CATHERINE FULL BODY
Japon - 2011 / 2019
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « Playstation 4 »
Image de « Catherine Full Body »
Genre : Horreur
Musique : Shōji Meguro
Développeur : Atlus
Durée : moyenne
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Deep Silver
Date de sortie : 3 septembre 2019
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Catherine Full Body »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Vincent est prisonnier d’un cauchemar, obligé de faire un choix drastique entre sa petite amie officielle, Katherine, ou cette incroyable blonde délurée, Catherine, qui vient d’entrer dans sa vie un soir de beuverie. Le pire, c’est que s’il se trompe dans ses choix, il risque de mourir.
Partagez sur :
Under Pressure

Conçu par la Persona Team (spécialiste de RPG), vendu pendant longtemps comme un jeu purement érotique puis comme un drama un poil pervers, Catherine n'a rien à voir avec tout cela. C'est tout d'abord l'histoire d'une superbe blonde, mais c'est aussi une aventure hors du commun entre le survival-horror, le puzzle-game et la comédie romantique. Du jamais vu.  

 

Catherine est l'oeuvre d'un studio très japonais, excellant depuis des années dans la série des Shin Megami Tensei (aka Persona), RPG déstabilisant les habitués par leur contexte moderne et urbain, leur mariage entre réalisme culturel et mythologie shintoïste. Si pour les plus connaisseurs, la première apparition de Vincent se sera faite comme un guest dans Persona 3 Portable, Catherine n'a pourtant rien d'un RPG... et n'a d'ailleurs pas plus à voir avec le moindre genre directement identifiable. L'équipe sort des sentiers battus et s'offre ni plus ni moins qu'un casse-tête géant. Le centre du gameplay est bien là : permettre au pauvre Vincent, pourvu comme seuls vêtements d'un caleçon à pois et d'un oreiller moelleux, d'atteindre le sommet de niveaux composés uniquement de blocs carrés. Pousser, tirer, combiner, utiliser les particularités propres de certains (explosifs, glissants, piégés), et esquiver les attaques de moutons belliqueux et bêlants, voilà en quoi consiste dans l'ensemble le jeu. Simple comme bonjour ? Que nenni : même si après quelques plaintes au Japon la difficulté à été rééquilibrée, les challenges restent de taille, seuls les reflexes et la jugeote pouvant ici faire la différence. Les niveaux sont admirablement construits, plaçant parcimonieusement quelques items aux quatre coins de l'environnement (apparition d'un bloc supplémentaire, escalade directe de deux étages...) permettant à chaque obstacle une multitude d'approches (contourner, reconstruire ou repousser), mais aussi d'annuler jusqu'à 9 actions pour réinterpréter l'ensemble. Il est paradoxalement très amusant de re-parcourir les niveaux, ou d'en découvrir de nouveaux dans le mode Babel, praticable à deux en coopération ou en versus.

 

au saut du lit

 

Mine de rien, le soft fait rapidement l'effet d'une drogue cérébrale, empêchant le joueur de lâcher la manette tant que le sommet n'a pas été atteint triomphalement - et avec un score convaincant. Pas si évident que cela, en particulier lorsqu'une paire de fesses armées d'une langue humide, ou un bébé zombie hurlant « paaaaapaaaa » se lance à la poursuite de Vincent. Car bien entendu Catherine ne s'arrête pas à ces phases de jeu, ces dernières correspondant au cauchemar nocturne du pauvre héros. Ces dernières présentent en effet les tourments d'un jeune homme au carrefour de sa vie, se sentant comme un mouton mené à l'abattoir. Il n'est pas le seul puisqu'entre chaque étage, il croise quelques moutons parlants (en fait d'autres mâles tout aussi paumés que lui), eux aussi lancés dans la même quête : celle du huitième étage symbolisant la libération finale. Les dialogues entre cette gent masculine sont amusants, permettent d'obtenir des vidéos de techniques d'escalade, mais aussi et surtout accentuent la caractérisation du héros par une jauge qui balance entre la recherche de stabilité et d'aventure. C'est que Vincent, jeune homme qui vient de passer la trentaine, voit sa vie exploser lorsque Katherine, sa petite amie, lui apprend qu'il va être père, et qu'il va donc lui falloir se responsabiliser. Comme par hasard, au même moment apparaît Catherine, jolie blonde dévergondée qui finit dans son lit. Entre les deux demoiselles, son cœur (mais pas que) balance... ou pas. Car tout repose sur les choix réguliers du joueur dans certains dialogues, dans les opportunités de répondre à des SMS ou de visionner comme un cochon les photos olé-olé qu'envoie la petite miss.

 

Born to be wild

 

Le titre est ainsi conçu pour et réservé, justement, aux adultes qui reconnaîtront là une vraie question de génération, admirablement écrite et astucieusement parodiée. Jamais très loin du film interactif (on pense à un Heavy Rain irrévérencieux), Catherine est une comédie sentimentale moderne, où l'homme hésite entre poursuivre son éternelle adolescence ou devenir (enfin ?) raisonnable et mature. C'est aussi  un vrai jeu de rôle qui abuse intelligemment de sa construction en épisodes, de sa structure répétitive (cinématique / dialogue /  séquence de bar / cauchemar), comme pour souligner la vacuité de la vie de Vincent. Ses longues errances dans le bar sont symptomatiques de cette mise en abyme stylistique. Le joueur peut se borner à enfiler les verres en papotant avec les potes, lancer un nouveau titre sur le juke box (la BO cligne de l'oeil à d'autres titres Atlus), s'essayer à la borne d'arcade Rapunzel (version oldies et diablement complexe des escalades nocturnes) mais aussi rencontrer le plus de monde possible et tenter de leur venir en aide. De quoi largement impacter sur le déroulement de l'histoire et sur les futures réactions du protagoniste, amenant ainsi la possibilité de visionner neuf fin différentes... que nous ne défloreront pas ici, mais qui valent toutes leur pesant de cacahuètes. Un soft riche, qui se dégusterait presque comme une auto-analyse et dépasse allégrement ses apparence d'œuvre pseudo-érotique (en fait juste une illustration directe mais soft de la sexualité) pour déjouer les attentes, les gameplays et les genres. Car si tout cela pourrait s'apparenter à une immense farce, Catherine est tout autant un thriller horrifique, parsemé de visions sordides, de démons vengeurs et de purgatoire infernal que n'aurait pas renié la série des Silent Hill. Un jeu unique et tout simplement génial.

 

nu intégral


Plus de sept ans après sa parution sur PS3 et Xbox 360, Catherine revient faire tourner les têtes et brouiller les genres, cette fois sur PS4. Si le jeu d'Atlus demeure ce mélange surprenant entre Puzzle-Game hardcore et Visual Novel obsédant, son contenu est largement enrichi, d'où ce titre ambivalent qui devrait résonner à coup sûr chez les amateurs de bon vin. La première nouveauté est de taille puisqu'il s'agit tout simplement d'une troisième « Catherine », jeunette à la candeur irrésistible qui vient ouvrir de nouveaux embranchements scénaristiques aux joueurs les plus aventureux. Cette version Full Body est également l'occasion de revoir quelques mécaniques en intégrant notamment un mode Remix pour les casse-têtes. Celui-ci apporte de nouveaux types de cases, comme les blocs groupés, pour mettre à l'épreuve ceux qui ont obtenu toutes les médailles d'or dans le jeu d'origine. Les débutants peuvent, en revanche, se tourner vers le mode Safety afin de profiter de l'histoire sans risquer de s'arracher les cheveux. Enfin, le studio japonais a bien pris note des tournois organisées autour du jeu, au point d'intégrer un mode de jeu en ligne : les compétiteurs vont alors pouvoir s'entraîner tout au long de l'année pour l'EVO ou tout autre évènement international.

Il paraît ainsi difficile pour les connaisseurs de ne pas à nouveau succomber aux charmes d'une telle œuvre, même si le plus gros de son déroulement demeure familier. Mais, pour les nouveaux venus, c'est l'occasion idéale de découvrir un véritable OVNI, aussi original que captivant.

N.Bouton-Drouard & B. Barny




















Partagez sur :
 

Sans esbroufe ni fioriture, le soft rechercherait plutôt une certaine cohésion esthétique. Des séquences d'escalades (avec délires gothiques bibliques) aux décors du Stray Sheep (le bar), le grand écart est flagrant, et pourtant dans le travail des couleurs, la modélisation en cell-shading des personnages et l'utilisation de musiques groove mêlées de reprises de classiques opératiques, tout fonctionne. Les décors sont d'ailleurs suffisamment détaillés et finement modélisés pour convaincre, tandis que les phases dialoguées alternent brillamment entre des cinématiques 3D aux textures animées et des séquences d'animation pure fignolées par Studio 4°C (Steamboy, segment Kid's Story dans Animatrix). De quoi savourer pleinement les designs de Shigenori Soejima (Trauma Center, les Persona) et en particulier la plastique délicieuse de ses créatures féminines qui décidément font tout pour avoir notre peau.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019