SEVEN
Etats-Unis - 1995
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Seven »
Genre : Thriller
Réalisateur : David Fincher
Musique : Howard Shore
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 7.1, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 127 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 23 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blasé, tombe à sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a décidé de nettoyer la société des maux qui la rongent en commettant sept meurtres basés sur les sept péchés capitaux: la gourmandise, l'avarice, la paresse, l'orgueil, la luxure, l'envie et la colère.
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Long is the way, and Hard...

Nous sommes au beau milieu des années 90 et le jeune réalisateur David Fincher remonte la pente après le tournage houleux de son premier long-métrage au sein de la Fox : Alien 3. Après un bref retour dans l'univers musical, il retente sa chance dans le monde du cinéma en tournant Seven, qui restera comme un des thrillers les plus marquants de cette fin de XXème siècle et, par la même occasion, le propulsera instantanément sur le devant de la scène hollywoodienne.

 

Seven expose au grand jour (sous la pluie) ce qui était déjà décelable lors de la vision d'Alien 3 : le talent extraordinaire de David Fincher, réalisateur maniaque et pointilleux, à l'instar de James Cameron (ce n'est peut-être pas par hasard qu'il a été choisi pour lui succéder sur la saga Alien). Méthodique, méticuleux et patient, un peu à l'image du tueur en série qu'il met ici en scène. Seven est un sommet du thriller, sous-genre choc du cinéma policier, dont toutes les influences sont subtilement digérées, ré-harmonisées et passées dans le filtre d'un joyaux noir au pessimisme glaçant, écrit par un Andrew Kevin Walker en état de grâce. Le Silence des agneaux, autre pépite du genre sortie quatre ans plus tôt, semble être la Bible de Fincher et son équipe, le film de Jonathan Demme se penchant sur le parcours initiatique d'une jeune recrue du FBI (Jodie Foster, qui a droit à un clin d'œil dans Seven et passera devant la caméra de Fincher dans Panic Room quelques années plus tard) à la poursuite d'un meurtrier insaisissable. La thématique du serial killer extrême, le score entêtant de Howard Shore, la photographie quasi-monochrome... Les similarités pullulent jusque dans certains choix du script, notamment lors d'une fameuse séquence mettant en scène des forces de l'ordre persuadées d'avoir démasqué l'assassin, et agissant avec un tact pachydermique à l'américaine.

 

...that out of hell leads up to light

 

Seven ne sombre aucunement dans le copier / coller pour autant, le changement de ton d'un film à l'autre laissant à penser que 20 années se sont écoulées entre les deux long-métrages. Fincher aborde déjà son matériau sous un jour bien plus terre-à-terre, boudant l'enceinte élitiste du FBI pour mieux plonger, à hauteur d'hommes (ici des inspecteurs de police à l'existence toute banale) au cœur d'une ville battue par des pluies intarissables, et gangrénée par une violence urbaine dont l'écho se propage jusque dans la chambre à coucher de nos modestes héros. Une noirceur cristallisée par l'inspecteur Somerset, campé par un Morgan Freeman impérial,  policier en fin de carrière érudit mais désabusé, et surtout dépassé par une société qu'il ne comprend plus. A ses côtés, Brad Pitt hérite d'un rôle typique de chien fou, irrévérencieux, porté par son instincts et ses réflexions à l'emporte-pièce (format XL). C'est en compagnie de ce duo que (presque) tout oppose, cher au cinéma policier à l'américaine (comprenez, rayon Don Siegel et William Friedkin), que le spectateur est amené à pister l'insaisissable John Doe, mettant le doigt dans un engrenage de mises à mort pétrifiantes, culminant en une conclusion cinglante contrastant avec un lever de soleil à la beauté saisissante. Seven reste encore aujourd'hui une véritable expérience, éprouvante et traumatique. Qu'il ait marqué durablement l'univers filmique n'est que justice, sa paternité se retrouvant dans d'innombrables productions, télévisuelles avec Epitaphios produit par HBO Argentine, et cinématographique avec l'ersatz Résurrection et plus particulièrement Saw de James Wan, reprenant à son compte les codes de Fincher avec dix ans de retard. Pouvons-nous alors considérer Seven comme un grand-père de la vague des Torture-Porn qui inonde nos écrans depuis quelques années ? Probablement, mais rares sont ceux qui seront parvenus à retranscrire la violence graphique avec le même talent, la même suggestion et surtout, la même intelligence.

Jérémy Chateauraynaud








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Image :
C'est LE point fort technique de cette réédition en haute définition. La qualité d'image est exceptionnelle ! Le travail de restauration supervisé par David Fincher est monumental, l'équilibre entre les contrastes, les couleurs et la luminosité est tout simplement parfait et permet d'admirer et de décrypter les macabres mises en scène de John Doe, filmées par un Darius Khondji ultra-précis. Vous pourrez ainsi apprécier avec bonheur (ou horreur) les détails foisonnants du pêché de gourmandise et le remarquable corps de l'accusé de paresse. Aucune marque parasite sur le master, aucun défaut, pas un moment de flou, c'est juste incroyable pour un film de cet âge. La compression est quasi-invisible et propulse en toute logique ce disque au panthéon des produits de démonstration, au niveau des productions récentes.

 

Son : 

Deux pistes audio d'excellente facture sont disponibles sur le disque. Pour les francophones, une très correcte piste sonore 5.1 DTS-HD master audio permettra de profiter de la très belle scène sonore du long-métrage. Mais le meilleur reste sans conteste la démoniaque piste anglaise, en 7.1 DTS-HD master audio, qui va vous plonger dès l'incroyable générique d'ouverture (accompagné d'un morceau expérimental à souhait de Nine Inch Nails) au cœur de cette ville crasseuse. De nombreuses séquences combleront les plus exigeants des audiophiles, comme les très immersifs moments sous la pluie, particulièrement enveloppants, et surtout l'épique poursuite à pied entre David Mills et John Doe. Le score d'Howard Shore est quant à lui exemplaire. Très bien construite, cette composition angoissante et discrète accompagne le malaise croissant du long-métrage grâce à la grande subtilité de son écriture (accords répétitifs, crescendos stressants) et de son utilisation (le grand final lui doit beaucoup). Ses thèmes évoquent l'une des autres réussites de l'artiste, composée quelques années auparavant et voguant déjà dans le thriller noir : le score du Silence des Agneaux, bien sûr.

 

Interactivité :
En ce qui concerne les suppléments, on ressort de leur vision avec une semi-déception. En effet, on retrouve effectivement un alléchant listing, mais ils étaient déjà présents sur le DVD collector sorti en 2000. Même s'ils sont nombreux et intéressants, quelques nouvelles prestations (en HD de surcroît) auraient été les bienvenues. Sont donc présents 4 commentaires audio, chacun se focalisant sur un axe précis de la conception du film. Ils sont très étoffés et font intervenir de nombreux membres de l'équipe du film. On retrouve également quelques diaporamas animés (dont la lente décomposition du paresseux, une manière de contempler les maquillages prodigieux de Rob Bottin), des dessins de production, des scènes supplémentaires, deux fins alternatives (sans l'hélicoptère et une storyboardée commentée), une intéressante analyse de l'impressionnant générique initiant le film, et enfin quelques informations sur la remasterisation ... du DVD. On se consolera dans le contenu physique de cette édition collector limitée, contenant quelques goodies qui retiennent l'attention : un ensemble de 7 mini-comics développant les contextes de chacun des meurtres et éclairant certaines zones d'ombre du film, et une mise à jour du dossier de presse d'époque au contenu anecdotique, évidemment très commercial, exposant quelques informations sur les acteurs et sur certains points clés du film mais restant globalement très dispensable.

Liste des bonus : 7 comics illustrant les 7 péchés capitaux, 1 livret spécial autour du film, 4 commentaires audio, Dessins de production, Galeries de photos, Les carnets de John Doe, présentés par ses concepteurs, Scènes coupées, Fins alternatives, Analyse du générique du début : du story-board à la version finale, Les coulisses de la remasterisation du film : 3 scènes en multi-angles, Bandes-annonces  

 
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