ALICE : RETOUR AU PAYS DE LA FOLIE
Alice Madness Returns - Etats-Unis - 2011
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Image de « Alice : Retour au pays de la folie  »
Genre : Fantastique
Développeur : Spicy Horse
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Electronic Arts
Date de sortie : 16 juin 2011
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
Onze ans plus tôt, un terrible incendie a emporté la famille d'Alice, laissant son esprit pétrifié de terreur. Elle fut alors internée. Mais aujourd’hui le Pays des Merveilles se rappelle à ses bons souvenirs.
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"on est tous un peu fou içi"

Parti quelques temps s'essayer à des relectures plus parodiques que sombres, American McGee revient chez Electronic Arts pour faire revivre aux joueurs son plus beau cauchemar. Bienvenue chez la Reine de cœur, le chapelier fou ou le chat du Cheshire apparemment en plein bad trip.

 

La purge thématique de Tim Burton aura au moins eu le mérite de rappeler à tout le monde le potentiel incroyable de l'univers créé par Lewis Caroll. Si l'on reconnaît nombre de références aux romans (Aux pays des merveilles et A travers le miroir) dans l'énorme production Disney sur-digitalisée, la plus grosse trahison vient clairement de l'aspect polissé de l'adaptation. Pas de relecture tarbiscotée chez Burton, alors qu'il s'agit justement de la principale qualité de l'excellent American McGee Alice, vision cauchemardesque et complètement dégénérée du conte libertaire. Un trip angoissant en forme de jeu d'aventure / plateforme assez classique dans ses mécanisme, auquel son créateur offre aujourd'hui une suite tardive. Et manifestement, si la jolie Alice (aux cheveux noirs) a désormais les pieds un peu plus sur terre, sa mémoire n'est pas totalement revenue et sa psyché est encore dans un joli bordel. La revoici donc en pleine exploration de ce Pays des merveilles qui n'en a plus que le nom, à la recherche de souvenirs enfouis, à la rencontre de personnages définitivement perturbés, manipulateurs, déboussolés et schizophrènes pour un voyage perturbant et gothique.

 

Magical mystery tour


A l'image d'un cerveau parcellaire et défaillant, le royaume est constitué de visions gothiques, de créatures zombifiées ou démembrées, circulant dans des décors imposants mais scarifiés de gouffres sans fond. Aucun doute qu'American McGee (oui c'est bien son nom) ne trahit jamais ici sa vision initiale, renouant avec le mélange d'humour à froid et d'étrangeté glauque qui faisait tout le charme du premier opus. A tel point sans doute qu'il hésite manifestement à s'écarter des bases établies en 2000, reprenant quasiment à l'identique le gameplay un poil daté (heureusement un système de lock s'est ajouté), alternant séquences de plates-formes 3D très aériennes (la demoiselle peut planer) et beat'em all sanglant que vient colorer une esquive bien sentie (la miss se transforme temporairement en flot de papillon). Ces idées esthétiques se mêlent à une aventure techniquement très linaire et balisée autant dans son parcours que sa prise en main, mais qui voit son voyage désormais largement plus étoffé. Alors qu'il fallait à peine une vingtaine d'heures pour achever la première thérapie, Retour au pays de la folie sait s'inspirer de Zelda ou autres classique du genre en multipliant les armes à disposition (couteau de boucher mais aussi poivrier, ombrelle, lapins explosifs...), et surtout en incitant le joueur à découvrir les petits trous de serrures et autres groins volants pour dégotter quelques pages secrètes et/ou bonus. Un titre relativement prenant et profond en somme, dont la richesse imaginative et la relecture aussi irrévérencieuse que respectueuse de Lewis Caroll constitue une fois encore l'atout majeur. Autre raison d'y mettre rapidement les pieds : un code de téléchargement gratuit du premier soft est offert.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Si les recherches esthétiques et narratives sont toujours aussi accrocheuses, force est de constater que ce Alice Madness Returns (titre original) n'a pas forcément toujours les moyens de leur donner corps. Certains détails sont absolument bluffants (la chevelure d'Alice, toujours en mouvement), certains décors s'imposent comme des visions grandioses et grotesques, mais entre les animations parfois saccadées, les modélisations aléatoires, des textures qui crachent un peu et surtout une caméra capricieuse, le titre d'Electronic Arts s'offre un joli coup de vieux dès sa sortie. Heureusement on ne mesure pas la réussite d'un soft à sa force de frappe technologique, mais bien à l'expérience qu'il procure. Et de ce côté-là, il faudrait être fou pour ne pas y trouver un certain plaisir, aussi malsain soit-il.

 
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