ENTRETIEN AVEC AKEMI TAKADA
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Entretien avec Akemi Takada, illustratrice

Illustratrice de talent qui a bercé l'enfance de nombre d'entre nous grâces à ses designs pour des séries devenus mythique comme Max & Compagnie, Creamy, Patlabor ou Lamu, Akemi Takada était l'une des invité vedette du Japan Expo crû 2009. Un évènement en soi (madame reste des plus discrètes), qui aura permis de découvrir plus avant sa vision du métier.

 

Pour commencer, pourriez-vous nous présenter votre parcours ? Etiez-vous dès votre jeunesse attirée par ce milieu ?

 

Au début, je voulais devenir mangaka. Malheureusement, mes parents m'ont dit que, même si je voulais devenir mangaka, je devrais aller à l'université. Je suis donc rentrée à l'université d'arts graphiques de Tama. Ensuite, comme j'aimais beaucoup Gatchaman, tous les mois, j'allais faire des stages à Tatsunokoto. Et sans vraiment connaître beaucoup de monde là-bas, j'ai fini par être embauchée.

 

Avez-vous été influencée par des artistes particuliers, peut-être européens ou américains ?

 

En tant qu'inspiration, lorsque j'étais à la faculté, il y avait tout ce qui était travail sur la couleur d'Alphonse Mucha. Ensuite, je n'ai pas vraiment eu de très grosses inspirations. Au point de vue du travail, il y a monsieur Yoshitaka Amano, qui travaillait chez Tastunokoto à la même époque que moi. Ce n'est pas vraiment une inspiration, je le considère plus comme une sorte de mentor, de professeur.

 

Vous avez à la fois travaillé en tant que freelance et au sein d'un regroupement d'artistes. Est-ce que cela a beaucoup changé votre approche du travail d'illustration ?

 

Je suis devenue freelance suite à la proposition du studio Pierrot de m'occuper du film de Lamu. J'ai alors quitté Tatsunokoto pour être freelance. Je le suis toujours. Quant au groupe Headgear, c'est plus une réunion de plusieurs indépendants dans le seul et unique but de faire les Patlabor. Ce n'est pas vraiment une impression de groupe, plus un regroupement d'individualités.

 

Vous avez travaillé sur une assez longue période. Comment ressentez-vous l'évolution de votre travail ? Les conditions sont-elles les mêmes ? Qu'en est-il du rôle de l'illustrateur au sein du monde artistique japonais ?

 

A mes débuts, la majorité des gens travaillaient à la main, et les techniques d'ordinateur ont ensuite proliféré. Du coup, les gens ont arrêté de se servir du papier comme support et se sont directement servis des effets proposés par la machine. Ce que je tente de faire, c'est de pousser et de montrer tout ce qui est positif dans l'utilisation du papier, des stylos, de la peinture, etc. Je me sers aussi de l'ordinateur, mais la majeure partie de mon travail reste sur papier. Je pense aussi que le gros défaut du travail sur ordinateur est qu'on ne voit pas les différentes couches qui caractérisent le travail d'un auteur. Ce travail est donc perdu, et je dois avouer que j'aimerais bien que la majeure partie des gens qui dessinent apprennent d'abord à travailler avec le papier pour ressentir tout cet effort nécessaire.

 

En fait, acquérir les bases.

 

En dessinant sur papier, on peut avoir plus de sensations et la personne qui va regarder aura aussi plus de sensations et de perceptions du travail effectué. Le travail par ordinateur est moins personnel, avec la machine qui traite derrière. Il serait vraiment bien de pouvoir faire plus ressentir les choses.

 

Vous avez à la fois été character designer et illustratrice. Quel est à vos yeux la différence entre les deux rôles, et dans lequel prenez-vous le plus de plaisir ?

 

A la base, tout est du character design, pour moi. En effet, il exprime un sentiment, un ressenti, qui va s'exprimer ensuite de différentes façons, par le character design pur, pour le design pour les animes ou encore pour la création de bijoux.

 

Vous avez travaillé dans le milieu de l'animation, du jeu vidéo, etc. Vos expériences ont été très nombreuses. Quels furent vos meilleurs souvenirs et, si vous pouvez nous en parler, les pires ?

 

Le meilleur souvenir, c'est le personnage de Creamy, dans le sens où il a un succès sur la durée. L'année dernière, il a eu un revival au Japon et, de plus, il est traité avec beaucoup de précautions et d'attentions par le studio Pierrot et ses responsables. C'est un personnage vraiment grandement aimé, et cela me fait extrêmement plaisir. Pour ce qui est de mauvaises expériences, je ne les retiens en fait pas du tout. J'ai une tendance à être quelqu'un qui aime aller de l'avant, donc tout ce qui est mauvais, je le laisse derrière moi.

 

Depuis quelques années, j'ai l'impression que vous vous faites un petit peu plus rare, en tant qu'artiste. Les projets actuels vous attirent moins ?

 

En vérité, depuis un an et demi, je suis sur un projet dont j'ai un tout petit peu parlé lors de l'Anime Expo, mais je ne peux pas en dire grand-chose pour l'heure, car il est encore en création. C'est un projet très important pour moi, tout ce que je peux dire, c'est que je travaille avec des producteurs avec qui j'ai déjà collaboré. Une présentation devrait avoir lieu l'année prochaine, et la diffusion courant 2011.

 

Vous avez, il y a quelques années, lancé une collection de bijoux. Comment vous est venue cette idée ? Qu'est-ce que vous désiriez faire passer par ce nouveau mode de création ?

 

Un grand fournisseur d'objets divers avait fait une exposition et je me suis rendu compte en me renseignant un peu plus que je pouvais exprimer autrement des personnalités.

 

Vous avez travaillé dans énormément de domaines, on vient de citer la création de bijoux. Y a-t-il encore une envie artistique différente que vous aimeriez assouvir dans les années à venir ?

 

Si quelque chose vient à m'intéresser, cela se fera si l'occasion se présente. De mon côté, c'est véritablement une rechercher perpétuelle. Je cherche constamment à étudier et à apprendre. On m'a même déjà proposé d'être enseignante... et j'ai tout de suite refusé ! Il y les paroles d'une chanson que j'aime beaucoup : « Il faut chercher une réponse sans vrai fondement et faire un voyage sans fondement. »

 

Merci beaucoup de ces quelques instants. Ce fut un grand plaisir.

 

Je vous en prie. (en français dans le texte !)

Dimitri Pawlowski

 

 

 

 

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