totales.

 

Payne maximale

 

Rien de tel alors qu'un bon gros gameplay « oldschool » pour sublimer tout cela. Les codes n'ont pas changé et malgré les années, ils se révèlent toujours aussi efficaces. Les fusillades, grâce au bullet time demeurent toujours aussi iconiques et jouissives. D'autant que le soin apporté à la modélisation des mouvements de Max, aux chocs avec le décor, ainsi que l'apport d'un système de couverture ou d'un maintien de la position allongée après un bullet time, font considérablement évoluer le jeu, le dynamisant et accentuant sa dimension réaliste. On pourra ainsi regretter son système d'arsenal, assez restrictif, ainsi que la disparition des grenades. Mais tout cela s'avère parfaitement cohérent avec l'ensemble des choix artistiques du jeu de Rockstar.

Pour étayer cette aventure déjà bien remplie, Max Payne 3 propose, comme dans les deux premiers volets, un mode « Minute newyorkaise » qui, comme son nom l'indique, vous met au défit de finir chaque niveau en une minute ce qui pourra donner du fil à retordre même au plus courageux d'entre nous. Simple comme bonjour au début, il se révèle être dans les dernières missions un challenge qui risque d'en faire devenir chauve plus d'un. En outre, les amateurs de scoring ont la possibilité d'enfiler le costume de Max de leur choix et de refaire les niveaux de l'aventure en essayant d'obtenir le plus gros score possible, grâce aux head-shot et autres exécutions ultra-stylisées. Enfin, jeu 2012 oblige, on note l'apparition d'un mode multijoueur qui s'avère être très bien pensé. Il bénéficie d'un large choix de personnalisations et de modes, allant du classique Deathmatch jusqu'aux modes quelque peu scénarisé, comme on pouvait déjà en trouver dans GTA IV. Les bandes font par ailleurs leur apparition et préparent royalement la venue prochaine du très attendu GTA V.

Quentin Boutel









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Le nombre colossal de décors et d'ambiances différentes, sublimés par les effets de mise en scène très cinématographiques, contribuent au rendu technique particulièrement réussi du soft, d'autant qu'il a eu une phase de gestation très longue. Les détails sont nombreux et, pour notre plus grand plaisir, le décor est hautement destructible. Quant à Max, son animation se révèle somptueuse, que ce soit dans ses mouvements au cœur de l'action ou dans ses émotions lors des nombreuses cinématiques. On regrette dès lors que l'animation des autres personnages laisse autant à désirer (mouvements mécaniques et expressions souvent pauvres).

 
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