EXPENDABLES - UNITé SPéCIALE
The Expendables - Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Expendables - Unité spéciale »
Genre : Action
Réalisateur : Sylvester Stallone
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 7.1 et Français en DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 105 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 18 décembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Expendables - Unité spéciale »
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LE PITCH
Eliminer un général sud-américain n'est pas le genre de job que Barney Ross accepte, mais lorsqu'il découvre les atrocités commises sur des enfants, il ne peut refuser. Avec son équipe d'experts, Ross débarque sur l'île paradisiaque où sévit le tyran. Lorsque l'embuscade se referme sur eux, il comprend que dans son équipe, il y a un traître...
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De l'or pour les braves

Maturé pendant plus d'une décennie d'errances l'ayant coupé progressivement de son public, Rocky Balboa représentait en 2005 un chant du cygne, Sly dressant avec une humble objectivité le bilan d'un parcours semé d'embuches, voltigeant des hauteurs aux abysses à l'instar de son illustre personnage de boxeur. Bouleversant, ce chef-d'œuvre à visage humain connaîtra contre toute attente un succès conséquent, initiant une toute nouvelle carrière pour l'indestructible Stallone.

 

Le succès de l'apocalyptique John Rambo, deux ans plus tard, entérinera la démarche d'une star revenue d'entre les morts, à la manière des héros mythologiques dont il se passionnait tant à l'adolescence. Car il n'y a pas, à Hollywood, plus campbellien que le parcours de Stallone, le cheminement de son œuvre épousant avec une cohérence presque dramaturgique ses boires et déboires en coulisse. Reste que, une fois John Rambo en boîte, Sly avait vraisemblablement ressorti tout ce que ses tripes avaient emmagasiné pendant ses années de vaches maigres. Il était temps, donc, pour un vrai projet original, que l'acteur / réalisateur présentera une nouvelle fois comme un adieu aux armes, invitant pour l'occasion la fine fleur du film de mâle (Jet Li, Jason Statham, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Mickey Rourke et un Dolph Lundgren transfiguré dans un rôle destiné à l'origine à Jean-Claude Van Damme). Sly ne s'imaginait pas une seconde que son approche old-school du cinéma d'action trouverait écho auprès du public : triomphe international (bien mérité, si vous voulez notre avis), Expendables relance définitivement la machine Stallone, lui ouvrant un monde de possibilités ludiques sans qu'il ait à se préoccuper, grâce à se pléthore de stars, de son placement iconique dans le moindre plan. A l'écran comme à la ville (une habitude, décidément), c'est ici le travail d'équipe qui compte.

 

At my signal, unleash hell

 

Pas de héros au singulier dans Expendables, mais un groupe soudé à la force des rictus gouailleurs et du muscle saillant. A l'heure où le blockbuster hollywoodien moyen laisse de côté les cascades Live au profit de trucages infographiques souvent voyants (résultat, des productions banales comme The A Team finissent par dépasser les 150 millions de dollars de budget), les performances physiques herculéennes d'Expendables font tache ; et feront, espérons-le, tache d'huile. Avec son budget relativement modeste par les temps qui courent, le film de Stallone se paie quelques morceaux de bravoure tels qu'on n'en avait pas vus, conceptuellement du moins, depuis les eighties. Conceptuellement seulement, car l'ampleur du grand final, déflagration quasi-continue de plus de vingt minutes, suffit à enterrer l'ensemble de la production d'action des années 80, avec un niveau de violence et une ambition dans la chorégraphie et l'enchaînement des péripéties directement hérité des caprices de Hong-Kong. Ciselé à la perfection et restituant la sueur et le sang déversés sur le plateau (le making of ne ment pas), le montage en parallèle d'une demi-douzaine de mano-a-mano en plein milieu du climax justifie d'ailleurs amplement l'entrée du long-métrage au panthéon des incontournables du genre.

 

Tous pour un

 

Cette intensité, on aurait aimé la retrouver dans l'ensemble de l'aventure, parfois ralentie par des enjeux dramatiques moins directs qu'à l'accoutumée (Sly serait-il devenu trop sophistiqué pour l'action pure ?) et une multiplication de points de vue faisant l'essence même du projet. En cela, Expendables n'est pas à proprement parler le retour tant vanté aux bonnes vieilles eighties, la mégalomanie des stars s'effaçant nécessairement à la logique du groupe, en même temps que la mise en scène s'essaie à certains codes de l'action contemporaine (montage - trop - cut lors du combat entre Li et Lundgren, intrigue paranoïaque et trahisons multiples, climax centraux, etc.). Généreux et honnête dans son traitement (les coups font mal, et les tours de bicepts servent pour une fois à quelque chose), Expendables est une bande à la fois imparfaite et passionnante, tantôt fauchée tantôt dévastatrice, tantôt frustrante, le plus souvent incroyablement jouissive. Aux dernières nouvelles, Sly serait déjà à pied d'œuvre sur l'écriture d'une suite, Bruce Willis ayant déjà accepté de camper le méchant. C'est vous dire si l'on est partant !

Alexandre Poncet

 

 

 

 

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Image :

Superbe, la copie HD proposée par Metropolitan respecte le grain et la rugosité de la photographie de Jeffrey Kimball, tout en renforçant des couleurs parfois pâlichones en salle. Le niveau de détail est bien sûr optimal et la compression irréprochable, même lors du climax entièrement nocturne. Les explosions, déflagrations, balles traçantes, véhicules écrabouillés et autres cascades cinglées se paient donc un traitement de premier choix.

 

Son :

Dommage que la musique de Brian Tyler soit, une fois n'est pas coutume, si mauvaise, puisque le DTS-HD Master Audio 7.1 (qui a chez lui une installation 7.1, au juste ?) la place souvent en avant, par exemple lors de la course poursuite dans les rues de l'île au milieu du film. Heureusement, la spatialisation des dialogues et des bruitages est réellement jouissive, et certains effets sonores, comme les tirs de balles explosives de Terry Crews, risquent de vous mettre à dos une grande partie de votre voisinage. Impressionnant. La version française, tout à fait correcte, se paie quant à elle un DTS-HD Master Audio 5.1, légèrement plus frontale, mais tout aussi cataclysmique.

 

Interactivité :

Le Blu-ray du Director's Cut de John Rambo contenait déjà un incroyable journal de tournage commenté par un Stallone prompt à l'auto-analyse. Long de près d'une heure trente, le documentaire central d'Expendables, intitulé Inferno, lui emboîte le pas : constitué à 95% de moments volés sur le plateau, et décrivant parfois frontalement des séances de travail entre la star et ses acteurs, ce making of retranscrit l'intensité d'une production moins nantie que ses concurrentes directes, et donc bien décidée à mettre les bouchées doubles en termes de spectacle Live pour mettre tout le monde à l'amende. Les cascades et la mise en place très structurée des scènes d'action occupent une grande part du temps de projection, les blessures plus ou moins graves de Sly intervenant comme un gimmick presque comique (ce type est fou !). Quelques interviews aident à mettre en exergue les enjeux stylistiques du film, mais ce sont surtout les commentaires de Stallone qui passionnent, l'icône revenant sur ses années triomphales, regrettant certains choix hasardeux, se souvenant de ses débuts difficiles à l'heure de la cantine (très belles anecdotes à prévoir), interprète le rapport que ses fans (qui en sont à la troisième génération, fait rarissime) entretiennent avec lui... Un vrai livre ouvert, que vient compléter un commentaire audio dénué lui aussi de toute langue de bois, une option de making of Picture-In-Picture mettant davantage les autres acteurs en avant, un documentaire sur une post-production à rebondissements, une scène coupée anecdotique, un bêtisier et même deux bonus exclusivement Frenchies : un reportage sur la tournée promo parisienne, et une interview des doubleurs. Seul regret : l'absence d'un Director's Cut pourtant annoncé il y a quelques mois par Sly en personne. Vu l'exhaustivité de l'interactivité ici présente, on se demande bien de quoi un futur Blu-ray aurait l'air...

 

Liste des Bonus : Commentaire audio, Picture-in-Picture, Documentaires "Inferno" (95"), et Ashes to Ashes, Scène coupée, Bêtisier, Première française, ITW des doubleurs, Bandes-Annonces.

 
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