METAL GEAR SOLID 4 : GUNS OF THE PATRIOTS
Japon - 2008
Image plateforme « Playstation 3 »
Image de « Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots »
Genre : Espionnage
Développeur : Kojima Production
Durée : élevée
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Konami
Date de sortie : 12 mai 2008
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
Dans un futur proche, un Solid Snake fatigué et frappé par la maladie est envoyé en mission en pleine guerre dans un pays du moyen orient afin de se débarrasser définitivement de son frère jumeaux, Liquid. Mais sur place il découvre que celui-ci est en passe de contrôler le réseau de nanomachines qui influent sur les capacités des soldats du monde entier. Une course contre la montre s’engage, ou le mercenaire va retrouver de vieille connaissance et surtout découvrir la vérité sur ...
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"call him snake"

Second (ou troisième si l'on se montre gentil) véritable évènement exclusif de la PS3, le dernier et ultime chapitre de la saga Metal Gear Solid est enfin disponible à l'échelle mondiale. Un blockbuster attendu au tournant tant les ratés de la série ont su se faire rares (en dehors de deux chapitres PSP, on ne voit pas) ; et surtout, les pistes disséminées dans chaque épisode méritaient bien quelques éclaircissement. De ce côté-là, Guns of the Patriots remplit ses promesses au-delà des espérances.

 

Il est amusant de voir qu'en dehors de leurs numéros accolés au titre, les deux jeux nouvelle génération les plus attendus de cette première moitié de l'année 2008 fonctionnent en totale opposition. D'un côté, le GTA IV de Rockstar repose sur une structure totalement éclatée, offrant une liberté totale où le but est moins d'avancer dans le scénario que d'explorer chaque recoin d'une cité en bourrinant comme un malade le moindre crétin qui ose croiser notre chemin. De l'autre on a donc ce MGS 4, qui continue de jouer la carte des missions demandant patience et discrétion pour avancer dans un scénario à la structure totalement imposée et complexe. Deux approches du jeu vidéo, qui aboutissent chacun à sa manière à une certaine forme d'aboutissement pour peu que l'on accepte le concept de départ. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant que la dernière réalisation d'Hideo Kojima ne soit pas au goût de tout le monde, en particulier de ceux qui avaient déjà craché sur les opus précédents.

 

monstre de cinéma

 

Il faut admettre un fait avant de se lancer dans l'aventure de Metal Gear Solid 4 : plus d'un tiers du jeu consiste à se gargariser des magnifiques scènes cinématique, qui durent de 5 à 60 minutes (!!!) chacune. Des séquences aussi bavardes que fondamentalement explosives avec une mise en scènes solide (mais pourquoi Kojima ne réalise-t-il pas lui-même la version cinéma ?), faisant presque apparaître les phases jouables comme une récréation dans cette réflexion appuyée (trop peut-être) sur les dégâts de la guerre, les limites de la société capitaliste outrancière, la perte d'identité, le tout sous la forme d'un thriller d'anticipation musclé. Le script réussit d'ailleurs à conclure avec brio un récit entamé voici vingt ans sur Nes, en donnant une cohérence à une dizaine de jeux dérivés dont l'arc narratif était déjà relativement complexe. Le papa de Snake se fiche clairement que certains nouveaux joueurs puissent se lancer dans l'aventure sans piger la moitié des références que contient chaque échange dialogué, et s'amuse toujours autant à renvoyer son œuvre à son statut de jeu vidéo. Aussi intelligent que primaire, Kojima se permet au passage de faire appel à quelques notes d'humour scato ou à cadrer les fesses superbes des Beauty & The Beast, sorte de créatures torturées mais diablement sexy.

 

"te concentrer, tu dois"

 

Un jeu complet et complexe donc, qui n'oublie pas de soigner l'approche de chacune de ses missions avec, entre autres, un gameplay agréablement assoupli. Après un départ des plus impressionnants où notre pauvre Snake atteint d'une maladie entraînant un vieillissement accéléré se retrouve en pleine guérilla urbaine, il faudra faire ses preuves dans des passages d'infiltration pure tout droit sortis du troisième opus (particulièrement convaincants, grâce à la nouvelle combinaison caméléon), suivre un membre de la résistance dans les ruelles d'une ville de l'Est, s'échapper d'un guet-apens aux commandes d'une moto, repérer les traces des ennemis en pleine tempête de neige, utiliser des soldats révolutionnaires pour faire diversion et sauver la belle Naomi. On peut également compter sur des boss toujours aussi savoureux et demandant une vraie maîtrise du timing et de son armement. La variété d'action et de gameplay est ainsi franchement emballante et reste qui plus est en totale cohésion avec la construction des nombreux personnages et de l'évolution du scénario, qui nous fait tout simplement regretter que certaines phases interactives paraissent bien trop courtes, voire carrément trop faciles. Impressionnant tout de même de voir à quel point la série des Metal Gear (puis Metal Gear Solid) n'a fait que s'améliorer au cours des années, pour s'imposer en définitive comme l'une des meilleures franchises toutes consoles confondues, et qui a vu l'une des rares naissances d'un véritable auteur dans le monde du jeu vidéo.  

Nathanaël Bouton-Drouard












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Dire que MGS4 est beau est un euphémisme ! Certes quelques petites malins relèveront les trois quatre textures un peu faiblardes ou des baisses de framerate anecdotiques, que l'on peut notamment apercevoir dans certaines cut-scenes, mais on ne peut décemment pas cacher son plaisir devant un jeu qui réussit à passer d'une scène non-interactive à une phase de gameplay sans réelle perte de qualité, et qui affiche des animations tout bonnement somptueuses et des environnements fouillés et réalistes. Des environnements encore plus crédibilisés par une gestion des interactions avec le décor particulièrement développé. Un véritable dépaysement donc, parfaitement accompagné par les compositions tour à tour guerrières ou angoissantes d'Harry Gregson-Williams (Kingdom of Heaven, Narnia) et Nobuko Toda, qui profitent, tout comme le montage sonore, d'une utilisation poussée du format Dolby Digital 5.1. Le spectacle a un prix : en plus des habituels chargements entre cutscenes ou passages d'une zone à l'autre, il faut ici compter sur un temps de loading de 8 minutes environ entre chaque chapitre, le temps que les éléments les plus lourds soient enregistrés sur le disque dur de la PS3. Ca donne juste le temps de se fumer une clope cela dit, comme le fait d'ailleurs ce bon vieux Snake à l'écran.

 
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